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Tu connais la forme algébrique \(z = a + ib\) d’un nombre complexe. Elle est pratique pour additionner ou soustraire, mais dès qu’il faut multiplier, diviser ou élever à une puissance, les calculs deviennent vite pénibles. Les formes trigonométrique et exponentielle changent la donne : elles transforment ces opérations en simples manipulations d’angles et de modules. Voici comment les maîtriser, pas à pas. Conforme au programme de Terminale Maths Expertes — 2025-2026.
Les trois écritures d’un nombre complexe \(z \neq 0\)
- Forme algébrique : \(z = a + ib\) avec \(a, b \in \mathbb{R}\)
- Forme trigonométrique : \(z = r(\cos \theta + i \sin \theta)\)
- Forme exponentielle : \(z = re^{i\theta}\)
où \(r = |z|\) est le module et \(\theta = \arg(z)\) est un argument de \(z\).
I. Rappels : module, argument et plan complexe
Avant d’aborder les formes trigonométrique et exponentielle, tu dois maîtriser trois notions clés : la forme algébrique, le module et l’argument.
Tout nombre complexe \(z\) s’écrit sous forme algébrique :
\(z = a + ib\)
où \(a = \mathrm{Re}(z)\) est la partie réelle et \(b = \mathrm{Im}(z)\) est la partie imaginaire. Dans le plan complexe, \(z\) est représenté par le point \(M\) de coordonnées \((a ; b)\).
Le module de \(z\) est la distance de l’origine \(O\) au point \(M\) :
\(|z| = \sqrt{a^2 + b^2}\)
L’argument de \(z \neq 0\) est l’angle \(\theta\) (en radians) entre l’axe des réels positifs et le segment \([OM]\), mesuré dans le sens trigonométrique :
\(\cos \theta = \displaystyle\frac{a}{|z|} \quad \text{et} \quad \sin \theta = \displaystyle\frac{b}{|z|}\)
L’argument est défini à \(2\pi\) près. On note \(\arg(z)\) la classe d’angles, et l’argument principal est la valeur dans \(]-\pi \, ; \, \pi]\).
Prérequis à vérifier : pour la suite, tu dois savoir calculer un module et un argument. Si ces notions ne sont pas claires, travaille d’abord les pages module et argument avant de continuer.
II. La forme trigonométrique d’un nombre complexe
La forme trigonométrique exploite directement le couple (module, argument) pour écrire un nombre complexe. Elle est le point de passage vers la forme exponentielle.
A. Définition de la forme trigonométrique
Définition — Forme trigonométrique
Soit \(z\) un nombre complexe non nul. On appelle forme trigonométrique de \(z\) l’écriture :
\(z = r\bigl(\cos \theta + i \sin \theta\bigr)\)
où \(r = |z|\) > \(0\) est le module de \(z\) et \(\theta = \arg(z)\) est un argument de \(z\).
Pourquoi cette écriture fonctionne-t-elle ? Dans le plan complexe, le point \(M\) d’affixe \(z\) a pour coordonnées \((a ; b)\) avec \(a = r\cos\theta\) et \(b = r\sin\theta\). On retrouve donc :
\(z = a + ib = r\cos\theta + i \cdot r\sin\theta = r(\cos\theta + i\sin\theta)\)
Cette écriture repose sur la lecture d’un point en coordonnées polaires \((r ; \theta)\) sur le cercle trigonométrique.
B. Passer de la forme algébrique à la forme trigonométrique
Pour écrire \(z = a + ib\) sous forme trigonométrique, suis ces trois étapes :
- Calcule le module : \(r = |z| = \sqrt{a^2 + b^2}\).
- Détermine l’argument : résous le système \(\cos\theta = \displaystyle\frac{a}{r}\) et \(\sin\theta = \displaystyle\frac{b}{r}\). Identifie \(\theta\) grâce aux valeurs remarquables de cosinus et sinus.
- Écris le résultat : \(z = r(\cos\theta + i\sin\theta)\).
Attention au quadrant ! Connaître uniquement \(\cos\theta\) ne suffit pas : deux angles peuvent avoir le même cosinus. Vérifie toujours le signe de \(\sin\theta\) (et réciproquement) pour placer \(\theta\) dans le bon quadrant.
C. Exemples résolus
Exemple 1 : Écrire \(z_1 = 1 + i\) sous forme trigonométrique.
Étape 1 : \(r = \sqrt{1^2 + 1^2} = \sqrt{2}\).
