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Note : cette page traite la formule d’Euler pour les nombres complexes (\(e^{i\theta} = \cos\theta + i\sin\theta\)). Pour la relation d’Euler en géométrie des polyèdres (\(V – A + F = 2\)), consulte Wikipédia.
La formule d’Euler relie l’exponentielle complexe aux fonctions trigonométriques : c’est l’un des résultats les plus puissants du chapitre sur les nombres complexes. Au programme de Terminale Maths Expertes et omniprésente en prépa, elle transforme les calculs trigonométriques en simples manipulations algébriques. Tu vas découvrir ici la formule, ses démonstrations, ses grandes applications (Moivre, angle moitié, linéarisation) et 6 exercices corrigés pas à pas. Conforme au programme 2025-2026.
I. Énoncé de la formule d’Euler
A. La formule fondamentale
Formule d’Euler
Pour tout réel \(\theta\) :
\(e^{i\theta} = \cos\theta + i\sin\theta\)
Cette formule établit un lien entre l’exponentielle complexe et les fonctions trigonométriques \(\cos\) et \(\sin\). Elle signifie que le nombre complexe \(e^{i\theta}\) a pour partie réelle \(\cos\theta\) et pour partie imaginaire \(\sin\theta\).
Interprétation géométrique. Dans le plan complexe, \(e^{i\theta}\) est le point du cercle trigonométrique (cercle de rayon 1 centré à l’origine) repéré par l’angle \(\theta\). Son module vaut \(|e^{i\theta}| = 1\) et son argument vaut \(\theta\).
La formule d’Euler fournit ainsi l’écriture la plus compacte de la forme exponentielle d’un nombre complexe de module 1. Tout nombre complexe \(z\) non nul s’écrit alors \(z = |z|\,e^{i\theta}\) où \(\theta = \arg(z)\).
B. Formules d’Euler pour cos θ et sin θ
En écrivant la formule d’Euler pour \(\theta\) et \(-\theta\), on obtient le couple :
\(e^{i\theta} = \cos\theta + i\sin\theta\)
\(e^{-i\theta} = \cos\theta – i\sin\theta\)
(La seconde égalité découle de la parité de \(\cos\) et de l’imparité de \(\sin\), ou bien du fait que \(e^{-i\theta}\) est le conjugué de \(e^{i\theta}\).)
En additionnant, puis en soustrayant ces deux égalités, on isole \(\cos\theta\) et \(\sin\theta\) :
Formules d’Euler pour cos θ et sin θ
\(\cos\theta = \displaystyle\frac{e^{i\theta} + e^{-i\theta}}{2}\)
\(\sin\theta = \displaystyle\frac{e^{i\theta} – e^{-i\theta}}{2i}\)
Ces deux formules sont les outils clés de la linéarisation (voir la section V). Elles permettent de transformer \(\cos^n\theta\) ou \(\sin^n\theta\) en combinaisons linéaires de \(\cos(k\theta)\) et \(\sin(k\theta)\).
Piège classique : confondre les deux formules. Dans celle de \(\sin\theta\), le dénominateur est \(2i\) (pas \(2\)). Un moyen mnémotechnique : le « i » de sinus va avec le « i » du dénominateur.
C. L’identité d’Euler : la plus belle formule des mathématiques
En posant \(\theta = \pi\) dans la formule d’Euler :
\(e^{i\pi} = \cos\pi + i\sin\pi = -1\)
On obtient l’identité d’Euler :
Identité d’Euler
\(e^{i\pi} + 1 = 0\)
Cette identité réunit en une seule égalité les cinq constantes fondamentales des mathématiques — \(0\), \(1\), \(e\), \(i\) et \(\pi\) — avec les trois opérations élémentaires (addition, multiplication, exponentiation). Le physicien Richard Feynman l’a qualifiée de « formule la plus remarquable des mathématiques ». Si on te demande un jour quelle est la plus belle formule mathématique, tu as ta réponse.
Voici un récapitulatif des formules à retenir :
| Nom | Formule |
|---|---|
| Formule d’Euler | \(e^{i\theta} = \cos\theta + i\sin\theta\) |
| Expression de \(\cos\theta\) | \(\cos\theta = \displaystyle\frac{e^{i\theta} + e^{-i\theta}}{2}\) |
| Expression de \(\sin\theta\) | \(\sin\theta = \displaystyle\frac{e^{i\theta} – e^{-i\theta}}{2i}\) |
| Identité d’Euler | \(e^{i\pi} + 1 = 0\) |
Maintenant que tu connais la formule et ses variantes, voyons pourquoi elle est vraie.
II. Démonstrations de la formule d’Euler
En Terminale Maths Expertes, la notation \(e^{i\theta}\) est généralement introduite comme une convention d’écriture pour \(\cos\theta + i\sin\theta\). En prépa, elle devient un théorème qu’on démontre rigoureusement. Voici les deux démonstrations classiques — elles ne sont pas exigibles en Terminale, mais les comprendre renforce considérablement ta maîtrise de la formule.
