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Les fonctions hyperboliques sh, ch et th sont les analogues réels des fonctions circulaires sin, cos et tan : mêmes identités algébriques (à un signe près), mêmes rôles en analyse. Étudiées dans le cadre du cours complet de trigonométrie, elles sont omniprésentes en CPGE — équations différentielles, calcul intégral, développements limités. Tu trouveras ici les définitions, toutes les propriétés avec démonstrations exigibles, le formulaire complet, les fonctions réciproques et 8 exercices corrigés de ★ à ★★★★★.

Programme CPGE : Les fonctions hyperboliques sh, ch, th et leurs réciproques argsh, argch, argth sont au programme de toutes les filières de première année (MPSI, PCSI, PTSI, MP2I). Les démonstrations marquées ⋆ dans ce cours sont exigibles aux concours.

I. Définitions des fonctions hyperboliques

Les trois fonctions hyperboliques sont construites à partir de l’exponentielle réelle, exactement comme les fonctions circulaires sont construites à partir de l’exponentielle complexe. Cette analogie profonde gouverne l’ensemble du cours.

A. Sinus hyperbolique sh

Définition — Sinus hyperbolique

Le sinus hyperbolique est la fonction \(\mathrm{sh} : \mathbb{R} \to \mathbb{R}\) définie par :

\(\forall x \in \mathbb{R}, \quad \mathrm{sh}(x) = \displaystyle\frac{e^x – e^{-x}}{2}\)

La notation \(\mathrm{sh}\) est la convention française standard. On trouve \(\sinh\) dans les ouvrages anglophones et sur la plupart des calculatrices.

Exemple : Calculons \(\mathrm{sh}(0)\) et \(\mathrm{sh}(\ln 2)\).

\(\mathrm{sh}(0) = \displaystyle\frac{e^0 – e^0}{2} = 0\)

\(\mathrm{sh}(\ln 2) = \displaystyle\frac{e^{\ln 2} – e^{-\ln 2}}{2} = \displaystyle\frac{2 – \displaystyle\frac{1}{2}}{2} = \displaystyle\frac{3}{4}\)

B. Cosinus hyperbolique ch

Définition — Cosinus hyperbolique

Le cosinus hyperbolique est la fonction \(\mathrm{ch} : \mathbb{R} \to [1, +\infty[\) définie par :

\(\forall x \in \mathbb{R}, \quad \mathrm{ch}(x) = \displaystyle\frac{e^x + e^{-x}}{2}\)

Le cosinus hyperbolique est la demi-somme des exponentielles \(e^x\) et \(e^{-x}\). Il est toujours supérieur ou égal à 1, avec \(\mathrm{ch}(0) = 1\).

Relations fondamentales avec l’exponentielle : en additionnant et en soustrayant les définitions de sh et ch :

\(\mathrm{ch}(x) + \mathrm{sh}(x) = e^x \qquad \mathrm{ch}(x) – \mathrm{sh}(x) = e^{-x}\)

Ces identités sont un outil permanent : elles permettent de passer librement de l’écriture hyperbolique à l’écriture exponentielle, et réciproquement.

C. Tangente hyperbolique th

Définition — Tangente hyperbolique

La tangente hyperbolique est la fonction \(\mathrm{th} : \mathbb{R} \to \,]-1, 1[\,\) définie par :

\(\forall x \in \mathbb{R}, \quad \mathrm{th}(x) = \displaystyle\frac{\mathrm{sh}(x)}{\mathrm{ch}(x)} = \displaystyle\frac{e^x – e^{-x}}{e^x + e^{-x}}\)

La fonction \(\mathrm{th}\) est bien définie sur \(\mathbb{R}\) entier puisque \(\mathrm{ch}(x)\) > \(0\) pour tout \(x \in \mathbb{R}\). On définit aussi la cotangente hyperbolique \(\mathrm{coth}(x) = \displaystyle\frac{\mathrm{ch}(x)}{\mathrm{sh}(x)}\), définie sur \(\mathbb{R}^*\).

À quoi servent les fonctions hyperboliques ?

  • Chaînette : un câble ou une chaîne suspendu(e) entre deux points adopte la forme \(y = a\,\mathrm{ch}\!\left(\displaystyle\frac{x}{a}\right)\). C’est la courbe du cosinus hyperbolique — d’où le nom de « chaînette » pour cette courbe.
  • Équations différentielles : sh et ch sont les solutions fondamentales de \(y^{\prime\prime} – y = 0\), l’EDO linéaire à coefficients constants jumelle de \(y^{\prime\prime} + y = 0\) (dont les solutions sont sin et cos).
  • Relativité restreinte : les transformations de Lorentz s’écrivent avec ch et sh (rotations hyperboliques dans l’espace-temps de Minkowski).

D. Lien avec les fonctions circulaires

L’analogie entre fonctions hyperboliques et circulaires n’est pas une coïncidence : elle provient de la formule d’Euler. Rappelons les expressions de cos et sin à partir de l’exponentielle complexe :

\(\cos x = \displaystyle\frac{e^{ix} + e^{-ix}}{2} \qquad \sin x = \displaystyle\frac{e^{ix} – e^{-ix}}{2i}\)

En remplaçant formellement \(ix\) par un réel \(x\) dans la première formule, on obtient exactement \(\mathrm{ch}(x)\). Pour la seconde, le facteur \(i\) au dénominateur disparaît, et l’on retrouve \(\mathrm{sh}(x)\). Plus précisément :

Propriété — Passage circulaire ↔ hyperbolique

\(\forall x \in \mathbb{R}, \quad \cos(ix) = \mathrm{ch}(x) \qquad \sin(ix) = i\,\mathrm{sh}(x)\)

Cette correspondance a une conséquence pratique capitale : toute formule trigonométrique circulaire se transpose en formule hyperbolique par la substitution \(x \mapsto ix\), en ajustant les signes introduits par les puissances de \(i\). Tu retrouveras ce principe au cœur du formulaire (section III).


