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Tu maîtrises la forme exponentielle et la formule d’Euler. Les racines n-ièmes de l’unité — solutions de \(z^n = 1\) dans \(\mathbb{C}\) — en sont une application majeure. Factorisation de polynômes, identités trigonométriques, structure de groupe : elles sont omniprésentes en CPGE. Ce cours développe leur théorie complète avec démonstrations et propose 8 exercices type concours corrigés.

I. Définition des racines n-ièmes de l’unité

A. Définition formelle

Soit \(n \in \mathbb{N}^*\). On s’intéresse aux solutions de l’équation \(z^n = 1\) dans \(\mathbb{C}\).

Définition — Racine n-ième de l’unité

Un nombre complexe \(z\) est une racine n-ième de l’unité s’il vérifie \(z^n = 1\).

L’ensemble des racines n-ièmes de l’unité est noté :

\(\mathbb{U}_n = \{z \in \mathbb{C} \mid z^n = 1\}\)

Déterminons explicitement les éléments de \(\mathbb{U}_n\). Écrivons \(z\) sous forme exponentielle : \(z = \rho\, e^{i\theta}\) avec \(\rho\) > \(0\). Alors :

\(z^n = \rho^n\, e^{in\theta} = 1 = e^{i \cdot 0}\)

Par identification du module d’un nombre complexe et de l’argument d’un nombre complexe :

  • \(\rho^n = 1\), donc \(\rho = 1\) (car \(\rho\) > \(0\)).
  • \(n\theta = 2k\pi\) avec \(k \in \mathbb{Z}\), d’où \(\theta = \displaystyle\frac{2k\pi}{n}\).

Les valeurs distinctes de \(e^{2ik\pi/n}\) sont obtenues pour \(k \in \{0, 1, \ldots, n-1\}\), car la fonction \(k \mapsto e^{2ik\pi/n}\) est \(n\)-périodique.

Théorème ⋆ — Caractérisation des racines n-ièmes de l’unité

L’équation \(z^n = 1\) admet exactement \(n\) solutions dans \(\mathbb{C}\) :

\(\omega_k = e^{2ik\pi/n}, \quad k \in \{0, 1, \ldots, n-1\}\)

B. Racine primitive — notation ω

On pose \(\omega = e^{2i\pi/n}\). C’est la racine n-ième de l’unité d’argument d’un nombre complexe minimal strictement positif. On a alors :

\(\mathbb{U}_n = \{1, \omega, \omega^2, \ldots, \omega^{n-1}\} = \{\omega^k \mid 0 \leq k \leq n-1\}\)

Convention importante

La notation \(\omega\) dépend de \(n\). Précise toujours « Soit \(\omega = e^{2i\pi/n}\) » en début de solution. Écrire simplement « \(\omega\) » sans contexte est une faute de rédaction fréquente en concours.

Définition — Racine primitive

On dit que \(\omega^k\) est une racine primitive n-ième de l’unité si elle engendre le groupe \(\mathbb{U}_n\), c’est-à-dire si \(\{\omega^{kj} \mid j \in \mathbb{Z}\} = \mathbb{U}_n\).

Cela équivaut à : \(\mathrm{pgcd}(k, n) = 1\).

Démonstration. L’ordre de \(\omega^k\) dans \((\mathbb{U}_n, \times)\) est \(\displaystyle\frac{n}{\mathrm{pgcd}(k,n)}\). Ainsi \(\omega^k\) engendre \(\mathbb{U}_n\) si et seulement si son ordre est \(n\), soit \(\mathrm{pgcd}(k,n) = 1\). ∎

Le nombre de racines primitives n-ièmes de l’unité est donc \(\varphi(n)\), l’indicatrice d’Euler.

Exemple. Pour \(n = 6\), \(\omega = e^{i\pi/3}\). Les racines primitives sont \(\omega^k\) pour \(k\) tel que \(\mathrm{pgcd}(k, 6) = 1\), soit \(k \in \{1, 5\}\). Donc \(\varphi(6) = 2\) racines primitives : \(\omega\) et \(\omega^5 = \overline{\omega}\).


II. Interprétation géométrique : le polygone régulier

Au-delà de leur écriture algébrique, les racines n-ièmes de l’unité possèdent une interprétation géométrique remarquable.

A. Les racines comme sommets d’un polygone régulier

Chaque racine \(\omega_k = e^{2ik\pi/n}\) a pour module d’un nombre complexe 1 et pour argument \(\displaystyle\frac{2k\pi}{n}\). Les affixes des racines sont donc situées sur le cercle unité, régulièrement espacées d’un angle \(\displaystyle\frac{2\pi}{n}\).

Propriété géométrique

Les points d’affixe \(\omega_0, \omega_1, \ldots, \omega_{n-1}\) sont les sommets d’un polygone régulier à \(n\) côtés, inscrit dans le cercle unité, avec un sommet en \(1\).

Plan complexe montrant le cercle unité et les racines n-ièmes pour n=5 (pentagone régulier). Points ω^0=1, ω, ω², ω³, ω⁴

B. Cas classiques : n = 2, 3, 4, 6

Les cas suivants sont à connaître par cœur.