A. Démonstration par les séries entières 🔴 Prépa
On part des développements en séries entières de l’exponentielle, du cosinus et du sinus, valables pour tout réel \(x\) :
\(e^{x} = \displaystyle\sum_{n=0}^{+\infty} \displaystyle\frac{x^n}{n!}\)
\(\cos x = \displaystyle\sum_{n=0}^{+\infty} \displaystyle\frac{(-1)^n\, x^{2n}}{(2n)!}\)
\(\sin x = \displaystyle\sum_{n=0}^{+\infty} \displaystyle\frac{(-1)^n\, x^{2n+1}}{(2n+1)!}\)
Substituons \(x = i\theta\) dans le développement de \(e^x\) :
\(e^{i\theta} = \displaystyle\sum_{n=0}^{+\infty} \displaystyle\frac{(i\theta)^n}{n!} = \displaystyle\sum_{n=0}^{+\infty} \displaystyle\frac{i^n\,\theta^n}{n!}\)
La clé est le cycle des puissances de \(i\) :
| \(n\) | \(0\) | \(1\) | \(2\) | \(3\) | \(4\) | \(5\) | \(\ldots\) |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| \(i^n\) | \(1\) | \(i\) | \(-1\) | \(-i\) | \(1\) | \(i\) | \(\ldots\) |
Les termes de rang pair (\(n = 2k\)) donnent \(i^{2k} = (-1)^k\) : ils sont réels. Les termes de rang impair (\(n = 2k+1\)) donnent \(i^{2k+1} = (-1)^k \cdot i\) : ils sont imaginaires purs.
En séparant les parties réelle et imaginaire :
\(e^{i\theta} = \underbrace{\displaystyle\sum_{k=0}^{+\infty} \displaystyle\frac{(-1)^k\,\theta^{2k}}{(2k)!}}_{\cos\theta} \;+\; i\,\underbrace{\displaystyle\sum_{k=0}^{+\infty} \displaystyle\frac{(-1)^k\,\theta^{2k+1}}{(2k+1)!}}_{\sin\theta}\)
On retrouve exactement les développements de \(\cos\theta\) et \(\sin\theta\). Donc \(e^{i\theta} = \cos\theta + i\sin\theta\). ∎
B. Démonstration par l’équation différentielle 🔴 Prépa
Considérons la fonction \(f : \theta \mapsto \cos\theta + i\sin\theta\). Calculons sa dérivée :
\(f^\prime(\theta) = -\sin\theta + i\cos\theta = i\,(\cos\theta + i\sin\theta) = i\,f(\theta)\)
(L’astuce : \(i\cos\theta + i \cdot i\sin\theta = i\cos\theta – \sin\theta\), ce qui redonne bien \(-\sin\theta + i\cos\theta\).)
La fonction \(f\) est donc solution du problème de Cauchy :
\(y^\prime = i\,y, \quad y(0) = 1\)
Or la théorie des équations différentielles linéaires (théorème de Cauchy-Lipschitz) garantit l’unicité de la solution. Comme \(\theta \mapsto e^{i\theta}\) vérifie aussi \(y^\prime = iy\) et \(y(0) = 1\), on conclut :
\(f(\theta) = e^{i\theta}\), c’est-à-dire \(e^{i\theta} = \cos\theta + i\sin\theta\). ∎
Conseil concours : cette deuxième démonstration est plus courte et souvent préférée à l’oral. Elle ne nécessite que le calcul de \(f^\prime\) et l’unicité de Cauchy-Lipschitz. En revanche, la preuve par les séries entières est plus fondamentale (elle définit l’exponentielle complexe).
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La formule d’Euler a une conséquence immédiate et très puissante : la formule de Moivre.
III. La formule de Moivre
A. Énoncé et démonstration
Formule de Moivre
Pour tout entier \(n \in \mathbb{Z}\) et tout réel \(\theta\) :
\((\cos\theta + i\sin\theta)^n = \cos(n\theta) + i\sin(n\theta)\)
Démonstration. Grâce à la formule d’Euler, c’est un calcul d’une ligne :
\((\cos\theta + i\sin\theta)^n = (e^{i\theta})^n = e^{in\theta} = \cos(n\theta) + i\sin(n\theta)\) ∎
Remarque : la formule de Moivre est une conséquence directe de la formule d’Euler. C’est pourquoi les deux sont souvent associées (on dit « formules d’Euler et de Moivre »). Cependant, elles jouent des rôles différents : Euler relie \(e^{i\theta}\) à \(\cos\) et \(\sin\) ; Moivre permet d’exprimer \(\cos(n\theta)\) et \(\sin(n\theta)\) en fonction de \(\cos\theta\) et \(\sin\theta\).
