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Comment décrire entièrement le comportement probabiliste d’une variable aléatoire ? La fonction de répartition répond à cette question : c’est la seule fonction qui caractérise complètement la loi d’une variable aléatoire, qu’elle soit discrète, continue ou mixte. Associée à la notion de densité de probabilité dans le cas continu, elle constitue un outil incontournable du programme de CPGE. Ce cours couvre les définitions formelles, les propriétés fondamentales (avec démonstrations exigibles), les lois classiques et 8 exercices corrigés.
I. Définition et propriétés fondamentales de la fonction de répartition
A. Définition formelle
La fonction de répartition encode, en une seule fonction réelle, toute l’information probabiliste d’une variable aléatoire.
Définition — Fonction de répartition
Soit \(X\) une variable aléatoire réelle définie sur un espace probabilisé \((\Omega, \mathcal{A}, P)\). La fonction de répartition de \(X\) est la fonction \(F_X : \mathbb{R} \to [0, 1]\) définie par :
\(\displaystyle \forall x \in \mathbb{R}, \quad F_X(x) = P(X \leq x)\)
Cette définition est universelle : elle s’applique indifféremment aux variables aléatoires discrètes, à densité ou mixtes. Lorsqu’il n’y a pas d’ambiguïté sur la variable, on note simplement \(F\) au lieu de \(F_X\).
Exemple — Loi de Bernoulli
Soit \(X \sim \mathcal{B}(p)\) avec \(p \in \,]0, 1[\). Alors \(X\) prend les valeurs \(0\) et \(1\) avec \(P(X = 0) = 1 – p\) et \(P(X = 1) = p\). La fonction de répartition vaut :
\(\displaystyle F(x) = \begin{cases} 0 & \text{si } x \lt 0 \\ 1 – p & \text{si } 0 \leq x \lt 1 \\ 1 & \text{si } x \geq 1 \end{cases}\)
C’est une fonction en escalier, constante par morceaux, avec des sauts aux points \(0\) et \(1\).
B. Propriétés fondamentales
La fonction de répartition possède quatre propriétés caractéristiques. Les trois premières sont intuitives ; la quatrième (continuité à droite) est plus subtile et souvent mal comprise.
Théorème — Propriétés de la fonction de répartition
Soit \(F\) la fonction de répartition d’une variable aléatoire réelle \(X\). Alors :
- Croissance : \(F\) est croissante (au sens large) sur \(\mathbb{R}\).
- Limites aux bornes : \(\displaystyle \lim_{x \to -\infty} F(x) = 0\) et \(\displaystyle \lim_{x \to +\infty} F(x) = 1\).
- Continuité à droite : \(\forall a \in \mathbb{R},\) \(\displaystyle \lim_{x \to a^+} F(x) = F(a)\).
- Caractérisation : Réciproquement, toute fonction \(F : \mathbb{R} \to [0, 1]\) vérifiant les propriétés 1, 2 et 3 est la fonction de répartition d’une (unique) loi de probabilité sur \(\mathbb{R}\).
De ces propriétés découlent les formules de calcul essentielles :
Formules de calcul via la FdR
- \(\displaystyle P(a\) < \(X \leq b) = F(b) – F(a)\)
- \(\displaystyle P(X\) > \(a) = 1 – F(a)\)
- \(\displaystyle P(X \geq a) = 1 – F(a^-)\) où \(F(a^-) = \displaystyle\lim_{x \to a^-} F(x)\)
- \(\displaystyle P(X = a) = F(a) – F(a^-)\) (le saut de \(F\) en \(a\))
La dernière formule est fondamentale : la probabilité qu’une variable aléatoire prenne exactement la valeur \(a\) se lit comme la taille du saut de \(F\) en \(a\). Si \(F\) est continue en \(a\), alors \(P(X = a) = 0\).
C. Démonstrations des propriétés ⋆
Ces trois démonstrations sont exigibles dans la plupart des filières CPGE. Elles reposent sur des propriétés fondamentales de la mesure de probabilité.
Démonstration ⋆ — Croissance
Soient \(a \leq b\) deux réels. L’inclusion \(\{X \leq a\} \subset \{X \leq b\}\) est immédiate. Par croissance de la probabilité :
\(\displaystyle P(X \leq a) \leq P(X \leq b)\)soit \(F(a) \leq F(b)\). \(\square\)
Démonstration ⋆ — Limites aux bornes
Limite en \(+\infty\) : Considérons la suite d’événements \(A_n = \{X \leq n\}\). C’est une suite croissante (au sens de l’inclusion) et \(\displaystyle \bigcup_{n \geq 1} A_n = \Omega\) (car \(X\) est à valeurs réelles). Par continuité croissante de la probabilité :
\(\displaystyle \lim_{n \to +\infty} F(n) = \lim_{n \to +\infty} P(A_n) = P(\Omega) = 1\)Comme \(F\) est croissante, on en déduit \(\displaystyle \lim_{x \to +\infty} F(x) = 1\).
