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L’étude des suites d’intégrales est un thème central en classe préparatoire, et les intégrales de Wallis en sont l’exemple le plus emblématique. Introduites par le mathématicien anglais John Wallis en 1655 dans son Arithmetica Infinitorum, elles relient de manière surprenante les suites récurrentes, l’intégration par parties et le nombre \(\pi\). Ce cours couvre tous les résultats exigibles sur les intégrales de Wallis en CPGE : relation de récurrence, formules explicites, équivalent asymptotique et formule produit, avec des démonstrations détaillées et des exercices corrigés de niveau concours. Il s’inscrit dans le cadre plus large de l’étude des primitives et intégrales.

I. Définition et premières propriétés des intégrales de Wallis

A. Définition

Définition — Intégrale de Wallis

Pour tout \(n \in \mathbb{N}\), on appelle intégrale de Wallis d’indice \(n\) le réel :

\(\displaystyle W_n = \int_0^{\pi/2} \sin^n(t) \, dt\)

L’intégrande \(\sin^n(t)\) est continue et positive sur \(\left[0 ; \displaystyle\frac{\pi}{2}\right]\), donc \(W_n\) est bien définie et strictement positive pour tout \(n \in \mathbb{N}\).

Propriété fondamentale — Symétrie sin/cos. Pour tout \(n \in \mathbb{N}\) :

\(\displaystyle \int_0^{\pi/2} \cos^n(t) \, dt = W_n\)

Démonstration. Le changement de variable \(u = \displaystyle\frac{\pi}{2} – t\) donne \(du = -dt\), \(\sin\!\left(\displaystyle\frac{\pi}{2} – u\right) = \cos(u)\), et les bornes s’échangent. On obtient immédiatement l’égalité. □

Cette symétrie est très utile en pratique : dans un calcul, tu peux librement remplacer \(\sin\) par \(\cos\) sous l’intégrale de Wallis.

B. Valeurs initiales \(W_0\), \(W_1\) et \(W_2\)

Le calcul direct des premières intégrales de Wallis est indispensable : ce sont les conditions initiales de la récurrence que l’on établira au paragraphe suivant.

Calcul de \(W_0\) :

\(\displaystyle W_0 = \int_0^{\pi/2} \sin^0(t) \, dt = \int_0^{\pi/2} 1 \, dt = \displaystyle\frac{\pi}{2}\)

Calcul de \(W_1\) :

\(\displaystyle W_1 = \int_0^{\pi/2} \sin(t) \, dt = \Big[-\cos(t)\Big]_0^{\pi/2} = -\cos\!\left(\displaystyle\frac{\pi}{2}\right) + \cos(0) = 0 + 1 = 1\)

Calcul de \(W_2\) : On utilise la linéarisation \(\sin^2(t) = \displaystyle\frac{1 – \cos(2t)}{2}\) :

\(\displaystyle W_2 = \int_0^{\pi/2} \displaystyle\frac{1 – \cos(2t)}{2} \, dt = \displaystyle\frac{1}{2}\left[t – \displaystyle\frac{\sin(2t)}{2}\right]_0^{\pi/2} = \displaystyle\frac{1}{2} \cdot \displaystyle\frac{\pi}{2} = \displaystyle\frac{\pi}{4}\)

Récapitulatif des premières valeurs :

\(\displaystyle W_0 = \displaystyle\frac{\pi}{2} \approx 1{,}571 \qquad W_1 = 1 \qquad W_2 = \displaystyle\frac{\pi}{4} \approx 0{,}785\)

On observe déjà que la suite \((W_n)\) semble décroissante. C’est ce que nous allons démontrer.

C. Monotonie et convergence vers 0

Proposition — Propriétés de la suite \((W_n)\)

  1. \(\forall n \in \mathbb{N}, \; W_n\) > \(0\)
  2. La suite \((W_n)_{n \in \mathbb{N}}\) est strictement décroissante.
  3. \(\displaystyle \lim_{n \to +\infty} W_n = 0\)

Démonstration.

1. Pour tout \(t \in \left]0 ; \displaystyle\frac{\pi}{2}\right[\), on a \(\sin(t)\) > \(0\), donc \(\sin^n(t)\) > \(0\). L’intégrale d’une fonction continue, positive et non identiquement nulle sur \(\left[0 ; \displaystyle\frac{\pi}{2}\right]\) est strictement positive : \(W_n\) > \(0\).

2. Pour tout \(t \in \left]0 ; \displaystyle\frac{\pi}{2}\right[\), on a \(0\) < \(\sin(t)\) < \(1\), donc :

\(\displaystyle \sin^{n+1}(t) = \sin^n(t) \cdot \sin(t)\) < \(\displaystyle \sin^n(t)\)

Par intégration d’une inégalité stricte entre fonctions continues, on obtient \(W_{n+1}\) < \(W_n\).

