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L’épreuve de maths ECRICOME a une réputation trompeuse : on la dit « plus abordable » que la BCE, et c’est précisément ce qui te piège. Un sujet plus classique, c’est un sujet où le jury attend la rigueur maximale et où la moindre approximation coûte cher. Dans ce guide, tu vas comprendre comment est construite l’épreuve, comment répartir tes quatre heures, comment t’entraîner sur les annales pour progresser vite, et quels pièges font perdre le plus de points chaque année. L’objectif : transformer une épreuve « faisable » en un vrai levier de sélection sur ta copie.
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Comprendre l’épreuve de maths ECRICOME : les fondamentaux
Depuis la réforme de la prépa ECG, tu passes à ECRICOME une épreuve de maths adaptée à ton profil : Maths approfondies ou Maths appliquées. La banque ECRICOME propose un sujet unique par filière, distinct de la BCE, mais qui balaie exactement le même programme officiel des deux années.
La marque de fabrique d’ECRICOME, c’est la structure : en général deux exercices et un problème, sur quatre heures. Chaque partie couvre un pan large du cours, analyse, algèbre linéaire, probabilités, parfois informatique (Python). L’idée directrice du concepteur est de vérifier que tu maîtrises les fondamentaux, pas de te noyer sous une astuce infranchissable.
ECRICOME PRÉPA : concours commun à plusieurs Grandes Écoles de management (dont KEDGE, NEOMA, Rennes SB, Montpellier BS, EM Strasbourg). L’épreuve de maths y pèse un coefficient élevé, variable selon l’école et la filière, souvent l’un des deux plus forts coefficients du concours.
Ce que cela change pour toi : sur un sujet ECRICOME, les questions s’enchaînent logiquement, la numérotation guide ta progression, et un candidat solide peut viser un taux d’avancement bien plus élevé qu’en BCE. Résultat contre-intuitif : la moyenne est plus haute, donc pour te démarquer, il ne suffit pas de « faire », il faut faire juste et propre.
Concrètement, la différence entre un 11 et un 16 ne se joue pas sur la dernière question difficile du problème. Elle se joue sur les vingt premières questions « faciles » : celui qui les traite sans faute, avec des justifications complètes, prend l’avantage. C’est une épreuve où la régularité bat le génie ponctuel. Si l’écart prépa/lycée te semble encore flou, la lecture de notre comparatif maths en terminale vs prépa t’aidera à calibrer le niveau d’exigence.
| Élément | Repère ECRICOME PRÉPA |
|---|---|
| Durée | 4 heures |
| Structure type | 2 exercices + 1 problème |
| Filières | Maths approfondies / Maths appliquées |
| Programme couvert | Analyse, algèbre, probabilités, Python |
| Session | Épreuves écrites en avril, dates fixées chaque année par Ecricome |
| Enjeu clé | Rigueur et propreté > astuce |
Étape 1 : lire le sujet et cartographier tes points
La première décision stratégique se prend avant même d’écrire la moindre ligne. Le conseil du jury est constant d’année en année : lis l’intégralité du sujet avant de te lancer. Cinq à huit minutes de lecture ne sont jamais perdues.
Pendant cette lecture, tu ne cherches pas à résoudre : tu cartographies. Ton objectif est d’identifier trois catégories de questions :
- Les questions « acquises » : celles que tu sais traiter en moins de deux minutes (calcul de limite, dérivée, produit matriciel, loi classique).
- Les questions « travail » : faisables mais qui demandent une rédaction soignée ou un raisonnement en plusieurs temps.
- Les questions « risque » : celles où tu bloques à la lecture et que tu garderas pour la fin.
Cette cartographie détermine ton ordre d’attaque. Contrairement à une idée reçue, tu n’es pas obligé de commencer par l’exercice 1. Commence par la partie où tu es le plus à l’aise : tu sécurises des points, tu te mets en confiance et tu chauffes ta rédaction avant d’aborder le difficile.