II. Propriétés fondamentales

Toutes les propriétés ci-dessous se démontrent directement à partir des définitions exponentielles. Leur maîtrise est indispensable pour les concours.

A. Parité

Propriété — Parité ⋆

  • \(\mathrm{sh}\) est impaire : \(\forall x \in \mathbb{R}, \; \mathrm{sh}(-x) = -\mathrm{sh}(x)\)
  • \(\mathrm{ch}\) est paire : \(\forall x \in \mathbb{R}, \; \mathrm{ch}(-x) = \mathrm{ch}(x)\)
  • \(\mathrm{th}\) est impaire : \(\forall x \in \mathbb{R}, \; \mathrm{th}(-x) = -\mathrm{th}(x)\)

Démonstration ⋆ : Soit \(x \in \mathbb{R}\). Pour le sinus hyperbolique :

\(\mathrm{sh}(-x) = \displaystyle\frac{e^{-x} – e^{x}}{2} = -\displaystyle\frac{e^{x} – e^{-x}}{2} = -\mathrm{sh}(x)\)

Pour le cosinus hyperbolique : \(\mathrm{ch}(-x) = \displaystyle\frac{e^{-x} + e^{x}}{2} = \mathrm{ch}(x)\) (la somme commute).

Pour \(\mathrm{th}\) : quotient d’une fonction impaire par une fonction paire, donc impaire. ∎

Comme pour les fonctions circulaires, la parité réduit souvent l’étude à \([0, +\infty[\).

B. L’identité fondamentale \(\mathrm{ch}^2(x) – \mathrm{sh}^2(x) = 1\)

Théorème — Identité fondamentale ⋆

\(\forall x \in \mathbb{R}, \quad \mathrm{ch}^2(x) – \mathrm{sh}^2(x) = 1\)

Démonstration ⋆ :

Méthode 1 — Factorisation. Les relations \(\mathrm{ch}(x) + \mathrm{sh}(x) = e^x\) et \(\mathrm{ch}(x) – \mathrm{sh}(x) = e^{-x}\) donnent :

\(\mathrm{ch}^2(x) – \mathrm{sh}^2(x) = \bigl(\mathrm{ch}(x) + \mathrm{sh}(x)\bigr)\bigl(\mathrm{ch}(x) – \mathrm{sh}(x)\bigr) = e^x \cdot e^{-x} = 1\)

Méthode 2 — Développement. En développant les carrés :

\(\mathrm{ch}^2(x) – \mathrm{sh}^2(x) = \displaystyle\frac{e^{2x} + 2 + e^{-2x}}{4} – \displaystyle\frac{e^{2x} – 2 + e^{-2x}}{4} = \displaystyle\frac{4}{4} = 1\) ∎

Cette identité est l’analogue hyperbolique de \(\cos^2 x + \sin^2 x = 1\). Elle se décline en divisant par \(\mathrm{ch}^2(x)\) :

\(1 – \mathrm{th}^2(x) = \displaystyle\frac{1}{\mathrm{ch}^2(x)}\)

Attention au signe : l’identité circulaire porte un \(+\) (\(\cos^2 + \sin^2\)), l’identité hyperbolique porte un \(–\) (\(\mathrm{ch}^2 – \mathrm{sh}^2\)). Ce changement de signe provient du facteur \(i^2 = -1\) dans le passage circulaire → hyperbolique. C’est la source d’erreur la plus fréquente sur les fonctions hyperboliques.

C. Dérivées

Propriété — Dérivées ⋆

Les fonctions sh, ch et th sont dérivables sur \(\mathbb{R}\) et :

\(\mathrm{sh}^\prime = \mathrm{ch} \qquad \mathrm{ch}^\prime = \mathrm{sh} \qquad \mathrm{th}^\prime = 1 – \mathrm{th}^2 = \displaystyle\frac{1}{\mathrm{ch}^2}\)

Démonstration ⋆ :

Pour tout \(x \in \mathbb{R}\) :

\(\mathrm{sh}^\prime(x) = \displaystyle\frac{d}{dx}\!\left(\displaystyle\frac{e^x – e^{-x}}{2}\right) = \displaystyle\frac{e^x + e^{-x}}{2} = \mathrm{ch}(x)\) \(\mathrm{ch}^\prime(x) = \displaystyle\frac{d}{dx}\!\left(\displaystyle\frac{e^x + e^{-x}}{2}\right) = \displaystyle\frac{e^x – e^{-x}}{2} = \mathrm{sh}(x)\)

Pour th, on applique la formule du quotient :

\(\mathrm{th}^\prime(x) = \displaystyle\frac{\mathrm{sh}^\prime(x)\,\mathrm{ch}(x) – \mathrm{sh}(x)\,\mathrm{ch}^\prime(x)}{\mathrm{ch}^2(x)} = \displaystyle\frac{\mathrm{ch}^2(x) – \mathrm{sh}^2(x)}{\mathrm{ch}^2(x)} = \displaystyle\frac{1}{\mathrm{ch}^2(x)}\) ∎

Piège classique : ne pas confondre \(\mathrm{ch}^\prime = \mathrm{sh}\) avec \(\cos^\prime = -\sin\). Le signe moins est absent pour les hyperboliques. C’est la deuxième différence de signe entre les deux familles (avec l’identité fondamentale).

En itérant, on obtient les dérivées d’ordre supérieur :

\(\mathrm{sh}^{(n)}(x) = \begin{cases} \mathrm{sh}(x) & \text{si } n \text{ est pair} \\ \mathrm{ch}(x) & \text{si } n \text{ est impair} \end{cases}\)

et de même pour ch. Les fonctions hyperboliques sont donc solutions de l’équation différentielle \(y^{\prime\prime} – y = 0\) — un fait fondamental que tu retrouveras dans l’exercice 8.