B. Application : exprimer cos(nθ) et sin(nθ)
La formule de Moivre fournit une méthode systématique pour développer \(\cos(n\theta)\) et \(\sin(n\theta)\) en fonction de puissances de \(\cos\theta\) et \(\sin\theta\). La méthode :
- Développer \((\cos\theta + i\sin\theta)^n\) à l’aide du binôme de Newton.
- Séparer partie réelle et partie imaginaire.
- Identifier avec \(\cos(n\theta) + i\sin(n\theta)\) par Moivre.
Exemple : développer cos(3θ) et sin(3θ)
Développons \((\cos\theta + i\sin\theta)^3\) :
\(\cos^3\theta + 3\cos^2\theta\,(i\sin\theta) + 3\cos\theta\,(i\sin\theta)^2 + (i\sin\theta)^3\)
\(= \cos^3\theta + 3i\cos^2\theta\sin\theta – 3\cos\theta\sin^2\theta – i\sin^3\theta\)
Partie réelle :
\(\cos(3\theta) = \cos^3\theta – 3\cos\theta\sin^2\theta = 4\cos^3\theta – 3\cos\theta\)
Partie imaginaire :
\(\sin(3\theta) = 3\cos^2\theta\sin\theta – \sin^3\theta = 3\sin\theta – 4\sin^3\theta\)
(On a utilisé \(\sin^2\theta = 1 – \cos^2\theta\) et \(\cos^2\theta = 1 – \sin^2\theta\) pour obtenir les formes simplifiées.)
Cette technique se généralise à tout \(n\) et constitue un grand classique des exercices sur les nombres complexes. On retrouve d’ailleurs les formules de trigonométrie d’addition et de duplication comme cas particuliers.
Les exponentielles complexes se manipulent particulièrement bien avec une autre technique très utile : la factorisation par l’angle moitié.
IV. Factorisation par l’angle moitié
A. Méthode en 3 étapes
La factorisation par l’angle moitié est une technique qui permet de simplifier des sommes ou différences d’exponentielles complexes. L’idée : mettre en facteur l’exponentielle de l’angle moyen.
Formules de factorisation par l’angle moitié
Pour tous réels \(\alpha\) et \(\beta\) :
\(e^{i\alpha} + e^{i\beta} = 2\cos\!\left(\displaystyle\frac{\alpha – \beta}{2}\right) \cdot e^{i\displaystyle\frac{\alpha+\beta}{2}}\)
\(e^{i\alpha} – e^{i\beta} = 2i\sin\!\left(\displaystyle\frac{\alpha – \beta}{2}\right) \cdot e^{i\displaystyle\frac{\alpha+\beta}{2}}\)
Pourquoi « angle moitié » ? Parce que l’angle qu’on met en facteur, \(\displaystyle\frac{\alpha + \beta}{2}\), est la moyenne des deux angles. L’angle \(\displaystyle\frac{\alpha – \beta}{2}\) est la demi-différence.
Méthode en 3 étapes :
- Identifier les exponentielles complexes à factoriser et leurs arguments \(\alpha\) et \(\beta\).
- Calculer l’angle moitié : \(\displaystyle\frac{\alpha + \beta}{2}\) (à mettre en facteur) et la demi-différence \(\displaystyle\frac{\alpha – \beta}{2}\).
- Mettre en facteur \(e^{i(\alpha+\beta)/2}\), puis simplifier. La somme fait apparaître un \(\cos\), la différence un \(\sin\).
Vérification rapide. Pour retrouver la première formule, on factorise :
\(e^{i\alpha} + e^{i\beta} = e^{i\displaystyle\frac{\alpha+\beta}{2}}\!\left(e^{i\displaystyle\frac{\alpha-\beta}{2}} + e^{-i\displaystyle\frac{\alpha-\beta}{2}}\right) = e^{i\displaystyle\frac{\alpha+\beta}{2}} \cdot 2\cos\!\left(\displaystyle\frac{\alpha – \beta}{2}\right)\)
B. Exemple complet résolu
Exemple : déterminer le module et un argument de \(1 + e^{i\theta}\)
On écrit \(1 = e^{i \cdot 0}\), donc \(\alpha = 0\) et \(\beta = \theta\).
Étape 1 : Angle moitié \(= \displaystyle\frac{0 + \theta}{2} = \displaystyle\frac{\theta}{2}\). Demi-différence \(= \displaystyle\frac{0 – \theta}{2} = -\displaystyle\frac{\theta}{2}\).