Étape 2 : \(\cos\theta = \displaystyle\frac{1}{\sqrt{2}}\) et \(\sin\theta = \displaystyle\frac{1}{\sqrt{2}}\). Les deux sont positifs, donc \(\theta\) est dans le premier quadrant : \(\theta = \displaystyle\frac{\pi}{4}\).
Résultat : \(z_1 = \sqrt{2}\left(\cos\displaystyle\frac{\pi}{4} + i\sin\displaystyle\frac{\pi}{4}\right)\).
Exemple 2 : Écrire \(z_2 = -\sqrt{3} + i\) sous forme trigonométrique.
Étape 1 : \(r = \sqrt{(\sqrt{3})^2 + 1^2} = \sqrt{3 + 1} = 2\).
Étape 2 : \(\cos\theta = \displaystyle\frac{-\sqrt{3}}{2}\) et \(\sin\theta = \displaystyle\frac{1}{2}\). Cosinus négatif, sinus positif : on est dans le deuxième quadrant. L’angle qui vérifie ces deux conditions est \(\theta = \displaystyle\frac{5\pi}{6}\).
Résultat : \(z_2 = 2\left(\cos\displaystyle\frac{5\pi}{6} + i\sin\displaystyle\frac{5\pi}{6}\right)\).
Fiche de synthèse — Formes trigo et exponentielle
Toutes les formules, les conversions et les valeurs remarquables en une page recto-verso à glisser dans ton classeur.
📄 Télécharger la fiche PDFIdéal pour réviser la veille du DS ou du bac.
III. La forme exponentielle et la formule d’Euler
La forme exponentielle est une écriture encore plus compacte que la forme trigonométrique. Elle repose sur une formule fondamentale : la formule d’Euler.
A. La formule d’Euler
Formule d’Euler
Pour tout réel \(\theta\) :
\(e^{i\theta} = \cos\theta + i\sin\theta\)
Cette formule établit un pont entre l’exponentielle complexe et la trigonométrie. Elle a des conséquences remarquables :
- \(e^{i \cdot 0} = \cos 0 + i\sin 0 = 1\)
- \(e^{i\pi} = \cos\pi + i\sin\pi = -1\) (c’est la célèbre identité d’Euler : \(e^{i\pi} + 1 = 0\))
- \(e^{i\pi/2} = \cos\displaystyle\frac{\pi}{2} + i\sin\displaystyle\frac{\pi}{2} = i\)
Pour la démonstration complète et les applications avancées (linéarisation, angle moitié, formule de Moivre), consulte la page dédiée à la formule d’Euler.
B. Définition de la forme exponentielle
Définition — Forme exponentielle
Soit \(z \in \mathbb{C}\), \(z \neq 0\). La forme exponentielle de \(z\) est :
\(z = r\,e^{i\theta}\)
où \(r = |z|\) > \(0\) et \(\theta = \arg(z)\).
En remplaçant \(e^{i\theta}\) par \(\cos\theta + i\sin\theta\), on retrouve exactement la forme trigonométrique. Les deux écritures contiennent la même information (module + argument), seule la notation change.
Pourquoi préférer la forme exponentielle ? Parce que les règles de calcul sur les exponentielles (\(e^a \cdot e^b = e^{a+b}\), \((e^a)^n = e^{na}\)) rendent les opérations bien plus simples qu’avec cos et sin. Tu le verras concrètement dans la section IV.
C. Valeurs remarquables sur le cercle unité
Sur le cercle unité (\(r = 1\)), chaque angle remarquable donne une valeur de \(e^{i\theta}\) à connaître par cœur :
| \(\theta\) | \(e^{i\theta}\) en forme algébrique | Point du plan |
|---|---|---|
| \(0\) | \(1\) | \((1 \, ; \, 0)\) |
| \(\displaystyle\frac{\pi}{6}\) | \(\displaystyle\frac{\sqrt{3}}{2} + \displaystyle\frac{1}{2}\,i\) | \(\left(\displaystyle\frac{\sqrt{3}}{2} \, ; \, \displaystyle\frac{1}{2}\right)\) |
| \(\displaystyle\frac{\pi}{4}\) | \(\displaystyle\frac{\sqrt{2}}{2} + \displaystyle\frac{\sqrt{2}}{2}\,i\) | \(\left(\displaystyle\frac{\sqrt{2}}{2} \, ; \, \displaystyle\frac{\sqrt{2}}{2}\right)\) |
| \(\displaystyle\frac{\pi}{3}\) | \(\displaystyle\frac{1}{2} + \displaystyle\frac{\sqrt{3}}{2}\,i\) | \(\left(\displaystyle\frac{1}{2} \, ; \, \displaystyle\frac{\sqrt{3}}{2}\right)\) |