D. Variations, limites et courbes

Le signe des dérivées donne directement les variations :

  • \(\mathrm{sh}^\prime = \mathrm{ch}\) > \(0\) sur \(\mathbb{R}\) : sh est strictement croissante sur \(\mathbb{R}\), donc réalise une bijection de \(\mathbb{R}\) sur \(\mathbb{R}\).
  • \(\mathrm{ch}^\prime = \mathrm{sh}\) est négatif sur \(]-\infty, 0[\) et positif sur \(]0, +\infty[\) : ch est décroissante puis croissante, avec un minimum global \(\mathrm{ch}(0) = 1\).
  • \(\mathrm{th}^\prime = \displaystyle\frac{1}{\mathrm{ch}^2}\) > \(0\) sur \(\mathbb{R}\) : th est strictement croissante sur \(\mathbb{R}\), donc réalise une bijection de \(\mathbb{R}\) sur \(]-1, 1[\).

Limites :

Limites des fonctions hyperboliques
Fonction En \(+\infty\) En \(-\infty\) Équivalent en \(+\infty\)
\(\mathrm{sh}(x)\) \(+\infty\) \(-\infty\) \(\displaystyle\frac{e^x}{2}\)
\(\mathrm{ch}(x)\) \(+\infty\) \(+\infty\) \(\displaystyle\frac{e^x}{2}\)
\(\mathrm{th}(x)\) \(1\) \(-1\)

Les équivalents s’obtiennent en factorisant par \(e^x\) : en \(+\infty\), \(e^{-x}\) est négligeable devant \(e^x\), d’où \(\mathrm{sh}(x) \sim \mathrm{ch}(x) \sim \displaystyle\frac{e^x}{2}\). Pour th :

\(\mathrm{th}(x) = \displaystyle\frac{1 – e^{-2x}}{1 + e^{-2x}} \underset{x \to +\infty}{\longrightarrow} 1\)

Les courbes confirment les résultats analytiques :

  • \(\mathrm{sh}\) (en bleu) : courbe en « S » passant par l’origine, strictement croissante, à croissance exponentielle.
  • \(\mathrm{ch}\) (en or) : courbe en forme de chaînette, paire, minimum 1 en 0. C’est la courbe décrite par un câble suspendu sous son propre poids.
  • \(\mathrm{th}\) (en vert) : sigmoïde bornée, strictement croissante, avec deux asymptotes horizontales \(y = \pm 1\).

III. Formulaire complet des fonctions hyperboliques

Les formules ci-dessous se déduisent toutes des définitions exponentielles, ou des formules trigonométriques circulaires par la substitution \(x \mapsto ix\). Chaque formule d’addition est démontrable — et régulièrement demandée en colle.

A. Formules d’addition

Théorème — Formules d’addition ⋆

Pour tous \(a, b \in \mathbb{R}\) :

\(\mathrm{ch}(a+b) = \mathrm{ch}(a)\,\mathrm{ch}(b) + \mathrm{sh}(a)\,\mathrm{sh}(b)\)

\(\mathrm{sh}(a+b) = \mathrm{sh}(a)\,\mathrm{ch}(b) + \mathrm{ch}(a)\,\mathrm{sh}(b)\)

\(\mathrm{th}(a+b) = \displaystyle\frac{\mathrm{th}(a) + \mathrm{th}(b)}{1 + \mathrm{th}(a)\,\mathrm{th}(b)}\)

Démonstration ⋆ (formule de ch(a+b)) :

\(\mathrm{ch}(a)\,\mathrm{ch}(b) + \mathrm{sh}(a)\,\mathrm{sh}(b)\) \(= \displaystyle\frac{(e^a + e^{-a})(e^b + e^{-b}) + (e^a – e^{-a})(e^b – e^{-b})}{4}\)

En développant le numérateur :

\(= \displaystyle\frac{(e^{a+b} + e^{a-b} + e^{-a+b} + e^{-a-b}) + (e^{a+b} – e^{a-b} – e^{-a+b} + e^{-a-b})}{4}\)

\(= \displaystyle\frac{2e^{a+b} + 2e^{-(a+b)}}{4} = \displaystyle\frac{e^{a+b} + e^{-(a+b)}}{2} = \mathrm{ch}(a+b)\) ∎

La démonstration de sh(a+b) est analogue (exercice 2 ci-dessous). Pour th(a+b), on divise numérateur et dénominateur de \(\displaystyle\frac{\mathrm{sh}(a+b)}{\mathrm{ch}(a+b)}\) par \(\mathrm{ch}(a)\,\mathrm{ch}(b)\).

On en déduit les formules de soustraction en remplaçant \(b\) par \(-b\) (en utilisant la parité) :

\(\mathrm{ch}(a-b) = \mathrm{ch}(a)\,\mathrm{ch}(b) – \mathrm{sh}(a)\,\mathrm{sh}(b)\) \(\mathrm{sh}(a-b) = \mathrm{sh}(a)\,\mathrm{ch}(b) – \mathrm{ch}(a)\,\mathrm{sh}(b)\)

B. Formules de duplication et de linéarisation

En posant \(a = b\) dans les formules d’addition :

Formules de duplication

\(\mathrm{ch}(2x) = \mathrm{ch}^2(x) + \mathrm{sh}^2(x) = 2\,\mathrm{ch}^2(x) – 1 = 1 + 2\,\mathrm{sh}^2(x)\)

\(\mathrm{sh}(2x) = 2\,\mathrm{sh}(x)\,\mathrm{ch}(x)\)

\(\mathrm{th}(2x) = \displaystyle\frac{2\,\mathrm{th}(x)}{1 + \mathrm{th}^2(x)}\)

Les trois expressions de \(\mathrm{ch}(2x)\) s’obtiennent en combinant \(\mathrm{ch}^2 + \mathrm{sh}^2\) avec l’identité \(\mathrm{ch}^2 – \mathrm{sh}^2 = 1\).

En inversant, on obtient les formules de linéarisation :

Formules de linéarisation

\(\mathrm{ch}^2(x) = \displaystyle\frac{1 + \mathrm{ch}(2x)}{2} \qquad \mathrm{sh}^2(x) = \displaystyle\frac{\mathrm{ch}(2x) – 1}{2}\)

\(\mathrm{sh}(x)\,\mathrm{ch}(x) = \displaystyle\frac{\mathrm{sh}(2x)}{2}\)

Ces formules sont indispensables pour le calcul de primitives de puissances de sh et ch (exercice 4 ci-dessous).