3. Soit \(\varepsilon \in \left]0 ; \displaystyle\frac{\pi}{2}\right[\). On découpe l’intégrale :

\(\displaystyle W_n = \int_0^{\pi/2 – \varepsilon} \sin^n(t) \, dt + \int_{\pi/2 – \varepsilon}^{\pi/2} \sin^n(t) \, dt\)

Sur \(\left[0 ; \displaystyle\frac{\pi}{2} – \varepsilon\right]\), on a \(\sin(t) \leq \sin\!\left(\displaystyle\frac{\pi}{2} – \varepsilon\right) = \cos(\varepsilon)\) < \(1\), donc :

\(\displaystyle \int_0^{\pi/2 – \varepsilon} \sin^n(t) \, dt \leq \left(\displaystyle\frac{\pi}{2} – \varepsilon\right) \cos^n(\varepsilon) \underset{n \to +\infty}{\longrightarrow} 0\)

Sur \(\left[\displaystyle\frac{\pi}{2} – \varepsilon ; \displaystyle\frac{\pi}{2}\right]\), on majore \(\sin^n(t) \leq 1\), d’où :

\(\displaystyle \int_{\pi/2 – \varepsilon}^{\pi/2} \sin^n(t) \, dt \leq \varepsilon\)

Ainsi, pour \(n\) assez grand : \(0\) < \(W_n \leq \varepsilon + \varepsilon = 2\varepsilon\). Comme \(\varepsilon\) est arbitraire, \(W_n \to 0\). □

Graphiques superposés de sin^n(t) sur [0, pi/2] pour n = 1, 2, 5, 10, 20 montrant l'aplatissement progressif de la courbe

Le graphique ci-dessus illustre l’intuition : quand \(n\) croît, la courbe de \(\sin^n(t)\) s’aplatit vers 0, sauf au voisinage de \(t = \displaystyle\frac{\pi}{2}\) où \(\sin(t) \approx 1\). L’aire sous la courbe — c’est-à-dire \(W_n\) — tend donc vers 0.

Maintenant que les propriétés fondamentales sont établies, passons à l’outil central de l’étude des intégrales de Wallis : la relation de récurrence, obtenue par intégration par parties.

II. Relation de récurrence par intégration par parties

La relation de récurrence est le résultat le plus important du chapitre. Elle permet de relier \(W_n\) à \(W_{n-2}\) et conduit à toutes les formules explicites. Sa démonstration par IPP est exigible à l’oral et à l’écrit des concours.

A. Énoncé

Théorème — Relation de récurrence de Wallis ⋆

Pour tout entier \(n \geq 2\) :

\(\displaystyle n \, W_n = (n-1) \, W_{n-2}\)

soit, de manière équivalente :

\(\displaystyle W_n = \displaystyle\frac{n-1}{n} \, W_{n-2}\)

B. Démonstration détaillée

Démonstration. Soit \(n \geq 2\). On écrit \(\sin^n(t) = \sin^{n-1}(t) \cdot \sin(t)\) et on applique une intégration par parties en posant :

Choix des fonctions pour l'IPP
Fonction Expression
\(u(t)\) à dériver \(\sin^{n-1}(t)\)
\(v^\prime(t)\) à intégrer \(\sin(t)\)
\(u^\prime(t)\) \((n-1)\sin^{n-2}(t)\cos(t)\)
\(v(t)\) \(-\cos(t)\)

La formule d’intégration par parties donne :

\(\displaystyle W_n = \Big[\sin^{n-1}(t) \cdot (-\cos(t))\Big]_0^{\pi/2} + \int_0^{\pi/2} (n-1)\sin^{n-2}(t)\cos(t) \cdot \cos(t) \, dt\)

Calcul du crochet :

  • En \(t = \displaystyle\frac{\pi}{2}\) : \(\sin^{n-1}\!\left(\displaystyle\frac{\pi}{2}\right) \cdot \left(-\cos\!\left(\displaystyle\frac{\pi}{2}\right)\right) = 1 \times 0 = 0\)
  • En \(t = 0\) : \(\sin^{n-1}(0) \cdot (-\cos(0)) = 0 \times (-1) = 0\)

Le crochet est nul. Il reste :

\(\displaystyle W_n = (n-1) \int_0^{\pi/2} \sin^{n-2}(t) \cos^2(t) \, dt\)

On utilise l’identité fondamentale \(\cos^2(t) = 1 – \sin^2(t)\) :

\(\displaystyle W_n = (n-1) \int_0^{\pi/2} \sin^{n-2}(t) \left(1 – \sin^2(t)\right) dt = (n-1) \left(\int_0^{\pi/2} \sin^{n-2}(t) \, dt – \int_0^{\pi/2} \sin^n(t) \, dt\right)\)

On reconnaît \(W_{n-2}\) et \(W_n\) :

\(\displaystyle W_n = (n-1)(W_{n-2} – W_n) = (n-1) W_{n-2} – (n-1) W_n\)

En regroupant les termes en \(W_n\) :

\(\displaystyle W_n + (n-1) W_n = (n-1) W_{n-2} \quad \Longrightarrow \quad n \, W_n = (n-1) \, W_{n-2}\)

Ce qui donne bien \(W_n = \displaystyle\frac{n-1}{n} \, W_{n-2}\) pour tout \(n \geq 2\). □

Piège classique. Ne pas confondre la relation \(n W_n = (n-1) W_{n-2}\) avec \((n+2) W_{n+2} = (n+1) W_n\). Les deux sont équivalentes (décalage d’indice), mais lors d’un calcul d’itération, veille à utiliser la bonne forme pour descendre ou monter les indices.

C. Formules explicites (indices pairs et impairs)

En itérant la relation de récurrence depuis \(W_0\) ou \(W_1\), on obtient des formules closes pour \(W_n\). Les indices pairs et impairs se traitent séparément car la récurrence relie \(W_n\) à \(W_{n-2}\), avec deux suites extraites indépendantes.