| \(\displaystyle\frac{\pi}{2}\) | \(i\) | \((0 \, ; \, 1)\) |
| \(\pi\) | \(-1\) | \((-1 \, ; \, 0)\) |
| \(-\displaystyle\frac{\pi}{2}\) | \(-i\) | \((0 \, ; \, -1)\) |
D. 🟡 Pour aller en prépa — Pourquoi la notation \(e^{i\theta}\) ?
En Terminale, la formule d’Euler est admise. En prépa (MPSI/PCSI), tu découvriras que cette notation se justifie rigoureusement par les séries entières.
🟡 Prépa — L’idée derrière la formule
On sait que pour tout réel \(x\) :
\(e^{x} = \sum_{n=0}^{+\infty} \displaystyle\frac{x^{n}}{n!}\)
En substituant formellement \(x = i\theta\) et en séparant termes réels et imaginaires, on retrouve :
\(e^{i\theta} = \underbrace{\sum_{k=0}^{+\infty} \displaystyle\frac{(-1)^k \theta^{2k}}{(2k)!}}_{\cos\theta} \;+\; i\underbrace{\sum_{k=0}^{+\infty} \displaystyle\frac{(-1)^k \theta^{2k+1}}{(2k+1)!}}_{\sin\theta}\)
La notation \(e^{i\theta}\) n’est donc pas un abus : c’est la valeur de la série exponentielle évaluée en \(i\theta\). Tu approfondiras cela dans le cours sur la formule d’Euler.
IV. Opérations avec les formes trigo et exponentielle
C’est ici que la forme exponentielle révèle toute sa puissance : les opérations qui nécessitaient de longs développements en forme algébrique deviennent presque immédiates.
A. Produit de deux nombres complexes
Propriété — Produit en forme exponentielle
Si \(z_1 = r_1 e^{i\theta_1}\) et \(z_2 = r_2 e^{i\theta_2}\), alors :
\(z_1 \cdot z_2 = r_1 r_2 \, e^{i(\theta_1 + \theta_2)}\)
Autrement dit :
- \(|z_1 z_2| = |z_1| \cdot |z_2|\) (on multiplie les modules)
- \(\arg(z_1 z_2) = \arg(z_1) + \arg(z_2) \; [2\pi]\) (on additionne les arguments)
Preuve : c’est la règle usuelle des exponentielles : \(e^{i\theta_1} \cdot e^{i\theta_2} = e^{i(\theta_1 + \theta_2)}\).
Interprétation géométrique : multiplier par un nombre complexe \(z_2 = r_2 e^{i\theta_2}\) revient à effectuer :
- une rotation d’angle \(\theta_2\) autour de l’origine ;
- une homothétie de rapport \(r_2\) centrée en l’origine.
C’est l’une des idées les plus puissantes du chapitre : multiplier, c’est tourner et dilater.
B. Quotient de deux nombres complexes
Propriété — Quotient en forme exponentielle
Pour \(z_2 \neq 0\) :
\(\displaystyle\frac{z_1}{z_2} = \displaystyle\frac{r_1}{r_2} \, e^{i(\theta_1 – \theta_2)}\)
On divise les modules et on soustrait les arguments.
Exemple : Calculer \(\displaystyle\frac{z_1}{z_2}\) avec \(z_1 = 6e^{i\pi/3}\) et \(z_2 = 2e^{i\pi/6}\).
\(\displaystyle\frac{z_1}{z_2} = \displaystyle\frac{6}{2} \, e^{i(\pi/3 – \pi/6)} = 3\,e^{i\pi/6}\).
C. Puissance n-ième et formule de Moivre
La forme exponentielle rend le calcul de puissances immédiat grâce à la règle \((e^{i\theta})^n = e^{in\theta}\).
Propriété — Puissance n-ième
Pour tout entier relatif \(n \in \mathbb{Z}\) :
\(z^n = r^n \, e^{in\theta}\)
En particulier, pour \(r = 1\) (point du cercle unité), on obtient la formule de Moivre :
\((\cos\theta + i\sin\theta)^n = \cos(n\theta) + i\sin(n\theta)\)
Exemple : Calculer \((1 + i)^8\).