Attention en revanche à un piège structurel d’ECRICOME : la numérotation est linéaire et cumulative. Une question 7 réutilise souvent un résultat des questions 4 ou 5. Si tu sautes une brique, tu peux quand même admettre le résultat intermédiaire pour continuer, à condition de l’écrire noir sur blanc : « on admet le résultat de la question précédente ». Le jury valorise cette honnêteté et te note sur la suite.
Pense aussi à repérer les questions « cadeau » dissimulées en fin de problème. Une dernière partie intimidante contient souvent une ou deux questions de cours isolées (une convergence, une interprétation, un calcul de Python) que tu peux rafler même sans avoir tout résolu avant. Les glaner, c’est du grappillage rentable.
Étape 2 : gérer tes quatre heures sans t’enliser
La gestion du temps est le facteur qui distingue le plus les copies. Beaucoup de candidats capables de finir l’épreuve rendent une copie à moitié vide parce qu’ils se sont enlisés sur une question. La discipline est simple : aucune question ne mérite que tu y laisses dix minutes sans avancer.
Un découpage indicatif pour un sujet en deux exercices + un problème :
- 0 à 8 min : lecture globale et cartographie.
- 8 min à ~1 h 20 : premier exercice ciblé (celui où tu es fort).
- ~1 h 20 à ~2 h 30 : second exercice.
- ~2 h 30 à ~3 h 45 : le problème, en visant un maximum d’avancement.
- 15 dernières minutes : relecture, questions « cadeau » oubliées, propreté.
La règle d’or : quand tu bloques, tu marques la question, tu écris ce que tu as, et tu avances. Tu reviendras si le temps le permet. Un blocage psychologique de vingt minutes te fait souvent perdre plus de points ailleurs que la question elle-même n’en valait.
Note l’heure de démarrage de chaque grande partie dans la marge de ton brouillon. Ce simple réflexe te donne une conscience du temps que 90 % des candidats n’ont pas. Dès qu’une partie déborde de dix minutes sur ton plan, tu tranches.
Une seconde règle, spécifique à ECRICOME : ne néglige jamais le calcul soigné. Les sujets contiennent beaucoup de calcul matriciel, de sommes et d’intégrales. Une erreur de signe en début de question propage l’erreur sur toute la partie suivante. Pose tes calculs proprement, encadre tes résultats intermédiaires, et vérifie l’homogénéité (une probabilité entre 0 et 1, une matrice de bonne taille). Nos rappels sur les matrices et sur les sommes sont des révisions rentables à ce titre.
Enfin, garde en tête que tu n’as pas à tout finir pour avoir une excellente note. Un candidat qui traite 75 % du sujet sans faute, avec une rédaction impeccable, dépasse largement celui qui « fait tout » avec des raccourcis et des erreurs. La qualité de l’avancement prime sur la quantité brute.
Étape 3 : t’entraîner sur les annales, la bonne méthode
Les annales ECRICOME sont ta ressource la plus précieuse, parce que la banque est très fidèle à elle-même : les mêmes types d’exercices reviennent d’une année sur l’autre. Contrairement à certains sujets BCE, tu peux réellement « apprendre à reconnaître » les schémas ECRICOME.
La progression efficace passe par trois phases distinctes :
- Phase 1, dissection à froid : tu prends une annale ancienne, tu la travailles sans limite de temps, corrigé à côté, en cherchant à comprendre chaque enchaînement logique. Objectif : constituer un répertoire de techniques.
- Phase 2, reconnaissance : tu enchaînes plusieurs sujets et tu classes les exercices par thème (suites récurrentes, endomorphismes, lois usuelles, convergence). Tu identifies « le classique » derrière chaque énoncé.
- Phase 3, conditions réelles : tu composes un sujet complet en quatre heures chronométrées, sans corrigé, comme le jour J, puis tu t’auto-corriges sévèrement.