Cas pair : \(n = 2p\) avec \(p \geq 1\)

\(\displaystyle W_{2p} = \displaystyle\frac{2p-1}{2p} \cdot \displaystyle\frac{2p-3}{2p-2} \cdots \displaystyle\frac{3}{4} \cdot \displaystyle\frac{1}{2} \cdot W_0 = \prod_{k=1}^{p} \displaystyle\frac{2k-1}{2k} \cdot \displaystyle\frac{\pi}{2}\)

En utilisant les notations factorielles :

Formule explicite — Indice pair

\(\displaystyle W_{2p} = \displaystyle\frac{(2p)!}{4^p \, (p!)^2} \cdot \displaystyle\frac{\pi}{2} = {2p \choose p} \cdot \displaystyle\frac{\pi}{2^{2p+1}}\)

où \({2p \choose p} = \displaystyle\frac{(2p)!}{(p!)^2}\) est le coefficient binomial central.

Cas impair : \(n = 2p+1\) avec \(p \geq 1\)

\(\displaystyle W_{2p+1} = \displaystyle\frac{2p}{2p+1} \cdot \displaystyle\frac{2p-2}{2p-1} \cdots \displaystyle\frac{4}{5} \cdot \displaystyle\frac{2}{3} \cdot W_1 = \prod_{k=1}^{p} \displaystyle\frac{2k}{2k+1}\)

Formule explicite — Indice impair

\(\displaystyle W_{2p+1} = \displaystyle\frac{4^p \, (p!)^2}{(2p+1)!}\)

Exemple — Calcul de \(W_4\) et \(W_5\).

\(\displaystyle W_4 = \displaystyle\frac{3}{4} \, W_2 = \displaystyle\frac{3}{4} \cdot \displaystyle\frac{\pi}{4} = \displaystyle\frac{3\pi}{16}\)

Vérification : avec la formule, \(W_4 = \displaystyle\frac{4!}{4^2 \cdot (2!)^2} \cdot \displaystyle\frac{\pi}{2} = \displaystyle\frac{24}{64} \cdot \displaystyle\frac{\pi}{2} = \displaystyle\frac{3}{8} \cdot \displaystyle\frac{\pi}{2} = \displaystyle\frac{3\pi}{16}\) ✓

\(\displaystyle W_5 = \displaystyle\frac{4}{5} \, W_3 = \displaystyle\frac{4}{5} \cdot \displaystyle\frac{2}{3} = \displaystyle\frac{8}{15}\)

Vérification : \(W_5 = \displaystyle\frac{4^2 \cdot (2!)^2}{5!} = \displaystyle\frac{64}{120} = \displaystyle\frac{8}{15}\) ✓

Remarque cruciale. Observe que \(W_{2p}\) contient le facteur \(\displaystyle\frac{\pi}{2}\) et \(W_{2p+1}\) est rationnel. C’est une conséquence directe des conditions initiales : \(W_0 = \displaystyle\frac{\pi}{2}\) (irrationnel) et \(W_1 = 1\) (rationnel). Ne jamais confondre les deux cas.

Les formules explicites sont utiles pour les calculs ponctuels, mais l’information la plus puissante sur la suite \((W_n)\) est son comportement asymptotique, que nous allons établir maintenant.

III. Équivalent asymptotique et formule produit de Wallis

Cette section contient les deux résultats les plus profonds sur les intégrales de Wallis : l’équivalent \(W_n \sim \sqrt{\displaystyle\frac{\pi}{2n}}\) et la formule produit donnant \(\displaystyle\frac{\pi}{2}\) comme produit infini. Les démonstrations sont exigibles aux concours.

A. Le produit \(W_n W_{n+1}\) et le rapport \(\displaystyle\frac{W_{n+1}}{W_n}\)

L’idée centrale est de calculer le produit \(W_n W_{n+1}\) par télescopage, puis de montrer que le rapport \(\displaystyle\frac{W_{n+1}}{W_n}\) tend vers 1.

Proposition — Produit de deux intégrales de Wallis consécutives

Pour tout \(n \in \mathbb{N}\) :

\(\displaystyle W_n \, W_{n+1} = \displaystyle\frac{\pi}{2(n+1)}\)

Démonstration. Posons \(P_n = W_n \, W_{n+1}\). D’après la relation de récurrence appliquée à \(W_{n+2}\) :

\(\displaystyle W_{n+2} = \displaystyle\frac{n+1}{n+2} \, W_n\)

Donc :

\(\displaystyle P_{n+1} = W_{n+1} \, W_{n+2} = W_{n+1} \cdot \displaystyle\frac{n+1}{n+2} \, W_n = \displaystyle\frac{n+1}{n+2} \, P_n\)

Par télescopage :

\(\displaystyle P_n = P_0 \cdot \prod_{k=0}^{n-1} \displaystyle\frac{k+1}{k+2} = P_0 \cdot \displaystyle\frac{1}{2} \cdot \displaystyle\frac{2}{3} \cdots \displaystyle\frac{n}{n+1} = \displaystyle\frac{P_0}{n+1}\)

Or \(P_0 = W_0 \, W_1 = \displaystyle\frac{\pi}{2} \cdot 1 = \displaystyle\frac{\pi}{2}\). Ainsi :

\(\displaystyle W_n \, W_{n+1} = \displaystyle\frac{\pi}{2(n+1)}\) □

Passons maintenant au rapport \(\displaystyle\frac{W_{n+1}}{W_n}\) :

Lemme — Équivalence des termes consécutifs

\(\displaystyle \displaystyle\frac{W_{n+1}}{W_n} \underset{n \to +\infty}{\longrightarrow} 1 \qquad \text{autrement dit : } W_{n+1} \underset{n \to +\infty}{\sim} W_n\)

Démonstration. La suite \((W_n)\) est strictement décroissante, donc pour tout \(n \geq 1\) :

\(\displaystyle W_{n+1} \leq W_n \leq W_{n-1}\)

En divisant par \(W_{n+1}\) > \(0\) :

\(\displaystyle 1 \leq \displaystyle\frac{W_n}{W_{n+1}} \leq \displaystyle\frac{W_{n-1}}{W_{n+1}}\)

Or, d’après la récurrence appliquée à \(W_{n+1}\) : \((n+1) W_{n+1} = n \, W_{n-1}\), soit \(\displaystyle\frac{W_{n-1}}{W_{n+1}} = \displaystyle\frac{n+1}{n}\).