Étape 2 : Factorisation :
\(1 + e^{i\theta} = 2\cos\!\left(\displaystyle\frac{\theta}{2}\right) \cdot e^{i\theta/2}\)
Étape 3 : Lecture du module et de l’argument :
- \(\left|1 + e^{i\theta}\right| = 2\left|\cos\!\left(\displaystyle\frac{\theta}{2}\right)\right|\)
- Si \(\cos\!\left(\displaystyle\frac{\theta}{2}\right)\) > \(0\) (c’est-à-dire \(\theta \in\; ]-\pi,\, \pi\,[\)) : \(\arg\!\left(1 + e^{i\theta}\right) = \displaystyle\frac{\theta}{2}\)
Application numérique : pour \(\theta = \displaystyle\frac{\pi}{3}\) :
\(1 + e^{i\pi/3} = 2\cos\!\left(\displaystyle\frac{\pi}{6}\right) e^{i\pi/6} = 2 \cdot \displaystyle\frac{\sqrt{3}}{2} \cdot e^{i\pi/6} = \sqrt{3}\, e^{i\pi/6}\)
La dernière grande application de la formule d’Euler au programme est la linéarisation.
V. Linéarisation de cosn θ et sinn θ
A. Principe et méthode
Linéariser, c’est transformer une puissance de \(\cos\theta\) ou \(\sin\theta\) en une combinaison linéaire de \(\cos(k\theta)\) et \(\sin(k\theta)\) (c’est-à-dire des termes de puissance 1 en \(\cos\) et \(\sin\)).
Pourquoi linéariser ? Parce que \(\cos^4\theta\) est difficile à intégrer ou à manipuler, tandis que \(\cos(k\theta)\) s’intègre trivialement. La linéarisation est indispensable pour le calcul de certaines intégrales en prépa.
Méthode en 4 étapes :
- Remplacer \(\cos\theta\) par \(\displaystyle\frac{e^{i\theta} + e^{-i\theta}}{2}\) (ou \(\sin\theta\) par \(\displaystyle\frac{e^{i\theta} – e^{-i\theta}}{2i}\)).
- Élever à la puissance \(n\) et développer avec le binôme de Newton.
- Regrouper les termes conjugués : \(e^{ik\theta} + e^{-ik\theta} = 2\cos(k\theta)\).
- Simplifier pour obtenir la forme linéarisée.
B. Exemples résolus
Exemple 1 — Linéariser \(\cos^2\theta\)
\(\cos^2\theta = \left(\displaystyle\frac{e^{i\theta} + e^{-i\theta}}{2}\right)^{\!2} = \displaystyle\frac{e^{2i\theta} + 2 + e^{-2i\theta}}{4} = \displaystyle\frac{2\cos(2\theta) + 2}{4}\)
\(\fbox{\cos^2\theta = \displaystyle\frac{1 + \cos(2\theta)}{2}}\)
Exemple 2 — Linéariser \(\sin^2\theta\)
\(\sin^2\theta = \left(\displaystyle\frac{e^{i\theta} – e^{-i\theta}}{2i}\right)^{\!2} = \displaystyle\frac{e^{2i\theta} – 2 + e^{-2i\theta}}{-4} = \displaystyle\frac{-(2\cos(2\theta) – 2)}{4}\)
\(\fbox{\sin^2\theta = \displaystyle\frac{1 – \cos(2\theta)}{2}}\)
(On retrouve les formules de duplication, mais la méthode s’applique à toute puissance.)
Exemple 3 — Linéariser \(\cos^3\theta\)
\(\cos^3\theta = \left(\displaystyle\frac{e^{i\theta} + e^{-i\theta}}{2}\right)^{\!3} = \displaystyle\frac{1}{8}\left(e^{3i\theta} + 3e^{i\theta} + 3e^{-i\theta} + e^{-3i\theta}\right)\)
\(= \displaystyle\frac{2\cos(3\theta) + 6\cos\theta}{8}\)
\(\fbox{\cos^3\theta = \displaystyle\frac{3\cos\theta + \cos(3\theta)}{4}}\)
Piège classique : oublier le facteur \(\displaystyle\frac{1}{2^n}\) devant le développement. Si tu linéarises \(\cos^4\theta\), le facteur est \(\displaystyle\frac{1}{2^4} = \displaystyle\frac{1}{16}\), pas \(\displaystyle\frac{1}{4}\) !
VI. Applications en prépa 🔴
En classe préparatoire, la formule d’Euler intervient dans deux grands types de problèmes : le calcul d’intégrales par linéarisation et la résolution d’équations différentielles à coefficients constants.
A. Calcul d’intégrales par linéarisation
Dès qu’une intégrale contient \(\cos^n(t)\) ou \(\sin^n(t)\), la stratégie est de linéariser d’abord, puis d’intégrer terme à terme :
Exemple : calculer \(\displaystyle\int_0^{\pi} \cos^2(t)\,dt\)
On utilise \(\cos^2(t) = \displaystyle\frac{1 + \cos(2t)}{2}\) :
\(\displaystyle\int_0^{\pi} \cos^2(t)\,dt = \displaystyle\int_0^{\pi} \displaystyle\frac{1 + \cos(2t)}{2}\,dt = \left[\displaystyle\frac{t}{2} + \displaystyle\frac{\sin(2t)}{4}\right]_0^{\pi} = \displaystyle\frac{\pi}{2}\)
Pour des puissances plus élevées (\(\cos^4(t)\), \(\sin^6(t)\)…), on linéarise en utilisant le binôme. Le principe reste exactement le même — seul le calcul s’allonge. Tu trouveras un exercice complet avec \(\cos^4(t)\) dans la section VII.