Racines n-ièmes de l'unité pour n = 2, 3, 4, 6
\(n\) Racines (forme exponentielle) Racines (forme algébrique) Figure
\(2\) \(1,\; e^{i\pi}\) \(1,\; -1\) Segment
\(3\) \(1,\; e^{2i\pi/3},\; e^{4i\pi/3}\) \(1,\; j = -\displaystyle\frac{1}{2} + i\displaystyle\frac{\sqrt{3}}{2},\; j^2 = -\displaystyle\frac{1}{2} – i\displaystyle\frac{\sqrt{3}}{2}\) Triangle équilatéral
\(4\) \(1,\; e^{i\pi/2},\; e^{i\pi},\; e^{3i\pi/2}\) \(1,\; i,\; -1,\; -i\) Carré
\(6\) \(e^{ik\pi/3},\; k = 0, \ldots, 5\) \(1,\; \displaystyle\frac{1}{2} + i\displaystyle\frac{\sqrt{3}}{2},\; -\displaystyle\frac{1}{2} + i\displaystyle\frac{\sqrt{3}}{2},\; -1,\; -\displaystyle\frac{1}{2} – i\displaystyle\frac{\sqrt{3}}{2},\; \displaystyle\frac{1}{2} – i\displaystyle\frac{\sqrt{3}}{2}\) Hexagone régulier

Notation \(j\). En physique et dans certains manuels de prépa, on note \(j = e^{2i\pi/3}\) la racine cubique primitive de l’unité. Retiens les identités : \(1 + j + j^2 = 0\) et \(j^2 = \overline{j}\).

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III. Propriétés algébriques

Les racines n-ièmes de l’unité satisfont des propriétés algébriques fondamentales, indispensables en concours.

A. Somme des racines n-ièmes ⋆

Théorème ⋆ (exigible)

Pour tout \(n \geq 2\) :

\(\displaystyle\sum_{k=0}^{n-1} \omega^k = 0\)

Démonstration (série géométrique). Puisque \(\omega \neq 1\) (car \(n \geq 2\)) :

\(\displaystyle\sum_{k=0}^{n-1} \omega^k = \displaystyle\frac{1 – \omega^n}{1 – \omega} = \displaystyle\frac{1 – 1}{1 – \omega} = 0\) ∎

Démonstration alternative (relations de Viète). Les racines n-ièmes sont les racines du polynôme \(X^n – 1\). Le coefficient de \(X^{n-1}\) est nul, donc la somme des racines est \(0\) par les relations coefficients-racines. ∎

Corollaire — Sommes trigonométriques

Pour tout \(n \geq 2\) : \(\displaystyle\sum_{k=0}^{n-1} \cos\!\left(\displaystyle\frac{2k\pi}{n}\right) = 0\) et \(\displaystyle\sum_{k=0}^{n-1} \sin\!\left(\displaystyle\frac{2k\pi}{n}\right) = 0\).

Démonstration. On prend la partie réelle et la partie imaginaire de \(\sum \omega^k = 0\). ∎

B. Produit des racines n-ièmes ⋆

Théorème ⋆

\(\displaystyle\prod_{k=0}^{n-1} \omega^k = (-1)^{n-1}\)

Le produit vaut \(1\) si \(n\) est impair, \(-1\) si \(n\) est pair.

Démonstration.

\(\displaystyle\prod_{k=0}^{n-1} \omega^k = \omega^{0+1+\cdots+(n-1)} = \omega^{n(n-1)/2} = e^{2i\pi \cdot n(n-1)/(2n)} = e^{i\pi(n-1)} = (-1)^{n-1}\) ∎

Vérification par Viète. Le produit des racines de \(X^n – 1 = 0\) est \((-1)^n \cdot \displaystyle\frac{-1}{1} = (-1)^{n+1} = (-1)^{n-1}\). ✓

C. Relation d’orthogonalité

La propriété suivante généralise la somme nulle et intervient dans de nombreux problèmes (filtrage de Fourier discret, extraction de coefficients).

Proposition — Relation d’orthogonalité des caractères

Pour tout \(n \geq 1\) et tout \(p \in \mathbb{Z}\) :

\(\displaystyle\sum_{k=0}^{n-1} \omega^{pk} = \begin{cases} n & \text{si } n \mid p \\ 0 & \text{sinon} \end{cases}\)

Démonstration. Si \(n \mid p\), alors \(\omega^p = e^{2ip\pi/n} = 1\), et chaque terme de la somme vaut \(1\) : la somme vaut \(n\).

Si \(n \not\mid p\), alors \(\omega^p \neq 1\) et c’est une somme géométrique : \(\displaystyle\sum_{k=0}^{n-1} (\omega^p)^k = \displaystyle\frac{1 – \omega^{pn}}{1 – \omega^p} = \displaystyle\frac{1 – 1}{1 – \omega^p} = 0\). ∎

Piège classique. Ne pas confondre les deux cas ! La somme \(\sum \omega^{nk} = n\) (et non \(0\)) car \(\omega^{nk} = 1\) pour tout \(k\). Retiens : quand l’exposant est un multiple de \(n\), chaque terme vaut \(1\).

D. Structure de groupe cyclique et racines primitives

Proposition

\((\mathbb{U}_n, \times)\) est un groupe cyclique d’ordre \(n\), engendré par \(\omega = e^{2i\pi/n}\).

Démonstration.