On obtient l’encadrement :

\(\displaystyle 1 \leq \displaystyle\frac{W_n}{W_{n+1}} \leq \displaystyle\frac{n+1}{n}\)

Par le théorème des gendarmes, \(\displaystyle\frac{W_n}{W_{n+1}} \to 1\), et donc \(\displaystyle\frac{W_{n+1}}{W_n} \to 1\). □

B. Équivalent de \(W_n\)

Théorème — Équivalent asymptotique des intégrales de Wallis ⋆

\(\displaystyle W_n \underset{n \to +\infty}{\sim} \sqrt{\displaystyle\frac{\pi}{2n}}\)

Démonstration. D’après le lemme précédent, \(W_{n+1} \sim W_n\), donc :

\(\displaystyle W_n \, W_{n+1} \sim W_n^2\)

Or on a montré que \(W_n \, W_{n+1} = \displaystyle\frac{\pi}{2(n+1)} \sim \displaystyle\frac{\pi}{2n}\).

Par transitivité de l’équivalence :

\(\displaystyle W_n^2 \sim \displaystyle\frac{\pi}{2n}\)

Comme \(W_n\) > \(0\), on en déduit :

\(\displaystyle W_n \sim \sqrt{\displaystyle\frac{\pi}{2n}}\) □

Astuce de mémorisation. L’équivalent « contient » \(\pi\) — ce qui est naturel puisque \(W_0 = \displaystyle\frac{\pi}{2}\). Retiens que \(W_n\) décroît comme \(\displaystyle\frac{1}{\sqrt{n}}\), avec le coefficient \(\sqrt{\displaystyle\frac{\pi}{2}}\) devant.

C. Formule produit de Wallis

L’équivalent conduit naturellement à l’un des résultats les plus élégants de l’analyse : une expression de \(\displaystyle\frac{\pi}{2}\) comme produit infini.

Théorème — Formule produit de Wallis ⋆

\(\displaystyle \displaystyle\frac{\pi}{2} = \prod_{k=1}^{+\infty} \displaystyle\frac{4k^2}{4k^2 – 1} = \prod_{k=1}^{+\infty} \displaystyle\frac{(2k)(2k)}{(2k-1)(2k+1)}\)

soit, sous forme développée :

\(\displaystyle \displaystyle\frac{\pi}{2} = \displaystyle\frac{2 \cdot 2}{1 \cdot 3} \cdot \displaystyle\frac{4 \cdot 4}{3 \cdot 5} \cdot \displaystyle\frac{6 \cdot 6}{5 \cdot 7} \cdot \displaystyle\frac{8 \cdot 8}{7 \cdot 9} \cdots\)

Démonstration. On part du rapport \(\displaystyle\frac{W_{2p}}{W_{2p+1}}\) et on utilise les formules explicites :

\(\displaystyle \displaystyle\frac{W_{2p}}{W_{2p+1}} = \displaystyle\frac{\displaystyle\prod_{k=1}^{p} \displaystyle\frac{2k-1}{2k} \cdot \displaystyle\frac{\pi}{2}}{\displaystyle\prod_{k=1}^{p} \displaystyle\frac{2k}{2k+1}} = \displaystyle\frac{\pi}{2} \cdot \prod_{k=1}^{p} \displaystyle\frac{(2k-1)(2k+1)}{(2k)^2} = \displaystyle\frac{\pi}{2} \cdot \prod_{k=1}^{p} \displaystyle\frac{4k^2-1}{4k^2}\)

Or, d’après le lemme : \(\displaystyle\frac{W_{2p}}{W_{2p+1}} \to 1\) quand \(p \to +\infty\).

Donc :

\(\displaystyle 1 = \displaystyle\frac{\pi}{2} \cdot \prod_{k=1}^{+\infty} \displaystyle\frac{4k^2-1}{4k^2}\)

soit :

\(\displaystyle \displaystyle\frac{\pi}{2} = \displaystyle\frac{1}{\displaystyle\prod_{k=1}^{+\infty} \displaystyle\frac{4k^2-1}{4k^2}} = \prod_{k=1}^{+\infty} \displaystyle\frac{4k^2}{4k^2-1}\) □

Perspective — Lien avec la formule de Stirling. L’équivalent \(W_n \sim \sqrt{\displaystyle\frac{\pi}{2n}}\), combiné aux formules explicites de \(W_{2p}\), permet de démontrer la formule de Stirling :

\(\displaystyle n! \underset{n \to +\infty}{\sim} \sqrt{2\pi n} \left(\displaystyle\frac{n}{e}\right)^n\)

L’idée est d’injecter l’équivalent dans \(W_{2p} = \displaystyle\frac{(2p)!}{4^p(p!)^2} \cdot \displaystyle\frac{\pi}{2} \sim \sqrt{\displaystyle\frac{\pi}{4p}}\) pour en extraire un équivalent de \((2p)!\), puis de \(n!\). C’est un classique des développements d’agrégation et un exercice de synthèse des concours (X, ENS). On retrouve ce type de raisonnement dans l’étude des intégrales généralisées.