B. Équations différentielles et solutions complexes
Considérons l’équation différentielle du second ordre à coefficients constants :
\(y^{\prime\prime} + \omega^2 y = 0\) (avec \(\omega\) > \(0\))
L’équation caractéristique \(r^2 + \omega^2 = 0\) admet pour racines \(r = \pm\, i\omega\) (discriminant \(\Delta = -4\omega^2\) < \(0\)).
La solution générale complexe est \(y(\theta) = A\,e^{i\omega\theta} + B\,e^{-i\omega\theta}\). Grâce à la formule d’Euler, on la réécrit sous forme réelle :
\(y(\theta) = C_1\cos(\omega\theta) + C_2\sin(\omega\theta)\)
C’est ici que la formule d’Euler joue un rôle essentiel : elle permet de passer des solutions complexes aux solutions réelles, qui sont celles qu’on observe en physique (oscillateurs, circuits RLC…). Pour approfondir, consulte le cours sur les équations différentielles.
VII. Exercices corrigés (★ à ★★★)
Voici 6 exercices classés par difficulté croissante. Les exercices ★ sont des applications directes, les ★★ demandent de combiner plusieurs techniques, et les ★★★ sont de niveau prépa. Essaie de résoudre chaque exercice avant de consulter la correction.
Exercice 1 ★ 🟢 Lycée — Écrire sous forme algébrique les nombres complexes \(e^{i\pi/4}\) et \(e^{i5\pi/6}\).
Voir la correction
Pour \(e^{i\pi/4}\) :
\(e^{i\pi/4} = \cos\!\left(\displaystyle\frac{\pi}{4}\right) + i\sin\!\left(\displaystyle\frac{\pi}{4}\right) = \displaystyle\frac{\sqrt{2}}{2} + i\,\displaystyle\frac{\sqrt{2}}{2}\)
Pour \(e^{i5\pi/6}\) :
\(e^{i5\pi/6} = \cos\!\left(\displaystyle\frac{5\pi}{6}\right) + i\sin\!\left(\displaystyle\frac{5\pi}{6}\right) = -\displaystyle\frac{\sqrt{3}}{2} + i\,\displaystyle\frac{1}{2}\)
(On utilise \(\cos(5\pi/6) = -\cos(\pi/6) = -\sqrt{3}/2\) et \(\sin(5\pi/6) = \sin(\pi/6) = 1/2\).)
Exercice 2 ★★ 🟢 Lycée — En utilisant la formule de Moivre, exprimer \(\cos(4\theta)\) comme un polynôme en \(\cos\theta\) uniquement.
Voir la correction
Par la formule de Moivre : \((\cos\theta + i\sin\theta)^4 = \cos(4\theta) + i\sin(4\theta)\).
Développons le membre de gauche :
\((\cos\theta + i\sin\theta)^4 = \cos^4\theta + 4i\cos^3\theta\sin\theta – 6\cos^2\theta\sin^2\theta – 4i\cos\theta\sin^3\theta + \sin^4\theta\)
Partie réelle :
\(\cos(4\theta) = \cos^4\theta – 6\cos^2\theta\sin^2\theta + \sin^4\theta\)
Remplaçons \(\sin^2\theta = 1 – \cos^2\theta\) :
\(= \cos^4\theta – 6\cos^2\theta(1-\cos^2\theta) + (1-\cos^2\theta)^2\)
\(= \cos^4\theta – 6\cos^2\theta + 6\cos^4\theta + 1 – 2\cos^2\theta + \cos^4\theta\)
\(\fbox{\cos(4\theta) = 8\cos^4\theta – 8\cos^2\theta + 1}\)
Vérification : pour \(\theta = 0\), on obtient \(8 – 8 + 1 = 1 = \cos(0)\) ✓. Pour \(\theta = \pi/4\), on obtient \(8 \cdot \displaystyle\frac{1}{4} – 8 \cdot \displaystyle\frac{1}{2} + 1 = 2 – 4 + 1 = -1 = \cos(\pi)\) ✓.
Exercice 3 ★★ 🟢 Lycée — Linéariser \(\cos^2\theta\,\sin\theta\).