  • Stabilité : si \(z^n = 1\) et \(w^n = 1\), alors \((zw)^n = z^n w^n = 1\).
  • Neutre : \(1 \in \mathbb{U}_n\).
  • Inverse : si \(z^n = 1\), alors \((z^{-1})^n = 1\). De plus, \(z^{-1} = \overline{z}\) pour \(z \in \mathbb{U}_n\) (car \(|z| = 1\)).
  • Cyclicité : \(\mathbb{U}_n = \{\omega^k \mid k = 0, \ldots, n-1\}\), donc \(\omega\) engendre \(\mathbb{U}_n\). ∎

Plus généralement, \(\omega^k\) est un générateur de \(\mathbb{U}_n\) si et seulement si \(\mathrm{pgcd}(k,n) = 1\) (cf. section I.B). Il y a \(\varphi(n)\) tels générateurs, les racines primitives.

Sous-groupes de \(\mathbb{U}_n\). Pour tout diviseur \(d \mid n\), l’ensemble \(\mathbb{U}_d = \{z \in \mathbb{C} \mid z^d = 1\}\) est un sous-groupe de \(\mathbb{U}_n\). Réciproquement, tout sous-groupe de \(\mathbb{U}_n\) est de cette forme. C’est une conséquence du théorème de Lagrange et de la cyclicité.


IV. Factorisation de \(X^n – 1\) et applications

Ces propriétés trouvent une traduction directe en termes de factorisation de polynômes — l’une des applications les plus puissantes des racines de l’unité.

A. Factorisation dans \(\mathbb{C}[X]\)

Théorème ⋆ — Factorisation de \(X^n – 1\)

\(X^n – 1 = \displaystyle\prod_{k=0}^{n-1} (X – \omega^k)\)

Démonstration. Le polynôme \(X^n – 1\) est de degré \(n\), unitaire, et admet les \(n\) racines distinctes \(\omega^0, \omega^1, \ldots, \omega^{n-1}\). Tout polynôme de degré \(n\) ayant \(n\) racines distinctes se factorise en produit de facteurs de degré 1 dans \(\mathbb{C}[X]\). ∎

Corollaire ⋆. En isolant le facteur \(k = 0\) :

\(\displaystyle\frac{X^n – 1}{X – 1} = X^{n-1} + X^{n-2} + \cdots + X + 1 = \displaystyle\prod_{k=1}^{n-1} (X – \omega^k)\)

B. Factorisation dans \(\mathbb{R}[X]\)

Dans \(\mathbb{R}[X]\), on ne peut pas toujours factoriser en degré 1. On regroupe les racines complexes conjuguées \(\omega^k\) et \(\omega^{n-k} = \overline{\omega^k}\) :

\((X – \omega^k)(X – \overline{\omega^k}) = X^2 – 2\cos\!\left(\displaystyle\frac{2k\pi}{n}\right)X + 1\)

Factorisation dans \(\mathbb{R}[X]\)

Si \(n\) est impair :

\(X^n – 1 = (X – 1)\displaystyle\prod_{k=1}^{(n-1)/2} \left(X^2 – 2\cos\!\left(\displaystyle\frac{2k\pi}{n}\right)X + 1\right)\)

Si \(n\) est pair :

\(X^n – 1 = (X-1)(X+1)\displaystyle\prod_{k=1}^{n/2 – 1} \left(X^2 – 2\cos\!\left(\displaystyle\frac{2k\pi}{n}\right)X + 1\right)\)

Démonstration. Les racines réelles de \(X^n – 1\) sont \(1\) (toujours) et \(-1\) (si \(n\) est pair, car \((-1)^n = 1\)). Les racines complexes non réelles apparaissent par paires conjuguées \(\omega^k, \omega^{n-k}\). Chaque paire contribue un facteur de degré 2 irréductible dans \(\mathbb{R}[X]\). Le nombre de paires est \(\displaystyle\frac{n-1}{2}\) (si \(n\) impair) ou \(\displaystyle\frac{n}{2} – 1\) (si \(n\) pair). ∎

C. Polynômes cyclotomiques (complément)

Les polynômes cyclotomiques raffinent la factorisation précédente et apparaissent régulièrement dans les problèmes d’algèbre.

Définition — Polynôme cyclotomique

Le n-ième polynôme cyclotomique est :

\(\Phi_n(X) = \displaystyle\prod_{\substack{1 \leq k \leq n \\ \mathrm{pgcd}(k,n)=1}} (X – \omega^k)\)

C’est un polynôme unitaire de degré \(\varphi(n)\) à coefficients entiers.

Propriété fondamentale. Tout diviseur \(d\) de \(n\) contribue ses racines primitives à la factorisation de \(X^n – 1\) :

\(X^n – 1 = \displaystyle\prod_{d \mid n} \Phi_d(X)\)

Cette identité permet de calculer \(\Phi_n\) par division successive.

Polynômes cyclotomiques pour les petites valeurs de n
\(n\) \(\Phi_n(X)\) \(\deg \Phi_n = \varphi(n)\)
\(1\) \(X – 1\) \(1\)
\(2\) \(X + 1\) \(1\)
\(3\) \(X^2 + X + 1\) \(2\)
\(4\) \(X^2 + 1\) \(2\)
\(5\) \(X^4 + X^3 + X^2 + X + 1\) \(4\)
\(6\) \(X^2 – X + 1\) \(2\)
\(p\) premier \(X^{p-1} + X^{p-2} + \cdots + X + 1\) \(p-1\)

Pour \(p\) premier. Si \(p\) est premier, \(X^p – 1 = \Phi_1(X) \cdot \Phi_p(X) = (X-1)\Phi_p(X)\), d’où \(\Phi_p(X) = \displaystyle\frac{X^p – 1}{X – 1} = X^{p-1} + \cdots + X + 1\). C’est le cas le plus simple.