C. Développements limités en 0

Les DL se déduisent de celui de l’exponentielle \(e^x = \displaystyle\sum_{n=0}^{+\infty} \displaystyle\frac{x^n}{n!}\) :

Développements limités ⋆

\(\mathrm{sh}(x) = x + \displaystyle\frac{x^3}{6} + \displaystyle\frac{x^5}{120} + o(x^5) = \sum_{n=0}^{+\infty} \displaystyle\frac{x^{2n+1}}{(2n+1)!}\)

\(\mathrm{ch}(x) = 1 + \displaystyle\frac{x^2}{2} + \displaystyle\frac{x^4}{24} + o(x^4) = \sum_{n=0}^{+\infty} \displaystyle\frac{x^{2n}}{(2n)!}\)

\(\mathrm{th}(x) = x – \displaystyle\frac{x^3}{3} + \displaystyle\frac{2x^5}{15} + o(x^5)\)

La cohérence avec la parité est immédiate : sh (impaire) n’a que des termes impairs, ch (paire) n’a que des termes pairs. Ces DL sont ceux de sin et cos sans les alternances de signe — encore une conséquence du passage \(ix \mapsto x\).

Conséquence utile : \(\displaystyle\frac{\mathrm{sh}(x)}{x} \underset{x \to 0}{\longrightarrow} 1\) et \(\displaystyle\frac{\mathrm{ch}(x) – 1}{x^2} \underset{x \to 0}{\longrightarrow} \displaystyle\frac{1}{2}\). Ces limites sont les analogues hyperboliques de \(\displaystyle\frac{\sin x}{x} \to 1\).

D. Tableau comparatif : fonctions circulaires ↔ hyperboliques

Le tableau suivant synthétise l’analogie systématique entre les deux familles. La règle de passage est simple : chaque terme contenant un produit de deux sinus (ou sh) voit son signe inversé.

Correspondance complète circulaires ↔ hyperboliques
Formule circulaire Formule hyperbolique Signe modifié ?
\(\cos^2 x + \sin^2 x = 1\) \(\mathrm{ch}^2 x – \mathrm{sh}^2 x = 1\) Oui (\(+\to –\))
\(\cos(a+b) = \cos a\cos b – \sin a \sin b\) \(\mathrm{ch}(a+b) = \mathrm{ch}\,a\,\mathrm{ch}\,b + \mathrm{sh}\,a\,\mathrm{sh}\,b\) Oui (\(– \to +\))
\(\sin(a+b) = \sin a\cos b + \cos a \sin b\) \(\mathrm{sh}(a+b) = \mathrm{sh}\,a\,\mathrm{ch}\,b + \mathrm{ch}\,a\,\mathrm{sh}\,b\) Non
\(\cos(2x) = 2\cos^2 x – 1\) \(\mathrm{ch}(2x) = 2\,\mathrm{ch}^2 x – 1\) Non
\(\sin(2x) = 2\sin x\cos x\) \(\mathrm{sh}(2x) = 2\,\mathrm{sh}\,x\,\mathrm{ch}\,x\) Non
\(\cos^\prime x = -\sin x\) \(\mathrm{ch}^\prime x = \mathrm{sh}\,x\) Oui (le \(–\) disparaît)
\(\sin^\prime x = \cos x\) \(\mathrm{sh}^\prime x = \mathrm{ch}\,x\) Non
\(1 + \tan^2 x = \displaystyle\frac{1}{\cos^2 x}\) \(1 – \mathrm{th}^2 x = \displaystyle\frac{1}{\mathrm{ch}^2 x}\) Oui (\(+ \to –\))
\(\tan(a+b) = \displaystyle\frac{\tan a + \tan b}{1 – \tan a \tan b}\) \(\mathrm{th}(a+b) = \displaystyle\frac{\mathrm{th}\,a + \mathrm{th}\,b}{1 + \mathrm{th}\,a\,\mathrm{th}\,b}\) Oui (\(– \to +\))

Comment retenir les signes ? Repère chaque terme contenant un produit de deux « sinus » (sin·sin ou sh·sh). En passant du circulaire à l’hyperbolique, le signe de ce terme est inversé. C’est la trace du facteur \(i^2 = -1\) dans \(\sin(ix) = i\,\mathrm{sh}(x)\).

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IV. Fonctions hyperboliques réciproques

Les bijectivités établies en section II garantissent l’existence de fonctions réciproques. Leur expression explicite en termes de logarithme est l’un des résultats les plus demandés en colle et aux concours.

A. Argument sinus hyperbolique (argsh)

Définition et expression explicite ⋆

La fonction \(\mathrm{argsh} : \mathbb{R} \to \mathbb{R}\) est la bijection réciproque de \(\mathrm{sh}\). Pour tout \(x \in \mathbb{R}\) :

\(\mathrm{argsh}(x) = \ln\!\left(x + \sqrt{x^2 + 1}\right)\)

Démonstration ⋆ : On cherche \(y \in \mathbb{R}\) tel que \(\mathrm{sh}(y) = x\), c’est-à-dire :

\(\displaystyle\frac{e^y – e^{-y}}{2} = x \quad \Leftrightarrow \quad e^{2y} – 2x\,e^y – 1 = 0\)

C’est une équation du second degré en \(t = e^y\) > \(0\). Le discriminant vaut \(\Delta = 4x^2 + 4 = 4(x^2 + 1)\) > \(0\), et les racines sont :

\(t = x \pm \sqrt{x^2 + 1}\)

Comme \(\sqrt{x^2 + 1}\) > \(|x|\), la racine \(t = x – \sqrt{x^2+1}\) est strictement négative, donc exclue. Il reste \(t = x + \sqrt{x^2+1}\) > \(0\), d’où :