Voir la correction
On remplace à l’aide des formules d’Euler :
\(\cos^2\theta\,\sin\theta = \left(\displaystyle\frac{e^{i\theta}+e^{-i\theta}}{2}\right)^{\!2} \cdot \displaystyle\frac{e^{i\theta}-e^{-i\theta}}{2i}\)
Développons \((e^{i\theta}+e^{-i\theta})^2 = e^{2i\theta} + 2 + e^{-2i\theta}\), puis multiplions :
\(= \displaystyle\frac{1}{8i}\left(e^{2i\theta} + 2 + e^{-2i\theta}\right)\left(e^{i\theta} – e^{-i\theta}\right)\)
\(= \displaystyle\frac{1}{8i}\left(e^{3i\theta} – e^{-i\theta} + 2e^{i\theta} – 2e^{-i\theta} + e^{i\theta} – e^{-3i\theta}\right)\)
Reprenons le produit terme à terme :
\((e^{2i\theta} + 2 + e^{-2i\theta})(e^{i\theta} – e^{-i\theta})\) \(= e^{3i\theta} – e^{i\theta} + 2e^{i\theta} – 2e^{-i\theta} + e^{-i\theta} – e^{-3i\theta}\) \(= e^{3i\theta} + e^{i\theta} – e^{-i\theta} – e^{-3i\theta}\)Regroupons :
\(= \displaystyle\frac{1}{8i}\Big[\big(e^{3i\theta} – e^{-3i\theta}\big) + \big(e^{i\theta} – e^{-i\theta}\big)\Big]\)
Or \(e^{ik\theta} – e^{-ik\theta} = 2i\sin(k\theta)\), donc :
\(= \displaystyle\frac{1}{8i}\big[2i\sin(3\theta) + 2i\sin\theta\big] = \displaystyle\frac{2i}{8i}\big[\sin(3\theta) + \sin\theta\big]\)
\(\fbox{\cos^2\theta\,\sin\theta = \displaystyle\frac{\sin\theta + \sin(3\theta)}{4}}\)
Vérification : pour \(\theta = \pi/6\), le membre de gauche vaut \(\displaystyle\frac{3}{4} \cdot \displaystyle\frac{1}{2} = \displaystyle\frac{3}{8}\). Le membre de droite : \(\displaystyle\frac{\sin(\pi/6) + \sin(\pi/2)}{4} = \displaystyle\frac{1/2 + 1}{4} = \displaystyle\frac{3}{8}\) ✓
Exercice 4 ★★ 🟡 Avancé — Mettre \(e^{i\pi/6} + e^{i\pi/3}\) sous forme trigonométrique.
Voir la correction
On applique la factorisation par l’angle moitié avec \(\alpha = \displaystyle\frac{\pi}{6}\) et \(\beta = \displaystyle\frac{\pi}{3}\) :
Angle moitié : \(\displaystyle\frac{\alpha + \beta}{2} = \displaystyle\frac{\pi/6 + \pi/3}{2} = \displaystyle\frac{\pi/6 + 2\pi/6}{2} = \displaystyle\frac{3\pi/6}{2} = \displaystyle\frac{\pi}{4}\)
Demi-différence : \(\displaystyle\frac{\alpha – \beta}{2} = \displaystyle\frac{\pi/6 – \pi/3}{2} = \displaystyle\frac{-\pi/6}{2} = -\displaystyle\frac{\pi}{12}\)
Donc :
\(e^{i\pi/6} + e^{i\pi/3} = 2\cos\!\left(\displaystyle\frac{\pi}{12}\right) \cdot e^{i\pi/4}\)
Le module est \(2\cos\!\left(\displaystyle\frac{\pi}{12}\right) = 2\cos(15°) = \displaystyle\frac{\sqrt{6}+\sqrt{2}}{2}\) et l’argument est \(\displaystyle\frac{\pi}{4}\).
Vérification numérique : \(e^{i\pi/6} \approx 0{,}866 + 0{,}5i\) et \(e^{i\pi/3} \approx 0{,}5 + 0{,}866i\), donc la somme \(\approx 1{,}366 + 1{,}366i\). Son module vaut \(1{,}366\sqrt{2} \approx 1{,}932\) et \(2\cos(15°) \approx 1{,}932\) ✓. Son argument est bien \(\arctan(1) = \pi/4\) ✓.
Exercice 5 ★★★ 🔴 Prépa — Linéariser \(\cos^4\theta\) et en déduire la valeur de \(\displaystyle\int_0^{2\pi} \cos^4(t)\,dt\).
Voir la correction
Linéarisation de \(\cos^4\theta\) :
\(\cos^4\theta = \left(\displaystyle\frac{e^{i\theta}+e^{-i\theta}}{2}\right)^{\!4} = \displaystyle\frac{1}{16}\left(e^{i\theta}+e^{-i\theta}\right)^4\)
Développons par le binôme :
\((e^{i\theta}+e^{-i\theta})^4 = e^{4i\theta} + 4e^{2i\theta} + 6 + 4e^{-2i\theta} + e^{-4i\theta}\)
Regroupons les termes conjugués :
\(= 2\cos(4\theta) + 8\cos(2\theta) + 6\)
Donc :
\(\fbox{\cos^4\theta = \displaystyle\frac{3 + 4\cos(2\theta) + \cos(4\theta)}{8}}\)
Calcul de l’intégrale :
\(\displaystyle\int_0^{2\pi} \cos^4(t)\,dt = \displaystyle\int_0^{2\pi} \displaystyle\frac{3 + 4\cos(2t) + \cos(4t)}{8}\,dt\)
\(= \displaystyle\frac{1}{8}\left[3t + 2\sin(2t) + \displaystyle\frac{\sin(4t)}{4}\right]_0^{2\pi}\)
Les termes en sinus s’annulent sur \([0,\, 2\pi]\), il reste :
\(\fbox{\displaystyle\int_0^{2\pi} \cos^4(t)\,dt = \displaystyle\frac{3 \times 2\pi}{8} = \displaystyle\frac{3\pi}{4}}\)
Exercice 6 ★★★ 🔴 Prépa — Soit \(\theta \in\; ]0,\, 2\pi[\). Calculer \(\displaystyle\sum_{k=0}^{n} \cos(k\theta)\).