D. Application : produit de sinus

La factorisation de \(X^n – 1\) conduit à une identité trigonométrique élégante.

Étape 1. On évalue le corollaire de IV.A en \(X = 1\) :

\(\displaystyle\prod_{k=1}^{n-1} (1 – \omega^k) = \lim_{X \to 1} \displaystyle\frac{X^n – 1}{X – 1} = n\)

(par évaluation directe du polynôme \(X^{n-1} + \cdots + 1\) en \(X = 1\)).

Étape 2. On calcule \(|1 – \omega^k|\). En utilisant \(1 – e^{i\theta} = -2i\sin\!\left(\displaystyle\frac{\theta}{2}\right)e^{i\theta/2}\), on obtient :

\(|1 – \omega^k| = \left|1 – e^{2ik\pi/n}\right| = 2\left|\sin\!\left(\displaystyle\frac{k\pi}{n}\right)\right| = 2\sin\!\left(\displaystyle\frac{k\pi}{n}\right)\)

(car \(\sin(k\pi/n)\) > \(0\) pour \(1 \leq k \leq n-1\)).

Étape 3. En prenant le module du produit :

\(\displaystyle\prod_{k=1}^{n-1} |1 – \omega^k| = 2^{n-1} \displaystyle\prod_{k=1}^{n-1} \sin\!\left(\displaystyle\frac{k\pi}{n}\right) = n\)

Identité remarquable — Produit de sinus

Pour tout \(n \geq 2\) :

\(\displaystyle\prod_{k=1}^{n-1} \sin\!\left(\displaystyle\frac{k\pi}{n}\right) = \displaystyle\frac{n}{2^{n-1}}\)

Ce résultat est un classique de concours. Il permet, par symétrie \(\sin(k\pi/n) = \sin((n-k)\pi/n)\), de calculer des produits partiels de sinus (cf. exercice 6 ci-dessous).

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V. Méthode : racines n-ièmes d’un nombre complexe quelconque

La théorie précédente se généralise naturellement : comment déterminer les racines n-ièmes d’un nombre complexe quelconque ?

A. Méthode en 4 étapes

Soit \(a \in \mathbb{C}^*\). On cherche les solutions de \(z^n = a\).

Méthode — Racines n-ièmes de \(a = \rho\, e^{i\alpha}\)

  1. Écrire \(a\) sous forme exponentielle : \(a = \rho\, e^{i\alpha}\) avec \(\rho = |a|\) et \(\alpha = \arg(a)\).
  2. Poser \(z = r\, e^{i\theta}\) et substituer : \(r^n e^{in\theta} = \rho\, e^{i\alpha}\).
  3. Identifier : \(r = \rho^{1/n}\) et \(\theta = \displaystyle\frac{\alpha + 2k\pi}{n}\), \(k \in \mathbb{Z}\).
  4. Lister les \(n\) solutions distinctes :

\(z_k = \rho^{1/n} \cdot e^{i(\alpha + 2k\pi)/n}, \quad k \in \{0, 1, \ldots, n-1\}\)

Lien avec les racines de l’unité. Si \(z_0\) est une racine n-ième de \(a\), alors les \(n\) racines de \(a\) sont : \(z_k = z_0 \cdot \omega^k\) pour \(k = 0, \ldots, n-1\). Autrement dit, les racines de \(a\) sont obtenues en multipliant une racine particulière par toutes les racines n-ièmes de l’unité.

Interprétation géométrique. Les racines n-ièmes de \(a\) forment les sommets d’un polygone régulier inscrit dans le cercle de centre \(O\) et de rayon \(|a|^{1/n}\), le premier sommet étant d’argument \(\displaystyle\frac{\arg(a)}{n}\).

B. Exemples résolus

Exemple 1 — Racines cubiques de \(-8\)

Étape 1. \(-8 = 8\, e^{i\pi}\), donc \(\rho = 8\) et \(\alpha = \pi\).

Étape 3. \(r = 8^{1/3} = 2\) et \(\theta_k = \displaystyle\frac{\pi + 2k\pi}{3}\).

Étape 4.

  • \(z_0 = 2\, e^{i\pi/3} = 2\left(\displaystyle\frac{1}{2} + i\displaystyle\frac{\sqrt{3}}{2}\right) = 1 + i\sqrt{3}\)
  • \(z_1 = 2\, e^{i\pi} = -2\)
  • \(z_2 = 2\, e^{5i\pi/3} = 1 – i\sqrt{3}\)

Vérification : \((-2)^3 = -8\) ✓ et \((1+i\sqrt{3})^3 = (2e^{i\pi/3})^3 = 8e^{i\pi} = -8\) ✓

Plan complexe montrant les 3 racines cubiques de -8. Cercle de rayon 2 centré en O. Points z_0 = 1+i√3, z_1 = -2, z_2 =

Exemple 2 — Racines cubiques de \(2 + 2i\)

Étape 1. \(|2+2i| = 2\sqrt{2}\) et \(\arg(2+2i) = \displaystyle\frac{\pi}{4}\), donc \(2+2i = 2\sqrt{2}\, e^{i\pi/4}\).