On écrit \(1 + i\) sous forme exponentielle : \(1 + i = \sqrt{2}\,e^{i\pi/4}\).
Alors : \((1+i)^8 = (\sqrt{2})^8 \cdot e^{i \cdot 8\pi/4} = 2^4 \cdot e^{i \cdot 2\pi} = 16 \cdot 1 = 16\).
Vérification : en développant pas à pas \((1+i)^2 = 2i\), puis \((2i)^2 = -4\), puis \((-4)^2 = 16\). ✓
La formule de Moivre est le point de départ de nombreuses applications en prépa : linéarisation, calcul de \(\cos(n\theta)\), racines n-ièmes de l’unité.
D. Conjugué en forme exponentielle
Le conjugué de \(z = re^{i\theta}\) s’obtient en changeant le signe de l’argument :
\(\overline{z} = r\,e^{-i\theta}\)
Géométriquement, cela correspond à la symétrie par rapport à l’axe réel. Le module est conservé, seul l’argument change de signe.
Conséquence utile : \(z \cdot \overline{z} = r\,e^{i\theta} \cdot r\,e^{-i\theta} = r^2 \cdot e^{i \cdot 0} = r^2 = |z|^2\).
V. Méthode pas à pas : convertir entre les trois formes
Savoir passer d’une forme à l’autre est la compétence la plus demandée sur ce chapitre, que ce soit en DS ou au bac. Voici un algorithme clair pour chaque sens de conversion.
A. De la forme algébrique à la forme trigo / exponentielle
On part de \(z = a + ib\) et on veut écrire \(z = r(\cos\theta + i\sin\theta) = re^{i\theta}\).
- Calcule \(r\) : \(r = |z| = \sqrt{a^2 + b^2}\).
- Calcule \(\cos\theta\) et \(\sin\theta\) : \(\cos\theta = \displaystyle\frac{a}{r}\) et \(\sin\theta = \displaystyle\frac{b}{r}\).
- Identifie \(\theta\) : utilise les deux valeurs simultanément (cos ET sin) pour lever l’ambiguïté sur le quadrant.
- Écris le résultat : forme trigo \(r(\cos\theta + i\sin\theta)\) ou forme expo \(re^{i\theta}\).
Exemple : Écrire \(z = -1 + i\) sous forme exponentielle.
1. \(r = \sqrt{(-1)^2 + 1^2} = \sqrt{2}\).
2. \(\cos\theta = \displaystyle\frac{-1}{\sqrt{2}}\) et \(\sin\theta = \displaystyle\frac{1}{\sqrt{2}}\).
3. Cosinus négatif et sinus positif → deuxième quadrant → \(\theta = \displaystyle\frac{3\pi}{4}\).
4. \(z = \sqrt{2}\,e^{i \cdot 3\pi/4}\).
B. De la forme trigo / exponentielle à la forme algébrique
On part de \(z = re^{i\theta}\) et on veut retrouver \(z = a + ib\).
- Calcule \(a\) : \(a = r\cos\theta\).
- Calcule \(b\) : \(b = r\sin\theta\).
- Écris le résultat : \(z = a + ib\).
Exemple : Écrire \(z = 4e^{i \cdot 5\pi/6}\) sous forme algébrique.
\(a = 4\cos\displaystyle\frac{5\pi}{6} = 4 \times \left(-\displaystyle\frac{\sqrt{3}}{2}\right) = -2\sqrt{3}\).
\(b = 4\sin\displaystyle\frac{5\pi}{6} = 4 \times \displaystyle\frac{1}{2} = 2\).
Donc \(z = -2\sqrt{3} + 2i\).
C. Tableau récapitulatif des conversions
| Conversion | Méthode | Formules clés |
|---|---|---|
| Algébrique → Trigo | Calculer \(r\) et \(\theta\) | \(r = \sqrt{a^2+b^2}\), \(\cos\theta = \displaystyle\frac{a}{r}\), \(\sin\theta = \displaystyle\frac{b}{r}\) |
| Algébrique → Expo | Même méthode | \(z = re^{i\theta}\) |
| Trigo → Expo | Remplacement direct | \(\cos\theta + i\sin\theta = e^{i\theta}\) |
| Expo → Trigo | Remplacement direct | \(e^{i\theta} = \cos\theta + i\sin\theta\) |
| Trigo / Expo → Algébrique | Développer | \(a = r\cos\theta\), \(b = r\sin\theta\) |
Astuce : le passage trigo ↔ expo est instantané (c’est juste un changement de notation). Le vrai travail, c’est le passage algébrique ↔ trigo, qui nécessite de calculer module et argument.