Voir la correction
Stratégie : on introduit l’exponentielle complexe. On pose :
\(S = \displaystyle\sum_{k=0}^{n} e^{ik\theta} = \displaystyle\sum_{k=0}^{n} \left(e^{i\theta}\right)^k\)
C’est une somme géométrique de raison \(q = e^{i\theta}\). Comme \(\theta \neq 0 \pmod{2\pi}\), on a \(q \neq 1\), donc :
\(S = \displaystyle\frac{1 – e^{i(n+1)\theta}}{1 – e^{i\theta}}\)
Factorisation par l’angle moitié du numérateur et du dénominateur :
\(1 – e^{i\alpha} = -2i\sin\!\left(\displaystyle\frac{\alpha}{2}\right) \cdot e^{i\alpha/2}\)
Numérateur (avec \(\alpha = (n+1)\theta\)) :
\(1 – e^{i(n+1)\theta} = -2i\sin\!\left(\displaystyle\frac{(n+1)\theta}{2}\right) \cdot e^{i(n+1)\theta/2}\)
Dénominateur (avec \(\alpha = \theta\)) :
\(1 – e^{i\theta} = -2i\sin\!\left(\displaystyle\frac{\theta}{2}\right) \cdot e^{i\theta/2}\)
En divisant :
\(S = \displaystyle\frac{\sin\!\left(\displaystyle\frac{(n+1)\theta}{2}\right)}{\sin\!\left(\displaystyle\frac{\theta}{2}\right)} \cdot e^{in\theta/2}\)
On prend la partie réelle pour obtenir la somme des cosinus :
\(\fbox{\displaystyle\sum_{k=0}^{n} \cos(k\theta) = \displaystyle\frac{\sin\!\left(\displaystyle\frac{(n+1)\theta}{2}\right)}{\sin\!\left(\displaystyle\frac{\theta}{2}\right)} \cdot \cos\!\left(\displaystyle\frac{n\theta}{2}\right)}\)
Ce que le correcteur attend : justifier que \(e^{i\theta} \neq 1\) (condition \(\theta \neq 0 \pmod{2\pi}\)) avant d’appliquer la formule de la somme géométrique. Bien identifier que la partie réelle de \(S\) donne \(\sum \cos(k\theta)\) et la partie imaginaire donne \(\sum \sin(k\theta)\).
VIII. Erreurs fréquentes et pièges classiques
Voici les erreurs que je vois le plus souvent chez mes élèves :
Erreur 1 — Confondre \(e^{i\theta}\) et \(e^{\theta}\)
❌ Copie fautive : « \(e^{i\pi/4} = e^{0{,}785\ldots} \approx 2{,}19\) »
Diagnostic : l’élève traite \(i\theta\) comme un réel et calcule l’exponentielle réelle.
✅ Correction : \(e^{i\pi/4} = \cos(\pi/4) + i\sin(\pi/4) = \displaystyle\frac{\sqrt{2}}{2} + i\displaystyle\frac{\sqrt{2}}{2}\). Le résultat est un nombre complexe de module 1, pas un réel supérieur à 1.
Erreur 2 — Mauvais dénominateur dans la formule de sin θ
❌ Copie fautive : « \(\sin\theta = \displaystyle\frac{e^{i\theta} – e^{-i\theta}}{2}\) »
Diagnostic : l’élève oublie le \(i\) au dénominateur.
✅ Correction : \(\sin\theta = \displaystyle\frac{e^{i\theta} – e^{-i\theta}}{2i}\). Le \(i\) au dénominateur est indispensable (c’est lui qui rend le résultat réel).
Erreur 3 — Oublier le facteur \(1/2^n\) lors de la linéarisation
❌ Copie fautive : « \(\cos^3\theta = (e^{i\theta}+e^{-i\theta})^3 = e^{3i\theta} + 3e^{i\theta} + \ldots\) »
Diagnostic : l’élève oublie de diviser par \(2^3 = 8\) après avoir remplacé \(\cos\theta\) par \(\displaystyle\frac{e^{i\theta}+e^{-i\theta}}{2}\).