Étape 3. \(r = (2\sqrt{2})^{1/3} = (2^{3/2})^{1/3} = \sqrt{2}\) et \(\theta_k = \displaystyle\frac{\pi/4 + 2k\pi}{3}\).

Étape 4.

  • \(z_0 = \sqrt{2}\, e^{i\pi/12} = \sqrt{2}\left(\displaystyle\frac{\sqrt{6}+\sqrt{2}}{4} + i\,\displaystyle\frac{\sqrt{6}-\sqrt{2}}{4}\right) = \displaystyle\frac{\sqrt{3}+1}{2} + i\,\displaystyle\frac{\sqrt{3}-1}{2}\)
  • \(z_1 = \sqrt{2}\, e^{3i\pi/4} = -1 + i\)
  • \(z_2 = \sqrt{2}\, e^{17i\pi/12} = \displaystyle\frac{1-\sqrt{3}}{2} – i\,\displaystyle\frac{\sqrt{3}+1}{2}\)

Vérification : \(z_1^3 = (\sqrt{2})^3 \cdot e^{9i\pi/4} = 2\sqrt{2}\, e^{i\pi/4} = 2 + 2i\) ✓


VI. Exercices corrigés (★ à ★★★★★)

Voici 8 exercices classés par difficulté croissante, couvrant les applications fondamentales des racines de l’unité.

Exercice 1 (★)

Déterminer les racines 6-ièmes de l’unité. Écrire chacune sous forme algébrique et les placer dans le plan complexe.

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On pose \(\omega = e^{i\pi/3}\). Les racines sont \(\omega^k\) pour \(k = 0, \ldots, 5\) :

  • \(\omega^0 = 1\)
  • \(\omega^1 = e^{i\pi/3} = \displaystyle\frac{1}{2} + i\displaystyle\frac{\sqrt{3}}{2}\)
  • \(\omega^2 = e^{2i\pi/3} = -\displaystyle\frac{1}{2} + i\displaystyle\frac{\sqrt{3}}{2}\)
  • \(\omega^3 = e^{i\pi} = -1\)
  • \(\omega^4 = e^{4i\pi/3} = -\displaystyle\frac{1}{2} – i\displaystyle\frac{\sqrt{3}}{2}\)
  • \(\omega^5 = e^{5i\pi/3} = \displaystyle\frac{1}{2} – i\displaystyle\frac{\sqrt{3}}{2}\)

Ces 6 points forment un hexagone régulier inscrit dans le cercle unité.


Exercice 2 (★★)

Soit \(n \geq 2\) et \(\omega = e^{2i\pi/n}\). Pour \(p \in \mathbb{Z}\), calculer \(S_p = \displaystyle\sum_{k=0}^{n-1} \omega^{pk}\). En déduire \(\displaystyle\sum_{k=0}^{n-1} \cos\!\left(\displaystyle\frac{2pk\pi}{n}\right)\).

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Cas 1 : \(n \mid p\). Alors \(\omega^p = 1\), donc \(S_p = \displaystyle\sum_{k=0}^{n-1} 1 = n\).

Cas 2 : \(n \not\mid p\). On pose \(q = \omega^p \neq 1\). Somme géométrique :

\(S_p = \displaystyle\sum_{k=0}^{n-1} q^k = \displaystyle\frac{1 – q^n}{1 – q} = \displaystyle\frac{1 – (\omega^n)^p}{1 – \omega^p} = \displaystyle\frac{1 – 1}{1 – \omega^p} = 0\)

Bilan : \(S_p = n\) si \(n \mid p\), et \(S_p = 0\) sinon.

Déduction : \(\displaystyle\sum_{k=0}^{n-1} \cos\!\left(\displaystyle\frac{2pk\pi}{n}\right) = \mathrm{Re}(S_p)\), soit \(n\) si \(n \mid p\) et \(0\) sinon.


Exercice 3 (★★★)

Résoudre dans \(\mathbb{C}\) l’équation \(z^4 = -4\). Donner les solutions sous forme algébrique.

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Forme exponentielle : \(-4 = 4\, e^{i\pi}\). Donc \(\rho = 4\), \(\alpha = \pi\).

\(z_k = 4^{1/4}\, e^{i(\pi + 2k\pi)/4} = \sqrt{2}\, e^{i\pi(1+2k)/4}, \quad k = 0, 1, 2, 3\)

Calcul explicite :

  • \(z_0 = \sqrt{2}\, e^{i\pi/4} = \sqrt{2}\left(\displaystyle\frac{\sqrt{2}}{2} + i\displaystyle\frac{\sqrt{2}}{2}\right) = 1 + i\)
  • \(z_1 = \sqrt{2}\, e^{3i\pi/4} = -1 + i\)
  • \(z_2 = \sqrt{2}\, e^{5i\pi/4} = -1 – i\)
  • \(z_3 = \sqrt{2}\, e^{7i\pi/4} = 1 – i\)

Vérification : \((1+i)^2 = 2i\), donc \((1+i)^4 = (2i)^2 = -4\) ✓

Les quatre racines sont \(\pm 1 \pm i\).


Exercice 4 (★★★)

Factoriser \(X^4 + 1\) en produit de facteurs irréductibles dans \(\mathbb{R}[X]\).

Voir la correction

Les racines de \(X^4 + 1 = 0\) sont les \(z_k\) de l’exercice 3 (racines de \(X^4 = -1\)).