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IV. Tableau récapitulatif des résultats

Voici un résumé de tous les résultats essentiels à connaître sur les intégrales de Wallis. Ce tableau peut servir de fiche de révision rapide pour les concours.

Résultats fondamentaux sur les intégrales de Wallis
Résultat Formule Conditions
Définition \(\displaystyle W_n = \int_0^{\pi/2} \sin^n(t) \, dt = \int_0^{\pi/2} \cos^n(t) \, dt\) \(n \in \mathbb{N}\)
Valeurs initiales \(\displaystyle W_0 = \displaystyle\frac{\pi}{2}, \quad W_1 = 1, \quad W_2 = \displaystyle\frac{\pi}{4}\)
Récurrence ⋆ \(\displaystyle n \, W_n = (n-1) \, W_{n-2}\) \(n \geq 2\)
Monotonie \((W_n)\) strictement décroissante, \(W_n\) > \(0\), \(W_n \to 0\)
Formule — indice pair \(\displaystyle W_{2p} = \displaystyle\frac{(2p)!}{4^p(p!)^2} \cdot \displaystyle\frac{\pi}{2}\) \(p \geq 0\)
Formule — indice impair \(\displaystyle W_{2p+1} = \displaystyle\frac{4^p(p!)^2}{(2p+1)!}\) \(p \geq 0\)
Produit consécutif \(\displaystyle W_n \, W_{n+1} = \displaystyle\frac{\pi}{2(n+1)}\) \(n \in \mathbb{N}\)
Rapport \(\displaystyle \displaystyle\frac{W_{n+1}}{W_n} \to 1\)
Équivalent ⋆ \(\displaystyle W_n \sim \sqrt{\displaystyle\frac{\pi}{2n}}\)
Formule produit ⋆ \(\displaystyle \displaystyle\frac{\pi}{2} = \prod_{k=1}^{+\infty} \displaystyle\frac{4k^2}{4k^2-1}\)

Le symbole ⋆ signale les résultats dont la démonstration est exigible aux concours (oral et écrit).

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V. Exercices corrigés

Voici six exercices classiques sur les intégrales de Wallis, classés par difficulté croissante. Essaie de résoudre chaque exercice avant de consulter la correction. Pour davantage d’entraînement, consulte nos exercices corrigés sur les primitives et intégrales.

Exercice 1 (★★) — Calculs directs

Calculer \(W_4\), \(W_5\) et \(W_6\) par la relation de récurrence.

▶ Voir la correction

On utilise \(W_n = \displaystyle\frac{n-1}{n} \, W_{n-2}\) :

\(\displaystyle W_4 = \displaystyle\frac{3}{4} \, W_2 = \displaystyle\frac{3}{4} \cdot \displaystyle\frac{\pi}{4} = \displaystyle\frac{3\pi}{16}\)

\(\displaystyle W_5 = \displaystyle\frac{4}{5} \, W_3 = \displaystyle\frac{4}{5} \cdot \displaystyle\frac{2}{3} = \displaystyle\frac{8}{15}\)

\(\displaystyle W_6 = \displaystyle\frac{5}{6} \, W_4 = \displaystyle\frac{5}{6} \cdot \displaystyle\frac{3\pi}{16} = \displaystyle\frac{15\pi}{96} = \displaystyle\frac{5\pi}{32}\)

Vérification : \(W_6\) contient \(\pi\) (indice pair) et \(W_5\) est rationnel (indice impair). ✓


Exercice 2 (★★★) — Intégrale sur \([0 ; \pi]\)

Montrer que pour tout \(n \in \mathbb{N}\) : \(\displaystyle \int_0^{\pi} \sin^n(t) \, dt = 2 \, W_n\).

▶ Voir la correction

On découpe l’intégrale :

\(\displaystyle \int_0^{\pi} \sin^n(t) \, dt = \int_0^{\pi/2} \sin^n(t) \, dt + \int_{\pi/2}^{\pi} \sin^n(t) \, dt = W_n + J\)

Dans la seconde intégrale, on pose \(u = \pi – t\), soit \(du = -dt\), \(\sin(\pi – u) = \sin(u)\).

Quand \(t = \displaystyle\frac{\pi}{2}\) : \(u = \displaystyle\frac{\pi}{2}\). Quand \(t = \pi\) : \(u = 0\).

\(\displaystyle J = \int_{\pi/2}^{0} \sin^n(u)(-du) = \int_0^{\pi/2} \sin^n(u) \, du = W_n\)

Conclusion : \(\displaystyle \int_0^{\pi} \sin^n(t) \, dt = W_n + W_n = 2 \, W_n\). □


Exercice 3 (★★★) — Intégrale mixte

Calculer \(\displaystyle I = \int_0^{\pi/2} \sin^4(t) \cos^2(t) \, dt\).

▶ Voir la correction

On utilise \(\cos^2(t) = 1 – \sin^2(t)\) pour se ramener aux intégrales de Wallis :

\(\displaystyle I = \int_0^{\pi/2} \sin^4(t)(1 – \sin^2(t)) \, dt = \int_0^{\pi/2} \sin^4(t) \, dt – \int_0^{\pi/2} \sin^6(t) \, dt = W_4 – W_6\)

On a calculé \(W_4 = \displaystyle\frac{3\pi}{16}\) et \(W_6 = \displaystyle\frac{5\pi}{32}\).