\(y = \ln\!\left(x + \sqrt{x^2 + 1}\right)\) ∎

B. Argument cosinus hyperbolique (argch)

Définition et expression explicite ⋆

La fonction \(\mathrm{argch} : [1, +\infty[\, \to [0, +\infty[\) est la bijection réciproque de la restriction \(\mathrm{ch}_{|[0,+\infty[}\). Pour tout \(x \geq 1\) :

\(\mathrm{argch}(x) = \ln\!\left(x + \sqrt{x^2 – 1}\right)\)

Démonstration ⋆ : On cherche \(y \geq 0\) tel que \(\mathrm{ch}(y) = x\). En posant \(t = e^y\) > \(0\), on obtient :

\(t^2 – 2x\,t + 1 = 0\)

Le discriminant \(\Delta = 4(x^2 – 1) \geq 0\) pour \(x \geq 1\). Les deux racines sont \(t_1 = x + \sqrt{x^2-1}\) et \(t_2 = x – \sqrt{x^2-1}\).

Observation clé : \(t_1 \cdot t_2 = 1\) (produit des racines), donc \(t_2 = \displaystyle\frac{1}{t_1}\). On a \(t_1 \geq 1\) et \(t_2 \leq 1\).

La condition \(y \geq 0\) impose \(t = e^y \geq 1\), soit \(t = t_1\), et :

\(y = \ln\!\left(x + \sqrt{x^2 – 1}\right)\) ∎

Attention : l’équation \(\mathrm{ch}(y) = x\) pour \(x\) > \(1\) admet deux solutions dans \(\mathbb{R}\) : \(y = \pm\,\mathrm{argch}(x)\) (par parité de ch). La convention argch choisit la valeur positive. Ne pas oublier le \(\pm\) lors de la résolution d’équations.

C. Argument tangente hyperbolique (argth)

Définition et expression explicite

La fonction \(\mathrm{argth} :\, ]-1, 1[\, \to \mathbb{R}\) est la bijection réciproque de \(\mathrm{th}\). Pour tout \(x \in \,]-1, 1[\,\) :

\(\mathrm{argth}(x) = \displaystyle\frac{1}{2}\ln\!\left(\displaystyle\frac{1+x}{1-x}\right)\)

Démonstration : On résout \(\mathrm{th}(y) = x\), soit \(\displaystyle\frac{e^{2y} – 1}{e^{2y} + 1} = x\). En isolant \(e^{2y}\) :

\(e^{2y} – 1 = x(e^{2y} + 1) \quad \Leftrightarrow \quad e^{2y}(1-x) = 1+x \quad \Leftrightarrow \quad e^{2y} = \displaystyle\frac{1+x}{1-x}\)

d’où \(y = \displaystyle\frac{1}{2}\ln\!\left(\displaystyle\frac{1+x}{1-x}\right)\), valide pour \(|x|\) < \(1\). ∎

D. Dérivées des fonctions réciproques

Propriété — Dérivées des réciproques ⋆

\(\mathrm{argsh}^\prime(x) = \displaystyle\frac{1}{\sqrt{x^2 + 1}} \quad \forall x \in \mathbb{R}\)

\(\mathrm{argch}^\prime(x) = \displaystyle\frac{1}{\sqrt{x^2 – 1}} \quad \forall x\) > \(1\)

\(\mathrm{argth}^\prime(x) = \displaystyle\frac{1}{1 – x^2} \quad \forall x \in \,]-1, 1[\,\)

Démonstration ⋆ (argsh’) : Par le théorème de dérivation des bijections réciproques, pour tout \(x \in \mathbb{R}\) :

\(\mathrm{argsh}^\prime(x) = \displaystyle\frac{1}{\mathrm{sh}^\prime(\mathrm{argsh}(x))} = \displaystyle\frac{1}{\mathrm{ch}(\mathrm{argsh}(x))}\)

Posons \(y = \mathrm{argsh}(x)\). Alors \(\mathrm{sh}(y) = x\) et l’identité fondamentale donne \(\mathrm{ch}^2(y) = 1 + \mathrm{sh}^2(y) = 1 + x^2\). Comme \(\mathrm{ch}(y)\) > \(0\), on obtient \(\mathrm{ch}(y) = \sqrt{1 + x^2}\), d’où :

\(\mathrm{argsh}^\prime(x) = \displaystyle\frac{1}{\sqrt{x^2 + 1}}\) ∎

Les démonstrations pour argch’ et argth’ suivent le même schéma (exercice recommandé).

Lien avec les primitives : ces dérivées fournissent des primitives classiques de CPGE :

  • \(\displaystyle\int \displaystyle\frac{dx}{\sqrt{x^2 + 1}} = \mathrm{argsh}(x) + C = \ln\!\left(x + \sqrt{x^2+1}\right) + C\)
  • \(\displaystyle\int \displaystyle\frac{dx}{\sqrt{x^2 – 1}} = \mathrm{argch}(x) + C\) pour \(x\) > \(1\)
  • \(\displaystyle\int \displaystyle\frac{dx}{1 – x^2} = \mathrm{argth}(x) + C\) pour \(|x|\) < \(1\)

Ces formules apparaissent dès qu’un changement de variable hyperbolique s’impose dans un calcul d’intégrale.


V. Exercices corrigés

Huit exercices classés par difficulté croissante, couvrant calcul direct, démonstrations, techniques de manipulation et problèmes de concours.

Exercice 1 — ★ — Valeurs exactes

Calculer \(\mathrm{sh}(\ln 3)\), \(\mathrm{ch}(\ln 3)\) et \(\mathrm{th}(\ln 3)\).