Le vrai levier de progression n’est pas de faire beaucoup de sujets, c’est de capitaliser. Après chaque annale, tiens une fiche « erreurs » : chaque faute que tu commets y est notée avec sa correction. Relire cette fiche avant le concours vaut mille exercices supplémentaires. C’est ce que nous observons chez nos élèves qui gagnent trois ou quatre points en deux mois : ils ne travaillent pas plus, ils travaillent leurs erreurs.
Un élève bloquait systématiquement sur les questions de récurrence matricielle. En reprenant cinq annales, il a repéré que l’énoncé demandait presque toujours de conjecturer une formule pour \(A^{n}\) puis de la prouver par récurrence. Une fois le schéma identifié, ces questions sont devenues des points automatiques. Passer par la phase de conjecture avant la preuve est une compétence rentable à l’écrit.
Travaille aussi la partie Python avec sérieux : elle est jugée « facultative » par trop de candidats, alors qu’elle rapporte des points rapides. Compléter une fonction, lire une sortie, interpréter une simulation : ces questions demandent peu de temps et sont rarement piégeuses. Les négliger, c’est laisser 1 à 2 points sur la table à chaque épreuve.
Pour organiser ton entraînement dans la durée, structure tes devoirs surveillés comme des répétitions du concours. Notre guide sur la stratégie en DS de maths transpose directement ces réflexes de gestion à ton quotidien de prépa.
La fiche méthode condensée (2 pages)
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Les pièges classiques et comment les éviter
Chaque année, les rapports de jury pointent les mêmes fautes. Elles ne relèvent presque jamais du niveau, mais de l’habitude. Les corriger est le moyen le plus rapide de gagner des points.
La justification sautée. Écrire un résultat sans écrire pourquoi. À ECRICOME, « la fonction est continue donc intégrable » ou « la matrice est inversible » sans argument ne rapporte rien. Chaque affirmation doit citer le théorème ou l’hypothèse qui la fonde.
Voici les erreurs qui reviennent le plus souvent sur les copies :
- Ne pas vérifier les hypothèses : appliquer un théorème (limite, dérivation, diagonalisation) sans contrôler ses conditions d’application. Le jury sanctionne le réflexe absent.
- Confondre condition nécessaire et suffisante : sur les questions d’équivalence, prouver un seul sens et croire avoir tout démontré.
- Rédiger une récurrence bancale : initialisation oubliée, hérédité mal quantifiée. Une récurrence propre est un automatisme qui doit être irréprochable.
- Négliger la propreté : ratures, calculs illisibles, résultats non encadrés. Une copie brouillonne fatigue le correcteur et lui fait « chercher » les points au lieu de les donner.
- Oublier de conclure : trouver le bon calcul mais ne pas répondre à la question posée. Termine toujours par une phrase de conclusion explicite.
Un dernier piège, insidieux, propre à ECRICOME : la fausse confiance. Parce que le sujet paraît accessible, on relâche l’exigence de rédaction et on va « trop vite ». C’est exactement l’inverse qu’il faut faire. Sur un sujet abordable, la barre d’admission monte, donc chaque point de rédaction compte double. Traite les questions faciles comme des questions à ne surtout pas rater.
Pour ancrer ces réflexes, entraîne-toi à écrire tes quantificateurs proprement : un « pour tout » ou un « il existe » posé au bon endroit est souvent la différence entre une preuve qui vaut ses points et une preuve qui n’en vaut aucun.
Cas particuliers et situations difficiles
Tous les candidats n’abordent pas ECRICOME avec le même profil. Voici comment adapter ta stratégie selon ta situation.
- Tu es faible en maths et vises surtout tes autres épreuves : ne « lâche » jamais les maths pour autant. Vu le coefficient, sécuriser un 8-10 solide (les deux tiers faciles du sujet, parfaitement rédigés) rapporte plus que t’épuiser à gratter deux points impossibles ailleurs. Concentre-toi sur les questions « acquises ».