\(\displaystyle I = \displaystyle\frac{3\pi}{16} – \displaystyle\frac{5\pi}{32} = \displaystyle\frac{6\pi}{32} – \displaystyle\frac{5\pi}{32} = \displaystyle\frac{\pi}{32}\)

Remarque : on peut aussi utiliser la relation de récurrence sous la forme \(W_n – W_{n+2} = \displaystyle\frac{W_n}{n+2}\), obtenue par \(W_{n+2} = \displaystyle\frac{n+1}{n+2} \, W_n\).

En effet : \(W_4 – W_6 = W_4\left(1 – \displaystyle\frac{5}{6}\right) = \displaystyle\frac{W_4}{6} = \displaystyle\frac{3\pi}{96} = \displaystyle\frac{\pi}{32}\). ✓


Exercice 4 (★★★★) — Changement de variable et équivalent

Soit \(\displaystyle I_n = \int_0^{1} x^n \sqrt{1-x^2} \, dx\).

  1. Exprimer \(I_n\) en fonction de \(W_n\).
  2. En déduire un équivalent de \(I_n\) quand \(n \to +\infty\).
▶ Voir la correction

1. On pose \(x = \sin(\theta)\), soit \(dx = \cos(\theta) \, d\theta\), et \(\sqrt{1 – x^2} = \cos(\theta)\).

Quand \(x = 0\) : \(\theta = 0\). Quand \(x = 1\) : \(\theta = \displaystyle\frac{\pi}{2}\). Ce changement de variable donne :

\(\displaystyle I_n = \int_0^{\pi/2} \sin^n(\theta) \cdot \cos(\theta) \cdot \cos(\theta) \, d\theta = \int_0^{\pi/2} \sin^n(\theta) \cos^2(\theta) \, d\theta\)

On reconnaît la décomposition vue dans l’exercice précédent :

\(\displaystyle I_n = \int_0^{\pi/2} \sin^n(\theta)(1 – \sin^2(\theta)) \, d\theta = W_n – W_{n+2} = \displaystyle\frac{W_n}{n+2}\)

(en utilisant \(W_{n+2} = \displaystyle\frac{n+1}{n+2} \, W_n\)).

2. D’après l’équivalent de Wallis :

\(\displaystyle I_n = \displaystyle\frac{W_n}{n+2} \sim \displaystyle\frac{1}{n} \cdot \sqrt{\displaystyle\frac{\pi}{2n}} = \sqrt{\displaystyle\frac{\pi}{2}} \cdot \displaystyle\frac{1}{n^{3/2}}\)

Ainsi : \(\displaystyle I_n \underset{n \to +\infty}{\sim} \sqrt{\displaystyle\frac{\pi}{2}} \cdot n^{-3/2}\).


Exercice 5 (★★★★, I — Incontournable) — Limite classique

Démontrer que \(\displaystyle n \, W_n^2 \underset{n \to +\infty}{\longrightarrow} \displaystyle\frac{\pi}{2}\).

▶ Voir la correction

On écrit :

\(\displaystyle n \, W_n^2 = n \, W_n \cdot W_n = n \, W_n \, W_{n+1} \cdot \displaystyle\frac{W_n}{W_{n+1}}\)

Or :

  • \(\displaystyle W_n \, W_{n+1} = \displaystyle\frac{\pi}{2(n+1)}\), donc \(\displaystyle n \, W_n \, W_{n+1} = \displaystyle\frac{n\pi}{2(n+1)} \to \displaystyle\frac{\pi}{2}\)
  • \(\displaystyle \displaystyle\frac{W_n}{W_{n+1}} \to 1\) (lemme établi en III.A)

Par produit de limites :

\(\displaystyle n \, W_n^2 = \displaystyle\frac{n\pi}{2(n+1)} \cdot \displaystyle\frac{W_n}{W_{n+1}} \underset{n \to +\infty}{\longrightarrow} \displaystyle\frac{\pi}{2} \times 1 = \displaystyle\frac{\pi}{2}\) □

Remarque : ce résultat est équivalent à l’équivalent \(W_n \sim \sqrt{\displaystyle\frac{\pi}{2n}}\), mais la formulation « montrer que \(n W_n^2 \to \displaystyle\frac{\pi}{2}\) » est un énoncé fréquent de DS et de concours.


Exercice 6 (★★★★★) — Suite liée aux intégrales de Wallis

On pose, pour \(n \geq 1\) : \(\displaystyle u_n = \displaystyle\frac{1}{\sqrt{n}} \cdot \displaystyle\frac{(2n)!!}{(2n-1)!!}\), où \((2n)!! = 2 \cdot 4 \cdot 6 \cdots (2n) = 2^n \, n!\) et \((2n-1)!! = 1 \cdot 3 \cdot 5 \cdots (2n-1) = \displaystyle\frac{(2n)!}{2^n \, n!}\).

Montrer que la suite \((u_n)\) converge et déterminer sa limite.