Voir la correction

On applique directement les définitions avec \(e^{\ln 3} = 3\) et \(e^{-\ln 3} = \displaystyle\frac{1}{3}\) :

\(\mathrm{sh}(\ln 3) = \displaystyle\frac{3 – \displaystyle\frac{1}{3}}{2} = \displaystyle\frac{\displaystyle\frac{8}{3}}{2} = \displaystyle\frac{4}{3}\) \(\mathrm{ch}(\ln 3) = \displaystyle\frac{3 + \displaystyle\frac{1}{3}}{2} = \displaystyle\frac{\displaystyle\frac{10}{3}}{2} = \displaystyle\frac{5}{3}\)

Vérification : \(\mathrm{ch}^2(\ln 3) – \mathrm{sh}^2(\ln 3) = \displaystyle\frac{25}{9} – \displaystyle\frac{16}{9} = 1\) ✓

\(\mathrm{th}(\ln 3) = \displaystyle\frac{\mathrm{sh}(\ln 3)}{\mathrm{ch}(\ln 3)} = \displaystyle\frac{4/3}{5/3} = \displaystyle\frac{4}{5}\)

Exercice 2 — ★★ — Formule d’addition (colle classique)

Démontrer que \(\forall a, b \in \mathbb{R}\), \(\mathrm{sh}(a+b) = \mathrm{sh}(a)\,\mathrm{ch}(b) + \mathrm{ch}(a)\,\mathrm{sh}(b)\).

Voir la correction

On part du membre de droite :

\(\mathrm{sh}(a)\,\mathrm{ch}(b) + \mathrm{ch}(a)\,\mathrm{sh}(b) = \displaystyle\frac{(e^a – e^{-a})(e^b + e^{-b}) + (e^a + e^{-a})(e^b – e^{-b})}{4}\)

Développons chaque produit :

Premier : \(e^{a+b} + e^{a-b} – e^{-a+b} – e^{-a-b}\)

Second : \(e^{a+b} – e^{a-b} + e^{-a+b} – e^{-a-b}\)

La somme vaut \(2e^{a+b} – 2e^{-(a+b)}\), d’où :

\(\displaystyle\frac{2e^{a+b} – 2e^{-(a+b)}}{4} = \displaystyle\frac{e^{a+b} – e^{-(a+b)}}{2} = \mathrm{sh}(a+b)\) ∎


Exercice 3 — ★★ — Résolution d’équation

Résoudre dans \(\mathbb{R}\) l’équation \(\mathrm{ch}(x) = \displaystyle\frac{5}{3}\).

Voir la correction

Comme \(\displaystyle\frac{5}{3}\) > \(1 = \min(\mathrm{ch})\), l’équation admet des solutions.

Par parité de ch, les solutions sont \(x = \pm\,\mathrm{argch}\!\left(\displaystyle\frac{5}{3}\right)\).

Calculons :

\(\mathrm{argch}\!\left(\displaystyle\frac{5}{3}\right) = \ln\!\left(\displaystyle\frac{5}{3} + \sqrt{\displaystyle\frac{25}{9} – 1}\right) = \ln\!\left(\displaystyle\frac{5}{3} + \displaystyle\frac{4}{3}\right) = \ln(3)\)

Conclusion : \(S = \{-\ln 3 ;\; \ln 3\}\).

Vérification : on a trouvé à l’exercice 1 que \(\mathrm{ch}(\ln 3) = \displaystyle\frac{5}{3}\) ✓


Exercice 4 — ★★★ — Linéarisation

Linéariser \(\mathrm{ch}^2(x)\,\mathrm{sh}(x)\), c’est-à-dire l’exprimer comme combinaison linéaire de fonctions hyperboliques simples.

Voir la correction

On passe en écriture exponentielle :

\(\mathrm{ch}^2(x)\,\mathrm{sh}(x) = \left(\displaystyle\frac{e^x + e^{-x}}{2}\right)^{\!2} \cdot \displaystyle\frac{e^x – e^{-x}}{2} = \displaystyle\frac{(e^{2x} + 2 + e^{-2x})(e^x – e^{-x})}{8}\)

Développons le numérateur :

\(e^{3x} – e^{x} + 2e^{x} – 2e^{-x} + e^{-x} – e^{-3x} = e^{3x} + e^{x} – e^{-x} – e^{-3x}\) \(= (e^{3x} – e^{-3x}) + (e^{x} – e^{-x}) = 2\,\mathrm{sh}(3x) + 2\,\mathrm{sh}(x)\)

Donc :

\(\mathrm{ch}^2(x)\,\mathrm{sh}(x) = \displaystyle\frac{2\,\mathrm{sh}(3x) + 2\,\mathrm{sh}(x)}{8} = \displaystyle\frac{\mathrm{sh}(3x) + \mathrm{sh}(x)}{4}\)

Exercice 5 — ★★★ — Calcul d’intégrale

Calculer \(\displaystyle\int_0^1 \mathrm{th}(x)\,dx\).

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On écrit \(\mathrm{th}(x) = \displaystyle\frac{\mathrm{sh}(x)}{\mathrm{ch}(x)}\). C’est de la forme \(\displaystyle\frac{u^\prime}{u}\) avec \(u = \mathrm{ch}\) (car \(\mathrm{ch}^\prime = \mathrm{sh}\)).

Une primitive de th est donc \(\ln(\mathrm{ch}(x))\) (la valeur absolue est inutile car \(\mathrm{ch}\) > \(0\)). Ainsi :

\(\displaystyle\int_0^1 \mathrm{th}(x)\,dx = \Big[\ln\bigl(\mathrm{ch}(x)\bigr)\Big]_0^1 = \ln\bigl(\mathrm{ch}(1)\bigr) – \ln\bigl(\mathrm{ch}(0)\bigr) = \ln\!\left(\displaystyle\frac{e + e^{-1}}{2}\right)\)

car \(\mathrm{ch}(0) = 1\) et \(\ln(1) = 0\).


Exercice 6 — ★★★ I (Incontournable) — Inégalité fondamentale

1. Montrer que \(\forall x \geq 0\), \(\mathrm{sh}(x) \geq x\).

2. En déduire que \(\forall x \in \mathbb{R}\), \(\mathrm{ch}(x) \geq 1 + \displaystyle\frac{x^2}{2}\).

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1. Posons \(f(x) = \mathrm{sh}(x) – x\) sur \([0, +\infty[\).

\(f(0) = 0\) et \(f^\prime(x) = \mathrm{ch}(x) – 1 \geq 0\) (car \(\mathrm{ch}(x) \geq 1\)).