- Tu es fort et vises le top des écoles : ta bataille est la propreté et l’exhaustivité des justifications, pas la difficulté. Un candidat brillant qui saute des étapes se fait dépasser par un candidat rigoureux. Chasse la moindre imprécision.
- Tu passes aussi la BCE : ne cloisonne pas tes révisions. Le programme est commun ; travailler les annales ECRICOME te sert directement pour la BCE, et inversement. La différence est le format, pas le fond.
Situation classique du jour J : tu bloques complètement sur le problème. Ne panique pas. Reviens aux exercices, sécurise tout ce qui est acquis, puis reprends le problème question par question en admettant les résultats manquants. Une partie de problème traitée à 40 % avec des points glanés partout vaut mieux qu’une page blanche.
Enfin, si tu hésites sur ton choix de filière ou sur les seuils à viser, consulte les barres d’admission ECRICOME pour calibrer objectivement ton objectif de note.
Pour aller plus loin
La stratégie ne remplace pas le socle : elle le démultiplie. Pour transformer ces conseils en points au concours, renforce d’abord tes fondamentaux thématiques.
- Révise l’analyse avec notre ressource sur les fonctions, colonne vertébrale des exercices d’ECRICOME.
- Consolide l’algèbre linéaire via les matrices et les vecteurs, omniprésents dans les problèmes.
- Maîtrise la manipulation des sommes, source constante d’erreurs de calcul évitables.
- Automatise ta gestion d’épreuve grâce à la stratégie en DS, à répéter à chaque devoir.
La logique est toujours la même : chaque annale que tu travailles doit nourrir ta fiche d’erreurs, et chaque erreur récurrente doit renvoyer à une ressource de fond que tu retravailles jusqu’à ce que le réflexe soit acquis. C’est ce cycle « annale → erreur → fondamental → annale » qui fait progresser vite et durablement.
Questions fréquentes
L’épreuve de maths ECRICOME est-elle plus facile que la BCE ?
Les sujets ECRICOME sont réputés plus classiques et progressifs, donc plus « faisables ». Mais comme la moyenne est plus haute, la barre de sélection l’est aussi. Résultat : la rigueur de rédaction devient déterminante, et une petite faute coûte proportionnellement plus cher qu’en BCE.
Faut-il traiter le sujet dans l’ordre des questions ?
Non pour l’ordre des grandes parties : commence par l’exercice où tu es le plus à l’aise. Oui pour la numérotation à l’intérieur d’une partie, car les questions s’appuient les unes sur les autres. Si tu bloques, admets le résultat manquant en l’écrivant clairement et poursuis.
Combien d’annales faut-il faire pour bien se préparer ?
La quantité compte moins que la méthode. Une dizaine d’annales réellement disséquées, avec fiche d’erreurs, valent mieux que trente sujets survolés. Vise trois phases : dissection à froid, reconnaissance des schémas, puis composition chronométrée en conditions réelles.
La partie Python vaut-elle vraiment le coup ?
Oui, absolument. Les questions d’informatique sont souvent rapides et peu piégeuses : compléter une fonction, lire une sortie, interpréter une simulation. Les négliger revient à abandonner 1 à 2 points faciles par épreuve, ce qui est très coûteux au vu du coefficient.
Que faire si je bloque complètement sur le problème le jour J ?
Ne reste pas figé. Sécurise d’abord tout l’acquis des exercices, puis reviens au problème question par question en admettant les résultats non prouvés. Récupère les questions isolées de cours en fin de partie : un problème traité partiellement mais proprement rapporte beaucoup de points.
Comment gagner rapidement des points sans monter en niveau ?
En corrigeant tes fautes de forme : justifier chaque affirmation, vérifier les hypothèses des théorèmes, rédiger des récurrences propres, encadrer les résultats et conclure chaque question. Ces réflexes gratuits font gagner deux à trois points sans exiger de nouvelles connaissances.