▶ Voir la correction

On exprime \(u_n\) à l’aide des intégrales de Wallis. D’après la formule explicite :

\(\displaystyle W_{2n} = \displaystyle\frac{(2n-1)!!}{(2n)!!} \cdot \displaystyle\frac{\pi}{2}\)

Donc \(\displaystyle \displaystyle\frac{(2n)!!}{(2n-1)!!} = \displaystyle\frac{\pi}{2 \, W_{2n}}\), et :

\(\displaystyle u_n = \displaystyle\frac{1}{\sqrt{n}} \cdot \displaystyle\frac{\pi}{2 \, W_{2n}}\)

Or, d’après l’équivalent de Wallis appliqué à \(W_{2n}\) :

\(\displaystyle W_{2n} \sim \sqrt{\displaystyle\frac{\pi}{4n}} = \displaystyle\frac{\sqrt{\pi}}{2\sqrt{n}}\)

D’où :

\(\displaystyle u_n \sim \displaystyle\frac{1}{\sqrt{n}} \cdot \displaystyle\frac{\pi}{2 \cdot \displaystyle\frac{\sqrt{\pi}}{2\sqrt{n}}} = \displaystyle\frac{1}{\sqrt{n}} \cdot \displaystyle\frac{\pi \sqrt{n}}{\sqrt{\pi}} = \displaystyle\frac{\pi}{\sqrt{\pi}} = \sqrt{\pi}\)

Conclusion : \(\displaystyle u_n \underset{n \to +\infty}{\longrightarrow} \sqrt{\pi}\).

VI. Rédaction concours et erreurs fréquentes

Savoir démontrer un résultat est une chose ; le rédiger de manière à obtenir tous les points en est une autre. Voici les attentes des correcteurs et les pièges les plus fréquents.

A. Ce que le correcteur attend

Les intégrales de Wallis apparaissent dans de nombreux sujets (X, Mines-Ponts, Centrale, CCINP, EDHEC/EM). Voici les points de rédaction sur lesquels les correcteurs sont vigilants :

1. La démonstration de la récurrence par IPP.

Le correcteur attend :

  • L’identification explicite de \(u\) et \(v^\prime(t)\) (ne pas écrire « on fait une IPP » sans détailler).
  • Le calcul du crochet \([uv]_0^{\pi/2}\) avec vérification que les deux bornes donnent 0.
  • L’utilisation de \(\cos^2 = 1 – \sin^2\) pour faire apparaître \(W_{n-2}\) et \(W_n\).
  • La conclusion encadrée : \(nW_n = (n-1)W_{n-2}\).

Modèle de rédaction concours — Récurrence par IPP

Soit \(n \geq 2\). On effectue une intégration par parties en posant :

\(u(t) = \sin^{n-1}(t), \quad v^\prime(t) = \sin(t)\)

d’où \(u^\prime(t) = (n-1)\sin^{n-2}(t)\cos(t)\) et \(v(t) = -\cos(t)\).

On obtient :

\(\displaystyle W_n = \underbrace{\Big[-\sin^{n-1}(t)\cos(t)\Big]_0^{\pi/2}}_{= \, 0} + (n-1)\int_0^{\pi/2} \sin^{n-2}(t)\cos^2(t) \, dt\)

Le crochet est nul car \(\cos(\pi/2) = 0\) et \(\sin(0) = 0\). En utilisant \(\cos^2(t) = 1 – \sin^2(t)\) :

\(\displaystyle W_n = (n-1)(W_{n-2} – W_n)\)

D’où : \(\displaystyle n \, W_n = (n-1) \, W_{n-2}\)

2. L’encadrement pour le rapport \(W_{n+1}/W_n\).

Le correcteur attend que tu justifies l’encadrement \(1 \leq \displaystyle\frac{W_n}{W_{n+1}} \leq \displaystyle\frac{n+1}{n}\) en citant explicitement la monotonie et la récurrence, puis que tu conclues par le théorème des gendarmes (nommé).

3. L’équivalent.

L’argument « \(W_{n+1} \sim W_n\) donc \(W_n W_{n+1} \sim W_n^2\) » doit être justifié. En concours, il suffit d’écrire : « Comme \(W_{n+1}/W_n \to 1\) et \(W_n \to 0\), on a \(W_{n+1} = W_n \cdot (W_{n+1}/W_n) \sim W_n\), donc \(W_n W_{n+1} \sim W_n^2\). »

B. Erreurs classiques à éviter

Erreur 1 — Oublier le facteur \(\pi\) dans \(W_{2p}\).

Copie fautive : « \(W_6 = \displaystyle\frac{5}{32}\) »

Diagnostic : L’élève a oublié que \(W_{2p}\) contient le facteur \(\displaystyle\frac{\pi}{2}\) issu de \(W_0\).

Correction : \(W_6 = \displaystyle\frac{5\pi}{32}\). Règle : les intégrales de Wallis d’indice pair contiennent toujours \(\pi\), celles d’indice impair sont rationnelles.

Erreur 2 — Confondre le sens de la récurrence.

Copie fautive : « \(W_n = \displaystyle\frac{n}{n-1} \, W_{n-2}\) »

Diagnostic : Inversion du numérateur et du dénominateur. Avec cette formule, \((W_n)\) serait croissante, ce qui contredit la propriété établie.

Correction : \(W_n = \displaystyle\frac{n-1}{n} \, W_{n-2}\). Contrôle : le coefficient \(\displaystyle\frac{n-1}{n}\) est strictement inférieur à 1, donc \(W_n\) < \(W_{n-2}\), ce qui est cohérent avec la décroissance.

Erreur 3 — Parenthèses manquantes dans l’équivalent.

Copie fautive : « \(W_n \sim \sqrt{\pi/2n}\) » (ambiguïté : \(\displaystyle\frac{\pi}{2n}\) ou \(\displaystyle\frac{\pi}{2} \cdot n\) ?)

Correction : Toujours écrire \(W_n \sim \sqrt{\displaystyle\frac{\pi}{2n}}\) avec la fraction explicite. En rédaction manuscrite, utilise une barre de fraction longue pour lever l’ambiguïté.

Erreur 4 — Ne pas justifier \(W_{n+1} \sim W_n\) dans la preuve de l’équivalent.