Donc \(f\) est croissante sur \([0, +\infty[\) avec \(f(0) = 0\), d’où \(f(x) \geq 0\) pour tout \(x \geq 0\), soit \(\mathrm{sh}(x) \geq x\). ∎

2. Posons \(g(x) = \mathrm{ch}(x) – 1 – \displaystyle\frac{x^2}{2}\) sur \(\mathbb{R}\).

\(g(0) = 0\) et \(g^\prime(x) = \mathrm{sh}(x) – x\).

Pour \(x \geq 0\) : \(g^\prime(x) = \mathrm{sh}(x) – x \geq 0\) (question 1), donc \(g\) est croissante sur \([0, +\infty[\).

Pour \(x \leq 0\) : posons \(x = -t\) avec \(t \geq 0\). Alors \(g^\prime(x) = \mathrm{sh}(-t) – (-t) = -\mathrm{sh}(t) + t = -(\mathrm{sh}(t) – t) \leq 0\). Donc \(g\) est décroissante sur \(]-\infty, 0]\).

Dans les deux cas, \(g(x) \geq g(0) = 0\), soit \(\mathrm{ch}(x) \geq 1 + \displaystyle\frac{x^2}{2}\). ∎

Prolongement : en itérant ce raisonnement, on montre par récurrence que \(\mathrm{ch}(x) \geq \displaystyle\sum_{k=0}^{n} \displaystyle\frac{x^{2k}}{(2k)!}\) pour tout \(n \in \mathbb{N}\), ce qui donne le développement en série de ch comme borne inférieure.


Exercice 7 — ★★★★ — Étude de fonction (type DS)

Soit \(f : ]0, +\infty[\, \to \mathbb{R}\) définie par \(f(x) = \displaystyle\frac{\mathrm{sh}(x)}{x}\).

1. Montrer que \(f\) se prolonge par continuité en 0. Préciser la valeur du prolongement.

2. Étudier les variations de \(f\) sur \(]0, +\infty[\).

Voir la correction

1. Par DL en 0 : \(\mathrm{sh}(x) = x + \displaystyle\frac{x^3}{6} + o(x^3)\), donc \(\displaystyle\frac{\mathrm{sh}(x)}{x} = 1 + \displaystyle\frac{x^2}{6} + o(x^2) \underset{x \to 0}{\longrightarrow} 1\).

On prolonge \(f\) en posant \(f(0) = 1\).

2. Sur \(]0, +\infty[\), \(f\) est dérivable et :

\(f^\prime(x) = \displaystyle\frac{x\,\mathrm{ch}(x) – \mathrm{sh}(x)}{x^2}\)

Le signe de \(f^\prime\) est celui de \(h(x) = x\,\mathrm{ch}(x) – \mathrm{sh}(x)\).

\(h(0) = 0\) et \(h^\prime(x) = \mathrm{ch}(x) + x\,\mathrm{sh}(x) – \mathrm{ch}(x) = x\,\mathrm{sh}(x)\).

Pour \(x\) > \(0\), \(\mathrm{sh}(x)\) > \(0\) donc \(h^\prime(x)\) > \(0\) : la fonction \(h\) est strictement croissante sur \(]0, +\infty[\).

Comme \(h(0) = 0\), on a \(h(x)\) > \(0\) pour tout \(x\) > \(0\), donc \(f^\prime(x)\) > \(0\).

Conclusion : \(f\) est strictement croissante sur \(]0, +\infty[\), avec \(\lim_{x \to 0^+} f(x) = 1\) et \(\lim_{x \to +\infty} f(x) = +\infty\).


Exercice 8 — ★★★★★ — Caractérisation fonctionnelle (type concours)

Soit \(f : \mathbb{R} \to \mathbb{R}\) une fonction dérivable vérifiant \(f^\prime(x) = \sqrt{1 + f(x)^2}\) pour tout \(x \in \mathbb{R}\), et \(f(0) = 0\). Montrer que \(f = \mathrm{sh}\).

Voir la correction

Étape 1 — Montrer que f vérifie une EDO linéaire.

Posons \(g = f^\prime\). Par hypothèse, \(g(x) = \sqrt{1 + f(x)^2}\) > \(0\). La fonction \(f\) est \(\mathcal{C}^1\) et \(g\) est dérivable (comme composée). Dérivons :

\(g^\prime(x) = \displaystyle\frac{f(x)\,f^\prime(x)}{\sqrt{1 + f(x)^2}} = \displaystyle\frac{f(x)\,g(x)}{g(x)} = f(x)\)

Donc \(f^{\prime\prime}(x) = f(x)\) : la fonction \(f\) est solution de l’équation différentielle \(y^{\prime\prime} – y = 0\).

Étape 2 — Résoudre avec les conditions initiales.

Les solutions de \(y^{\prime\prime} – y = 0\) forment l’espace vectoriel engendré par \(\mathrm{ch}\) et \(\mathrm{sh}\) :

\(f(x) = A\,\mathrm{ch}(x) + B\,\mathrm{sh}(x)\)

Condition \(f(0) = 0\) : \(A \cdot 1 + B \cdot 0 = 0\), donc \(A = 0\).

Condition \(f^\prime(0) = \sqrt{1 + f(0)^2} = 1\) : \(B\,\mathrm{ch}(0) = B = 1\).

Conclusion : \(f = \mathrm{sh}\). ∎

Remarque : cet exercice illustre le lien fondamental entre les fonctions hyperboliques et l’équation différentielle \(y^{\prime\prime} – y = 0\). Les solutions de \(y^{\prime\prime} + y = 0\) sont les fonctions circulaires sin et cos ; celles de \(y^{\prime\prime} – y = 0\) sont les fonctions hyperboliques sh et ch. Le changement de signe devant \(y\) transforme les oscillations en croissance exponentielle.

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Définitions, identités, dérivées, DL, réciproques et tableau d’analogie circulaires ↔ hyperboliques. Format A4 optimisé pour la révision.