VI. Exercices corrigés
Voici 6 exercices classés par difficulté croissante. Essaie de résoudre chaque exercice avant de regarder la correction.
Exercice 1 ★ — Écrire \(z = 1 + i\sqrt{3}\) sous forme trigonométrique puis exponentielle.
Voir la correction
Module : \(r = \sqrt{1^2 + (\sqrt{3})^2} = \sqrt{1 + 3} = \sqrt{4} = 2\).
Argument : \(\cos\theta = \displaystyle\frac{1}{2}\) et \(\sin\theta = \displaystyle\frac{\sqrt{3}}{2}\). Premier quadrant, donc \(\theta = \displaystyle\frac{\pi}{3}\).
Forme trigo : \(z = 2\left(\cos\displaystyle\frac{\pi}{3} + i\sin\displaystyle\frac{\pi}{3}\right)\).
Forme expo : \(z = 2\,e^{i\pi/3}\).
Exercice 2 ★ — Écrire \(z = 2e^{i\pi/6}\) sous forme algébrique.
Voir la correction
\(z = 2\left(\cos\displaystyle\frac{\pi}{6} + i\sin\displaystyle\frac{\pi}{6}\right) = 2\left(\displaystyle\frac{\sqrt{3}}{2} + i \cdot \displaystyle\frac{1}{2}\right) = \sqrt{3} + i\).
Exercice 3 ★★ — On pose \(z_1 = 2e^{i\pi/4}\) et \(z_2 = 3e^{i\pi/3}\). Calculer \(z_1 z_2\) et \(\displaystyle\frac{z_1}{z_2}\) sous forme exponentielle.
Voir la correction
Produit : \(z_1 z_2 = 2 \times 3 \cdot e^{i(\pi/4 + \pi/3)} = 6\,e^{i \cdot 7\pi/12}\).
(On a utilisé \(\displaystyle\frac{\pi}{4} + \displaystyle\frac{\pi}{3} = \displaystyle\frac{3\pi}{12} + \displaystyle\frac{4\pi}{12} = \displaystyle\frac{7\pi}{12}\).)
Quotient : \(\displaystyle\frac{z_1}{z_2} = \displaystyle\frac{2}{3} \, e^{i(\pi/4 – \pi/3)} = \displaystyle\frac{2}{3}\,e^{-i\pi/12}\).
(On a utilisé \(\displaystyle\frac{\pi}{4} – \displaystyle\frac{\pi}{3} = \displaystyle\frac{3\pi – 4\pi}{12} = -\displaystyle\frac{\pi}{12}\).)
Exercice 4 ★★ — Déterminer le module, l’argument et la forme algébrique de \(z = (1 + i)^6\).
Voir la correction
Forme expo de \(1 + i\) : \(|1+i| = \sqrt{2}\) et \(\arg(1+i) = \displaystyle\frac{\pi}{4}\), donc \(1 + i = \sqrt{2}\,e^{i\pi/4}\).
Puissance : \((1+i)^6 = (\sqrt{2})^6 \cdot e^{i \cdot 6\pi/4} = 2^3 \cdot e^{i \cdot 3\pi/2} = 8\,e^{-i\pi/2}\).
(On a ramené \(\displaystyle\frac{3\pi}{2}\) à l’argument principal \(-\displaystyle\frac{\pi}{2}\), car \(\displaystyle\frac{3\pi}{2} – 2\pi = -\displaystyle\frac{\pi}{2}\).)
Résultat : \(|z| = 8\), \(\arg(z) = -\displaystyle\frac{\pi}{2}\).
Forme algébrique : \(z = 8\left(\cos\left(-\displaystyle\frac{\pi}{2}\right) + i\sin\left(-\displaystyle\frac{\pi}{2}\right)\right) = 8(0 + i \cdot (-1)) = -8i\).
Exercice 5 ★★★ — On pose \(z = \displaystyle\frac{1 + i\sqrt{3}}{1 – i}\).
- Écrire \(z\) sous forme exponentielle.
- En déduire \(z^{12}\).