✅ Correction : \(\cos^3\theta = \left(\displaystyle\frac{e^{i\theta}+e^{-i\theta}}{2}\right)^3 = \displaystyle\frac{1}{8}(e^{i\theta}+e^{-i\theta})^3\). Ne jamais oublier le \(\displaystyle\frac{1}{2^n}\).
Erreur 4 — Mal identifier l’angle moitié
❌ Copie fautive : « Pour factoriser \(1 + e^{i\theta}\), on met \(e^{i\theta}\) en facteur. »
Diagnostic : l’élève factorise par l’angle entier au lieu de l’angle moitié.
✅ Correction : l’angle moitié est \(\displaystyle\frac{0 + \theta}{2} = \displaystyle\frac{\theta}{2}\), donc on factorise par \(e^{i\theta/2}\) (pas \(e^{i\theta}\)). \(1 + e^{i\theta} = 2\cos(\theta/2) \cdot e^{i\theta/2}\).
IX. Questions fréquentes
Quelles sont les formules d'Euler ?
Les « formules d’Euler » regroupent trois identités fondamentales liant l’exponentielle complexe aux fonctions trigonométriques : la formule principale \(e^{i\theta} = \cos\theta + i\sin\theta\), et ses deux conséquences : \(\cos\theta = \displaystyle\frac{e^{i\theta}+e^{-i\theta}}{2}\) et \(\sin\theta = \displaystyle\frac{e^{i\theta}-e^{-i\theta}}{2i}\). On y ajoute souvent l’identité d’Euler \(e^{i\pi} + 1 = 0\).
Quelle est la plus belle formule des mathématiques ?
L’identité d’Euler, \(e^{i\pi} + 1 = 0\), est considérée par de nombreux mathématiciens comme la plus belle formule des mathématiques. Elle réunit les cinq constantes fondamentales (\(0, 1, e, i, \pi\)) avec les trois opérations de base (addition, multiplication, exponentiation) en une égalité parfaitement simple.
Quelle est la différence entre la formule d'Euler et la formule de Moivre ?
La formule d’Euler (\(e^{i\theta} = \cos\theta + i\sin\theta\)) établit un lien entre l’exponentielle complexe et la trigonométrie. La formule de Moivre (\((\cos\theta+i\sin\theta)^n = \cos(n\theta)+i\sin(n\theta)\)) en est une conséquence directe : elle exprime ce qui se passe quand on élève \(e^{i\theta}\) à la puissance \(n\). Euler est la formule de base ; Moivre est l’outil pour calculer \(\cos(n\theta)\) et \(\sin(n\theta)\).
Comment linéariser cos²(θ) grâce aux formules d'Euler ?
On remplace \(\cos\theta\) par \(\displaystyle\frac{e^{i\theta}+e^{-i\theta}}{2}\), on élève au carré : \(\cos^2\theta = \displaystyle\frac{e^{2i\theta}+2+e^{-2i\theta}}{4} = \displaystyle\frac{1+\cos(2\theta)}{2}\). C’est la méthode de linéarisation en 4 étapes : remplacer, développer, regrouper, simplifier.
La formule d'Euler est-elle au programme de Terminale ?
Oui, la formule d’Euler est au programme de Terminale Maths Expertes (enseignement optionnel). Elle n’est pas au programme de Terminale générale (tronc commun ni spécialité maths). En Terminale Maths Expertes, elle est souvent introduite comme une notation ; en prépa MPSI/PCSI, elle est démontrée rigoureusement.
Quelle est la relation d'Euler pour les polyèdres ?
La « relation d’Euler » en géométrie est une formule totalement différente : \(S – A + F = 2\), où \(S\) est le nombre de sommets, \(A\) le nombre d’arêtes et \(F\) le nombre de faces d’un polyèdre convexe. Ce résultat de topologie n’a rien à voir avec la formule d’Euler pour les nombres complexes traitée sur cette page.
Quelles sont les 3 formules de trigonométrie liées à Euler ?
Les trois formules fondamentales issues de la formule d’Euler sont : (1) \(\cos\theta = \displaystyle\frac{e^{i\theta}+e^{-i\theta}}{2}\), (2) \(\sin\theta = \displaystyle\frac{e^{i\theta}-e^{-i\theta}}{2i}\), et (3) la formule de Moivre \((\cos\theta+i\sin\theta)^n = \cos(n\theta)+i\sin(n\theta)\). On retrouve toutes les formules de trigonométrie classiques (duplication, addition, linéarisation) à partir de ces trois résultats.
X. Pour aller plus loin
Tu maîtrises maintenant la formule d’Euler et ses grandes applications. Pour continuer à progresser sur les nombres complexes, voici les pages les plus utiles :
- Module d’un nombre complexe — définition, calcul et propriétés du module
- Forme trigonométrique et exponentielle — passage d’une forme à l’autre, opérations
- Racines n-ièmes de l’unité — suite logique en prépa, applications de la formule d’Euler
- Exercices corrigés sur les nombres complexes — 20+ exercices classés par difficulté