On regroupe les paires de racines conjuguées :

Paire 1 : \(z_0 = e^{i\pi/4}\) et \(z_3 = e^{-i\pi/4} = \overline{z_0}\) :

\((X – z_0)(X – \overline{z_0}) = X^2 – 2\cos\!\left(\displaystyle\frac{\pi}{4}\right)X + 1 = X^2 – \sqrt{2}\, X + 1\)

Paire 2 : \(z_1 = e^{3i\pi/4}\) et \(z_2 = e^{-3i\pi/4} = \overline{z_1}\) :

\((X – z_1)(X – \overline{z_1}) = X^2 – 2\cos\!\left(\displaystyle\frac{3\pi}{4}\right)X + 1 = X^2 + \sqrt{2}\, X + 1\)

Résultat :

\(X^4 + 1 = (X^2 – \sqrt{2}\, X + 1)(X^2 + \sqrt{2}\, X + 1)\)

Vérification : \((X^2 + 1 – \sqrt{2}\, X)(X^2 + 1 + \sqrt{2}\, X) = (X^2 + 1)^2 – 2X^2 = X^4 + 1\) ✓


Exercice 5 (★★★★)

Soit \(n \geq 2\) et \(\omega = e^{2i\pi/n}\). En évaluant le polynôme \(X^{n-1} + X^{n-2} + \cdots + X + 1\) en un point bien choisi, montrer que :

\(\displaystyle\prod_{k=1}^{n-1} (2 – \omega^k) = 2^n – 1\)

En déduire la valeur de \(\displaystyle\prod_{k=1}^{n-1} \left(5 – 4\cos\!\left(\displaystyle\frac{2k\pi}{n}\right)\right)\).

Voir la correction

Partie 1. D’après le corollaire de IV.A :

\(\displaystyle\prod_{k=1}^{n-1}(X – \omega^k) = X^{n-1} + X^{n-2} + \cdots + X + 1\)

On évalue en \(X = 2\) :

\(\displaystyle\prod_{k=1}^{n-1}(2 – \omega^k) = 2^{n-1} + 2^{n-2} + \cdots + 2 + 1 = \displaystyle\frac{2^n – 1}{2 – 1} = 2^n – 1\) ∎

Partie 2. On calcule le module au carré :

\(|2 – \omega^k|^2 = \left(2 – \cos\!\left(\displaystyle\frac{2k\pi}{n}\right)\right)^2 + \sin^2\!\left(\displaystyle\frac{2k\pi}{n}\right) = 5 – 4\cos\!\left(\displaystyle\frac{2k\pi}{n}\right)\)

Donc :

\(\displaystyle\prod_{k=1}^{n-1}\left(5 – 4\cos\!\left(\displaystyle\frac{2k\pi}{n}\right)\right) = \displaystyle\prod_{k=1}^{n-1} |2 – \omega^k|^2 = \left|\displaystyle\prod_{k=1}^{n-1}(2 – \omega^k)\right|^2 = (2^n – 1)^2\) ∎


Exercice 6 (★★★★)

En utilisant l’identité \(\displaystyle\prod_{k=1}^{n-1} \sin\!\left(\displaystyle\frac{k\pi}{n}\right) = \displaystyle\frac{n}{2^{n-1}}\) (cf. section IV.D), calculer :

\(\sin\!\left(\displaystyle\frac{\pi}{7}\right) \sin\!\left(\displaystyle\frac{2\pi}{7}\right) \sin\!\left(\displaystyle\frac{3\pi}{7}\right)\)
Voir la correction

Pour \(n = 7\), l’identité donne :

\(\displaystyle\prod_{k=1}^{6} \sin\!\left(\displaystyle\frac{k\pi}{7}\right) = \displaystyle\frac{7}{2^6} = \displaystyle\frac{7}{64}\)

Symétrie : \(\sin\!\left(\displaystyle\frac{k\pi}{7}\right) = \sin\!\left(\displaystyle\frac{(7-k)\pi}{7}\right)\) car \(\sin(\pi – x) = \sin(x)\).

Donc \(\sin\!\left(\displaystyle\frac{4\pi}{7}\right) = \sin\!\left(\displaystyle\frac{3\pi}{7}\right)\), \(\sin\!\left(\displaystyle\frac{5\pi}{7}\right) = \sin\!\left(\displaystyle\frac{2\pi}{7}\right)\), \(\sin\!\left(\displaystyle\frac{6\pi}{7}\right) = \sin\!\left(\displaystyle\frac{\pi}{7}\right)\).

Le produit se factorise :

\(\displaystyle\prod_{k=1}^{6} \sin\!\left(\displaystyle\frac{k\pi}{7}\right) = \left[\sin\!\left(\displaystyle\frac{\pi}{7}\right) \sin\!\left(\displaystyle\frac{2\pi}{7}\right) \sin\!\left(\displaystyle\frac{3\pi}{7}\right)\right]^2 = \displaystyle\frac{7}{64}\)

Tous les sinus sont strictement positifs (arguments dans \(]0, \pi[\)), donc :

\(\sin\!\left(\displaystyle\frac{\pi}{7}\right) \sin\!\left(\displaystyle\frac{2\pi}{7}\right) \sin\!\left(\displaystyle\frac{3\pi}{7}\right) = \displaystyle\frac{\sqrt{7}}{8}\) ∎


Exercice 7 (★★★★ — I)

Déterminer les racines primitives 12-ièmes de l’unité, puis calculer le 12-ième polynôme cyclotomique \(\Phi_{12}(X)\).