Voir la correction
a) Forme exponentielle du numérateur et du dénominateur :
- \(1 + i\sqrt{3}\) : module \(\sqrt{1+3} = 2\), argument \(\displaystyle\frac{\pi}{3}\) (car \(\cos\theta = \displaystyle\frac{1}{2}\), \(\sin\theta = \displaystyle\frac{\sqrt{3}}{2}\)).
Donc \(1 + i\sqrt{3} = 2\,e^{i\pi/3}\). - \(1 – i\) : module \(\sqrt{2}\), argument \(-\displaystyle\frac{\pi}{4}\) (car \(\cos\theta = \displaystyle\frac{1}{\sqrt{2}}\), \(\sin\theta = -\displaystyle\frac{1}{\sqrt{2}}\)).
Donc \(1 – i = \sqrt{2}\,e^{-i\pi/4}\).
Quotient :
\(z = \displaystyle\frac{2\,e^{i\pi/3}}{\sqrt{2}\,e^{-i\pi/4}} = \displaystyle\frac{2}{\sqrt{2}} \, e^{i(\pi/3 – (-\pi/4))} = \sqrt{2}\,e^{i \cdot 7\pi/12}\)(car \(\displaystyle\frac{\pi}{3} + \displaystyle\frac{\pi}{4} = \displaystyle\frac{4\pi + 3\pi}{12} = \displaystyle\frac{7\pi}{12}\)).
b) Calcul de \(z^{12}\) :
\(z^{12} = (\sqrt{2})^{12} \cdot e^{i \cdot 12 \times 7\pi/12} = 2^6 \cdot e^{i \cdot 7\pi} = 64 \cdot e^{i\pi} = -64\).
(On a simplifié : \(7\pi = 3 \times 2\pi + \pi\), donc \(e^{i \cdot 7\pi} = e^{i\pi} = -1\).)
Exercice 6 ★★★ 🟡 Prépa — Linéariser \(\cos^2(\theta)\) à l’aide de la forme exponentielle.
Voir la correction
On utilise la formule d’Euler pour exprimer le cosinus :
\(\cos\theta = \displaystyle\frac{e^{i\theta} + e^{-i\theta}}{2}\)
On élève au carré :
\(\cos^2\theta = \left(\displaystyle\frac{e^{i\theta} + e^{-i\theta}}{2}\right)^2 = \displaystyle\frac{e^{2i\theta} + 2 \cdot e^{i\theta} \cdot e^{-i\theta} + e^{-2i\theta}}{4}\)
Or \(e^{i\theta} \cdot e^{-i\theta} = e^{0} = 1\), et \(e^{2i\theta} + e^{-2i\theta} = 2\cos(2\theta)\). D’où :
\(\cos^2\theta = \displaystyle\frac{2\cos(2\theta) + 2}{4} = \displaystyle\frac{1 + \cos(2\theta)}{2}\)
C’est la formule de linéarisation de \(\cos^2\theta\). Ce type de calcul est fondamental en prépa pour le calcul d’intégrales de fonctions trigonométriques.
Pour t’entraîner davantage, retrouve plus de 20 exercices progressifs sur la page exercices corrigés sur les nombres complexes.
VII. Erreurs fréquentes et pièges classiques
Voici les erreurs que je vois le plus souvent chez mes élèves sur ce chapitre. Repère-les pour ne pas les commettre.
Piège 1 — Écrire \(r\) négatif
❌ Copie fautive : « \(z = -3 = -3\,e^{i \cdot 0}\) »
Diagnostic : le module \(r = |z|\) est toujours positif. On ne peut pas écrire \(re^{i\theta}\) avec \(r\) < \(0\).
✅ Correction : \(-3 = 3\,e^{i\pi}\) (module 3, argument \(\pi\)).
Piège 2 — Identifier \(\theta\) avec cos seul
❌ Copie fautive : « \(\cos\theta = -\displaystyle\frac{1}{2}\) donc \(\theta = \displaystyle\frac{2\pi}{3}\) »
Diagnostic : \(\cos\theta = -\displaystyle\frac{1}{2}\) donne deux valeurs possibles : \(\theta = \displaystyle\frac{2\pi}{3}\) ou \(\theta = -\displaystyle\frac{2\pi}{3}\). Il faut vérifier le signe de \(\sin\theta\) pour trancher.
✅ Correction : calculer \(\sin\theta\) puis utiliser les signes de cos et sin ensemble.