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Idéal pour réviser avant une colle ou un DS sur les fonctions hyperboliques.


VI. Erreurs fréquentes et pièges classiques

Erreur n°1 — Inverser les signes dans les identités.

Copie fautive : « On sait que \(\mathrm{ch}^2 x + \mathrm{sh}^2 x = 1\)… »

Diagnostic : l’étudiant applique machinalement l’identité circulaire \(\cos^2 + \sin^2 = 1\) sans adapter le signe.

Correction : \(\mathrm{ch}^2 x \mathbf{-} \mathrm{sh}^2 x = 1\). Retenir : dans le passage circulaire → hyperbolique, tout produit de deux sinus change de signe.

Erreur n°2 — Oublier le signe dans \(\mathrm{ch}^\prime = \mathrm{sh}\).

Copie fautive : « \(\mathrm{ch}^\prime(x) = -\mathrm{sh}(x)\)… » (par analogie avec \(\cos^\prime = -\sin\)).

Correction : \(\mathrm{ch}^\prime(x) = \mathrm{sh}(x)\) (pas de signe moins). Vérification immédiate : \(\displaystyle\frac{d}{dx}\!\left(\displaystyle\frac{e^x + e^{-x}}{2}\right) = \displaystyle\frac{e^x – e^{-x}}{2}\).

Erreur n°3 — Oublier la deuxième solution de \(\mathrm{ch}(x) = a\).

Copie fautive : « \(\mathrm{ch}(x) = 2\), donc \(x = \mathrm{argch}(2)\). »

Correction : par parité de ch, les solutions sont \(x = \pm\,\mathrm{argch}(2)\). L’oubli du \(\pm\) est sanctionné aux concours.

Erreur n°4 — Confondre les domaines de argch et argsh.

Copie fautive : « \(\mathrm{argch}(-3) = \ln(-3 + \sqrt{8})\)… »

Correction : argch est définie sur \([1, +\infty[\) uniquement. L’évaluation en \(-3\) n’a pas de sens. En revanche, argsh est définie sur \(\mathbb{R}\) entier.


VII. Questions fréquentes


C'est quoi sh, ch et th en maths ?

sh (sinus hyperbolique), ch (cosinus hyperbolique) et th (tangente hyperbolique) sont trois fonctions définies à partir de l’exponentielle réelle. On a \(\mathrm{sh}(x) = \displaystyle\frac{e^x – e^{-x}}{2}\), \(\mathrm{ch}(x) = \displaystyle\frac{e^x + e^{-x}}{2}\) et \(\mathrm{th}(x) = \displaystyle\frac{\mathrm{sh}(x)}{\mathrm{ch}(x)}\). Ce sont les analogues réels des fonctions circulaires sin, cos et tan.

Quelle est la différence entre fonctions hyperboliques et fonctions circulaires ?

Les fonctions circulaires (sin, cos) sont construites avec l’exponentielle complexe (\(e^{ix}\)), tandis que les fonctions hyperboliques (sh, ch) utilisent l’exponentielle réelle (\(e^x\)). Leurs formules sont analogues à un signe près : \(\cos^2 + \sin^2 = 1\) devient \(\mathrm{ch}^2 – \mathrm{sh}^2 = 1\), et \(\cos^\prime = -\sin\) devient \(\mathrm{ch}^\prime = \mathrm{sh}\) (le signe moins disparaît). Géométriquement, les circulaires paramètrent le cercle unité, les hyperboliques paramètrent l’hyperbole \(x^2 – y^2 = 1\).

Quelle est la relation fondamentale entre ch et sh ?

L’identité fondamentale est \(\mathrm{ch}^2(x) – \mathrm{sh}^2(x) = 1\) pour tout réel \(x\). Elle se démontre directement à partir des définitions exponentielles : \((\mathrm{ch} + \mathrm{sh})(\mathrm{ch} – \mathrm{sh}) = e^x \cdot e^{-x} = 1\). On en déduit la variante \(1 – \mathrm{th}^2(x) = \displaystyle\frac{1}{\mathrm{ch}^2(x)}\).

Comment retrouver les formules hyperboliques à partir des formules circulaires ?

Applique la substitution \(x \mapsto ix\) dans chaque formule circulaire, en utilisant \(\cos(ix) = \mathrm{ch}(x)\) et \(\sin(ix) = i\,\mathrm{sh}(x)\). Chaque fois qu’un produit de deux sinus apparaît, le facteur \(i^2 = -1\) inverse le signe. C’est la seule règle à retenir : les termes sans produit de sinus gardent leur signe.

À quoi servent les fonctions hyperboliques en prépa ?

En CPGE, les fonctions hyperboliques interviennent dans : (1) la résolution de l’équation différentielle \(y^{\prime\prime} – y = 0\) (sh et ch en sont les solutions fondamentales), (2) le calcul de primitives (les réciproques argsh, argch donnent des primitives de \(\displaystyle\frac{1}{\sqrt{x^2 \pm 1}}\)), (3) les développements limités, (4) la géométrie hyperbolique. En physique, elles modélisent la chaînette, les transformations de Lorentz et la propagation d’ondes.

Pourquoi dit-on « hyperbolique » ?

Les fonctions circulaires paramètrent le cercle unité \(x^2 + y^2 = 1\) par \(x = \cos t\), \(y = \sin t\). De même, les fonctions hyperboliques paramètrent la branche droite de l’hyperbole \(x^2 – y^2 = 1\) par \(x = \mathrm{ch}(t)\), \(y = \mathrm{sh}(t)\). C’est l’identité \(\mathrm{ch}^2 – \mathrm{sh}^2 = 1\) qui garantit que le point \((\mathrm{ch}(t), \mathrm{sh}(t))\) est bien sur l’hyperbole.



VIII. Pour aller plus loin

Tu maîtrises maintenant les fonctions hyperboliques et leurs réciproques. Pour approfondir et t’entraîner davantage, voici les ressources complémentaires :

Dans le cocon Trigonométrie :

Cours connexes :

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