Voir la correction

Racines primitives. \(\omega^k\) est primitive 12-ième \(\Leftrightarrow\) \(\mathrm{pgcd}(k, 12) = 1\), soit \(k \in \{1, 5, 7, 11\}\). Il y a \(\varphi(12) = 4\) racines primitives.

Calcul de \(\Phi_{12}\). On utilise \(X^{12} – 1 = \displaystyle\prod_{d \mid 12} \Phi_d(X)\).

Les diviseurs de \(12\) sont \(1, 2, 3, 4, 6, 12\). On connaît :

  • \(\Phi_1 = X-1\), \(\Phi_2 = X+1\), \(\Phi_3 = X^2+X+1\), \(\Phi_4 = X^2+1\), \(\Phi_6 = X^2-X+1\).

Astuce : on factorise par niveaux. \(X^{12} – 1 = (X^6 – 1)(X^6 + 1)\).

Or \(X^6 – 1 = \Phi_1 \cdot \Phi_2 \cdot \Phi_3 \cdot \Phi_6\) (diviseurs de 6 = diviseurs de 12 qui divisent 6).

Donc \(X^6 + 1 = \Phi_4 \cdot \Phi_{12}\) (les diviseurs de 12 qui ne divisent pas 6 sont \(4\) et \(12\)).

Ainsi : \(\Phi_{12}(X) = \displaystyle\frac{X^6 + 1}{X^2 + 1}\).

Division euclidienne : \(X^6 + 1 = (X^2 + 1)(X^4 – X^2 + 1)\).

Résultat :

\(\Phi_{12}(X) = X^4 – X^2 + 1\)

Vérification : degré \(4 = \varphi(12)\) ✓, et \(\omega = e^{i\pi/6}\) est racine : \(\omega^4 – \omega^2 + 1 = e^{2i\pi/3} – e^{i\pi/3} + 1 = \left(-\displaystyle\frac{1}{2} + i\displaystyle\frac{\sqrt{3}}{2}\right) – \left(\displaystyle\frac{1}{2} + i\displaystyle\frac{\sqrt{3}}{2}\right) + 1 = 0\) ✓


Exercice 8 (★★★★★ — I) Type Mines-Ponts

Soit \(n \geq 2\) et \(\omega = e^{2i\pi/n}\).

  1. Par dérivation logarithmique de \(X^n – 1 = \displaystyle\prod_{k=0}^{n-1}(X – \omega^k)\), montrer que pour tout \(x \notin \mathbb{U}_n\) : \(\displaystyle\sum_{k=0}^{n-1} \displaystyle\frac{1}{x – \omega^k} = \displaystyle\frac{nx^{n-1}}{x^n – 1}\)
  2. En posant \(Q(X) = \displaystyle\frac{X^n – 1}{X – 1}\), en déduire : \(\displaystyle\sum_{k=1}^{n-1} \displaystyle\frac{1}{1 – \omega^k} = \displaystyle\frac{n-1}{2}\).
Voir la correction

1. On dérive \(P(X) = X^n – 1 = \displaystyle\prod_{k=0}^{n-1}(X – \omega^k)\). Par la règle du produit :

\(P^\prime(X) = \displaystyle\sum_{k=0}^{n-1} \displaystyle\prod_{j \neq k} (X – \omega^j)\)

En divisant par \(P(X)\) (pour \(X \notin \mathbb{U}_n\)) :

\(\displaystyle\frac{P^\prime(X)}{P(X)} = \displaystyle\sum_{k=0}^{n-1} \displaystyle\frac{1}{X – \omega^k}\)

Or \(P^\prime(X) = nX^{n-1}\) et \(P(X) = X^n – 1\), d’où :

\(\displaystyle\sum_{k=0}^{n-1} \displaystyle\frac{1}{X – \omega^k} = \displaystyle\frac{nX^{n-1}}{X^n – 1}\) ∎

2. On pose \(Q(X) = \displaystyle\frac{X^n – 1}{X – 1} = \displaystyle\prod_{k=1}^{n-1}(X – \omega^k) = X^{n-1} + X^{n-2} + \cdots + 1\).

De même, par dérivation logarithmique de \(Q\) :

\(\displaystyle\frac{Q^\prime(X)}{Q(X)} = \displaystyle\sum_{k=1}^{n-1} \displaystyle\frac{1}{X – \omega^k}\)

On évalue en \(X = 1\). D’une part, \(Q(1) = n\).

D’autre part, \(Q^\prime(X) = (n-1)X^{n-2} + (n-2)X^{n-3} + \cdots + 1\), donc :

\(Q^\prime(1) = (n-1) + (n-2) + \cdots + 1 = \displaystyle\frac{n(n-1)}{2}\)

Ainsi :

\(\displaystyle\sum_{k=1}^{n-1} \displaystyle\frac{1}{1 – \omega^k} = \displaystyle\frac{Q^\prime(1)}{Q(1)} = \displaystyle\frac{n(n-1)}{2n} = \displaystyle\frac{n-1}{2}\) ∎

Remarque : ce résultat signifie que la « moyenne harmonique pondérée » des distances \(1 – \omega^k\) donne un résultat réel simple, ce qui est une manifestation de la symétrie du polygone des racines.


VII. Erreurs fréquentes et pièges classiques

Avant de conclure, passons en revue les erreurs les plus fréquentes sur les racines de l’unité.