Piège 3 — Multiplier les formes trigo terme à terme
❌ Copie fautive : « \(z_1 z_2 = r_1 r_2 (\cos\theta_1 \cos\theta_2 + i\sin\theta_1 \sin\theta_2)\) »
Diagnostic : on ne multiplie pas les cos entre eux et les sin entre eux ! Le produit fait intervenir les formules d’addition de la trigonométrie.
✅ Correction : \(z_1 z_2 = r_1 r_2 [\cos(\theta_1 + \theta_2) + i\sin(\theta_1 + \theta_2)]\). Ou mieux : utilise la forme exponentielle où c’est immédiat.
Piège 4 — Oublier de ramener \(\theta\) dans \(]-\pi \, ; \, \pi]\)
❌ Copie fautive : « \(\arg(z) = \displaystyle\frac{7\pi}{4}\) »
Diagnostic : \(\displaystyle\frac{7\pi}{4}\) n’est pas dans \(]-\pi \, ; \, \pi]\). Il faut retrancher \(2\pi\).
✅ Correction : \(\displaystyle\frac{7\pi}{4} – 2\pi = -\displaystyle\frac{\pi}{4}\). L’argument principal est \(-\displaystyle\frac{\pi}{4}\).
VIII. Questions fréquentes
Quelle est la forme exponentielle d'un nombre complexe ?
La forme exponentielle d’un nombre complexe \(z \neq 0\) est l’écriture \(z = re^{i\theta}\), où \(r = |z|\) est le module (toujours positif) et \(\theta = \arg(z)\) est un argument. Elle repose sur la formule d’Euler : \(e^{i\theta} = \cos\theta + i\sin\theta\).
Comment écrire z sous forme exponentielle ?
À partir de la forme algébrique \(z = a + ib\) : 1) calcule le module \(r = \sqrt{a^2 + b^2}\) ; 2) détermine l’argument \(\theta\) en résolvant \(\cos\theta = \displaystyle\frac{a}{r}\) et \(\sin\theta = \displaystyle\frac{b}{r}\) ; 3) écris \(z = re^{i\theta}\). Utilise toujours les deux conditions (cos et sin) pour identifier le bon quadrant.
Quelles sont les 3 formes d'un nombre complexe ?
Les trois formes d’un nombre complexe \(z \neq 0\) sont : la forme algébrique \(z = a + ib\), la forme trigonométrique \(z = r(\cos\theta + i\sin\theta)\), et la forme exponentielle \(z = re^{i\theta}\). Ces trois écritures décrivent le même nombre ; seule la notation change.
Quelle est la différence entre forme trigonométrique et forme exponentielle ?
Les deux formes contiennent exactement la même information (module \(r\) et argument \(\theta\)). La forme trigonométrique \(r(\cos\theta + i\sin\theta)\) est plus explicite, tandis que la forme exponentielle \(re^{i\theta}\) est plus compacte et facilite les calculs de produit, quotient et puissance grâce aux règles des exponentielles.
La forme exponentielle existe-t-elle pour z = 0 ?
Non. Pour \(z = 0\), le module vaut \(0\) et l’argument n’est pas défini (aucune direction n’est associée au vecteur nul). On ne peut donc pas écrire \(0 = 0 \cdot e^{i\theta}\) car \(\theta\) n’existe pas. Les formes trigonométrique et exponentielle ne concernent que les complexes non nuls.
Quand utiliser la forme exponentielle plutôt que la forme algébrique ?
Utilise la forme exponentielle pour les multiplications, divisions et puissances : les modules se multiplient/divisent et les arguments s’additionnent/se soustraient. Garde la forme algébrique pour les additions et soustractions, où il faut simplement additionner les parties réelles et imaginaires séparément.
Pour aller plus loin
Tu maîtrises maintenant les formes trigonométrique et exponentielle. Pour approfondir et t’exercer sur le chapitre des nombres complexes :
- 📖 Nombres complexes : le cours complet — vision d’ensemble du chapitre
- 🔢 Module d’un nombre complexe : définition et calcul — pour consolider les prérequis
- 📐 Argument d’un nombre complexe : calcul et propriétés
- ⚡ Formule d’Euler : démonstration et applications — linéarisation, angle moitié, Moivre
- 🔄 Conjugué d’un nombre complexe
- 🌀 Racines n-ièmes de l’unité — prolongement naturel en prépa
- 📍 Affixe d’un point et d’un vecteur — applications géométriques
- ✏️ Exercices corrigés sur les nombres complexes — 20+ exercices classés par difficulté