Copie fautive : « Comme \(W_n W_{n+1} = \displaystyle\frac{\pi}{2(n+1)}\) et \(W_{n+1} \approx W_n\), on a \(W_n^2 \approx \displaystyle\frac{\pi}{2n}\). »

Diagnostic : le « \(\approx\) » n’est pas une justification mathématique. Le correcteur attend la preuve de \(W_{n+1}/W_n \to 1\) (encadrement + gendarmes), ou au minimum la citation de ce résultat s’il a été démontré avant.

Correction : « D’après le lemme (résultat III.A), \(W_{n+1}/W_n \to 1\), donc \(W_{n+1} \sim W_n\). Par suite, \(W_n W_{n+1} \sim W_n^2\). »

VII. Questions fréquentes


Quelle est la différence entre les intégrales de Wallis et l'intégrale de Gauss ?

Les intégrales de Wallis forment une suite \((W_n)_{n \in \mathbb{N}}\) d’intégrales sur un segment \([0 ; \pi/2]\), calculées par récurrence grâce à une IPP. L’intégrale de Gauss est une intégrale unique \(\displaystyle\int_0^{+\infty} e^{-t^2} dt = \displaystyle\frac{\sqrt{\pi}}{2}\), qui est une intégrale généralisée calculée par un passage en coordonnées polaires. Leur point commun : les deux font intervenir \(\sqrt{\pi}\) dans leur résultat, et les intégrales de Wallis servent parfois à calculer l’intégrale de Gauss (via la formule de Stirling ou des identités de la fonction Gamma).

Les intégrales de Wallis sont-elles au programme de CPGE ?

Oui. Les intégrales de Wallis relèvent du chapitre Intégration du programme de MPSI/PCSI et sont un exercice/développement classique exigible. La relation de récurrence par IPP, l’équivalent \(W_n \sim \sqrt{\pi/(2n)}\) et la formule produit de Wallis sont des résultats que tout étudiant de Maths Sup et Maths Spé doit maîtriser. Ils apparaissent régulièrement dans les sujets de concours (X, Mines-Ponts, Centrale, CCINP).

Comment retenir la relation de récurrence nWn = (n-1)Wn-2 ?

Deux astuces. 1) Le coefficient \((n-1)/n\) est inférieur à 1 : la suite décroît, donc \(W_n\) < \(W_{n-2}\). Si tu trouves un coefficient supérieur à 1, tu t’es trompé. 2) Vérifie sur un cas concret : \(2 \, W_2 = 1 \cdot W_0\), soit \(2 \cdot \pi/4 = \pi/2\) ✓. Ce réflexe de vérification numérique évite les erreurs d’inversion.

Pourquoi a-t-on l'égalité entre l'intégrale de sin^n et celle de cos^n ?

L’égalité \(\int_0^{\pi/2} \sin^n(t) \, dt = \int_0^{\pi/2} \cos^n(t) \, dt\) provient du changement de variable \(u = \pi/2 – t\), qui transforme \(\sin\) en \(\cos\) tout en conservant l’intervalle d’intégration \([0 ; \pi/2]\). C’est une conséquence de la symétrie du graphe de \(\sin\) par rapport à \(t = \pi/4\) sur cet intervalle.

Quel est le lien entre les intégrales de Wallis et la formule de Stirling ?

L’équivalent \(W_n \sim \sqrt{\pi/(2n)}\), injecté dans la formule explicite \(W_{2p} = \displaystyle\frac{(2p)!}{4^p(p!)^2} \cdot \displaystyle\frac{\pi}{2}\), permet d’extraire un équivalent de \((2p)!\), puis de \(n!\). On obtient alors la formule de Stirling : \(n! \sim \sqrt{2\pi n} \, (n/e)^n\). C’est un développement classique d’agrégation et un exercice de synthèse aux concours X et ENS.


VIII. Pour aller plus loin

Tu maîtrises maintenant les intégrales de Wallis et leurs résultats fondamentaux. Pour prolonger cette étude, voici les pistes les plus naturelles :

  • Intégration par parties : la technique d’IPP utilisée dans la récurrence de Wallis est un outil omniprésent en analyse. Retrouve la méthode complète et d’autres exemples résolus sur notre page intégration par parties.
  • Intégrale de Gauss : autre intégrale classique faisant intervenir \(\sqrt{\pi}\), calculée par un passage en polaires. Voir le cours sur l’intégrale de Gauss.
  • Intégrales généralisées : la convergence des intégrales sur des intervalles non bornés ou de fonctions non bornées, avec des critères et des exemples fondamentaux. Consulte le cours sur les intégrales généralisées.
  • Formule de Taylor avec reste intégral : un outil qui utilise aussi l’IPP itérée, avec des applications en développements limités et en approximations. Voir la formule de Taylor avec reste intégral.
  • Suites récurrentes et équivalents : la suite \((W_n)\) est un modèle d’étude de suite définie par une relation de récurrence d’ordre 2. Les techniques d’équivalents et d’encadrements se généralisent à d’autres suites numériques.
  • Fonction Bêta et fonction Gamma : les intégrales de Wallis sont un cas particulier de la fonction Bêta : \(W_n = \displaystyle\frac{1}{2} \, B\!\left(\displaystyle\frac{n+1}{2}, \displaystyle\frac{1}{2}\right)\). Ce lien avec les fonctions spéciales dépasse le programme de CPGE mais enrichit considérablement la compréhension du sujet (programme de L3/M1).

Pour t’entraîner davantage, retrouve nos exercices corrigés sur les primitives et intégrales, avec des problèmes de niveau Terminale à concours.

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