Erreur 1 — Oublier que \(\omega\) dépend de \(n\)

Copie fautive : « Les racines de l’unité sont \(1, \omega, \omega^2, \ldots\) avec \(\omega = e^{2i\pi/3}\). » (sans avoir précisé \(n = 3\))

Diagnostic : \(\omega\) n’est pas une constante universelle. C’est \(e^{2i\pi/n}\), qui change selon le contexte. En concours, plusieurs valeurs de \(n\) apparaissent dans un même problème.

Correction : Toujours écrire « Soit \(\omega = e^{2i\pi/n}\) » en début de solution, et « On pose \(\omega_3 = e^{2i\pi/3}\), \(\omega_5 = e^{2i\pi/5}\) » si plusieurs \(n\) coexistent.

Erreur 2 — Se tromper d’argument dans \(z^n = a\)

Copie fautive : « Résolvons \(z^3 = -1 + i\). On a \(|-1+i| = \sqrt{2}\) et \(\arg(-1+i) = \displaystyle\frac{\pi}{4}\). »

Diagnostic : Le point d’affixe \(-1+i\) est dans le deuxième quadrant (partie réelle négative), donc son argument est \(\pi – \displaystyle\frac{\pi}{4} = \displaystyle\frac{3\pi}{4}\), pas \(\displaystyle\frac{\pi}{4}\). L’erreur provient d’un calcul naïf \(\arctan\!\left(\displaystyle\frac{1}{-1}\right)\) sans correction de quadrant.

Correction : \(-1+i = \sqrt{2}\, e^{3i\pi/4}\), donc \(z_k = 2^{1/6}\, e^{i(3\pi/4 + 2k\pi)/3}\).

Erreur 3 — Confondre \(\sum \omega^{pk} = 0\) et \(\sum \omega^{pk} = n\)

Copie fautive : « \(\displaystyle\sum_{k=0}^{n-1} \omega^{nk} = 0\) car c’est une somme de racines de l’unité. »

Diagnostic : \(\omega^{nk} = (e^{2i\pi/n})^{nk} = e^{2ik\pi} = 1\) pour tout \(k\). Donc \(\sum \omega^{nk} = n\), pas \(0\). La somme ne s’annule que lorsque l’exposant \(p\) n’est pas un multiple de \(n\).

Correction : \(\displaystyle\sum_{k=0}^{n-1} \omega^{pk} = n\) si \(n \mid p\), et \(0\) sinon. Ici \(p = n\), donc \(n \mid p\) et la somme vaut \(n\).


VIII. Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'une racine n-ième de l'unité ?

Un nombre complexe \(z\) est une racine n-ième de l’unité s’il vérifie \(z^n = 1\). Il existe exactement \(n\) telles racines : \(\omega_k = e^{2ik\pi/n}\) pour \(k = 0, 1, \ldots, n-1\). Géométriquement, ce sont les sommets d’un polygone régulier à \(n\) côtés inscrit dans le cercle unité.

Quelle est la somme des racines n-ièmes de l'unité ?

Pour tout \(n \geq 2\), la somme vaut \(0\) : \(\displaystyle\sum_{k=0}^{n-1} \omega^k = 0\). Cela se démontre par la formule de la série géométrique (avec \(\omega \neq 1\)) ou par les relations de Viète appliquées au polynôme \(X^n – 1\) (le coefficient de \(X^{n-1}\) est nul).

Pourquoi les racines de l'unité forment-elles un polygone régulier ?

Chaque racine \(\omega_k = e^{2ik\pi/n}\) est de module \(1\) (donc sur le cercle unité) et d’argument \(2k\pi/n\). L’écart angulaire entre deux racines consécutives est constant, égal à \(2\pi/n\). Cette régularité angulaire est la définition même d’un polygone régulier inscrit dans un cercle.

Quelle est la différence entre racine n-ième de l'unité et racine n-ième d'un complexe quelconque ?

Les racines n-ièmes de l’unité sont les solutions de \(z^n = 1\) : elles sont sur le cercle unité. Les racines n-ièmes d’un complexe \(a \neq 0\) sont les solutions de \(z^n = a\) : elles forment un polygone régulier inscrit dans le cercle de rayon \(|a|^{1/n}\). Le lien est direct : si \(z_0\) est une racine de \(a\), alors les \(n\) racines de \(a\) sont \(z_0 \cdot \omega^k\) pour \(k = 0, \ldots, n-1\).

Quelles sont les 4 racines de l'unité ?

Les racines 4-ièmes de l’unité sont les solutions de \(z^4 = 1\) : \(\mathbb{U}_4 = \{1, i, -1, -i\}\). Elles forment un carré inscrit dans le cercle unité, avec un sommet en \(1\).

À quoi servent les racines de l'unité en pratique ?

En CPGE, elles servent à : factoriser des polynômes (via \(X^n – 1 = \prod(X – \omega^k)\)), calculer des sommes et produits trigonométriques (sommes de cosinus, produits de sinus), résoudre des équations dans \(\mathbb{C}\), et construire la transformée de Fourier discrète. Elles interviennent aussi en formule d’Euler (linéarisation, angle moitié) et en théorie des nombres (polynômes cyclotomiques).


IX. Pour aller plus loin

Tu maîtrises maintenant la théorie des racines n-ièmes de l’unité. Pour approfondir :

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