Limite en \(-\infty\) : De même, \(B_n = \{X \leq -n\}\) est une suite décroissante avec \(\displaystyle \bigcap_{n \geq 1} B_n = \emptyset\). Par continuité décroissante :
\(\displaystyle \lim_{n \to +\infty} F(-n) = P(\emptyset) = 0\)d’où \(\displaystyle \lim_{x \to -\infty} F(x) = 0\). \(\square\)
Démonstration ⋆ — Continuité à droite
Soit \(a \in \mathbb{R}\) et \((x_n)_{n \geq 1}\) une suite décroissante convergeant vers \(a\). Posons \(C_n = \{X \leq x_n\}\). C’est une suite décroissante d’événements et :
\(\displaystyle \bigcap_{n \geq 1} C_n = \{X \leq a\}\)En effet, si \(\omega \in \bigcap C_n\) alors \(X(\omega) \leq x_n\) pour tout \(n\), donc par passage à la limite \(X(\omega) \leq a\). La réciproque est immédiate car \(a \leq x_n\).
Par continuité décroissante de la probabilité :
\(\displaystyle \lim_{n \to +\infty} F(x_n) = \lim_{n \to +\infty} P(C_n) = P\!\left(\bigcap_{n \geq 1} C_n\right) = P(X \leq a) = F(a)\)Ceci étant vrai pour toute suite décroissante convergeant vers \(a\), on a bien \(\displaystyle \lim_{x \to a^+} F(x) = F(a)\). \(\square\)
Remarque — Pourquoi à droite et pas à gauche ?
Le choix de la convention \(F(x) = P(X \leq x)\) (inégalité large) impose la continuité à droite. Si l’on avait choisi \(P(X\) < \(x)\) (inégalité stricte), la fonction serait continue à gauche. C’est une convention ; l’essentiel est de s’y tenir.
Les propriétés fondamentales établies, examinons comment la fonction de répartition se concrétise pour les variables aléatoires discrètes.
II. Fonction de répartition dans le cas discret
A. Expression et allure graphique
Soit \(X\) une variable aléatoire discrète prenant les valeurs \(x_1\) < \(x_2\) < \(x_3\) < \(\cdots\) (suite finie ou dénombrable). La fonction de répartition se calcule comme une somme cumulée :
Proposition — FdR d’une variable aléatoire discrète
\(\displaystyle \forall x \in \mathbb{R}, \quad F_X(x) = \sum_{x_i \leq x} P(X = x_i)\)
Géométriquement, \(F\) est une fonction en escalier : elle est constante sur chaque intervalle \([x_i, x_{i+1}[\) et présente un saut de hauteur \(P(X = x_i)\) en chaque point \(x_i\).
Les sauts de \(F\) codent la loi de \(X\) : il suffit de lire la hauteur de chaque saut pour retrouver \(P(X = x_i)\). Réciproquement, la connaissance de tous les sauts détermine entièrement la loi de \(X\).
B. FdR des lois discrètes classiques
Le tableau suivant récapitule les fonctions de répartition des lois discrètes les plus courantes. Pour chacune, la FdR s’obtient en sommant les probabilités ponctuelles.
| Loi | Support | \(F(k)\) pour \(k\) entier dans le support |
|---|---|---|
| Binomiale \(\mathcal{B}(n, p)\) | \(\{0, 1, \ldots, n\}\) | \(\displaystyle \sum_{j=0}^{k} {n \choose j}\, p^j (1-p)^{n-j}\) |
| Poisson \(\mathcal{P}(\lambda)\) | \(\mathbb{N}\) | \(\displaystyle e^{-\lambda} \sum_{j=0}^{k} \displaystyle\frac{\lambda^j}{j!}\) |
| Géométrique \(\mathcal{G}(p)\) | \(\mathbb{N}^*\) | \(1 – (1-p)^{k}\) |
Astuce — Lire la FdR plutôt que la calculer
Pour la loi binomiale, les valeurs exactes de \(F(k)\) se lisent dans des tables ou se calculent à la calculatrice (fonction binomFrép sur NumWorks, binomcdf sur TI). La formule explicite n’est utile qu’en démonstration.
Le cas discret maîtrisé, intéressons-nous au cas continu, où la notion de densité de probabilité entre en jeu.
III. Densité de probabilité et variables aléatoires continues
A. Définition d’une densité de probabilité
Pour les variables aléatoires continues, la loi ne se décrit plus par des probabilités ponctuelles (elles sont toutes nulles) mais par une fonction de densité.
Définition — Densité de probabilité
On dit qu’une variable aléatoire réelle \(X\) est à densité (ou absolument continue) s’il existe une fonction \(f : \mathbb{R} \to \mathbb{R}^+\), continue par morceaux, telle que :
\(\displaystyle \forall a \leq b, \quad P(a \leq X \leq b) = \int_a^b f(t)\, \mathrm{d}t\)
La fonction \(f\) est appelée densité de \(X\).
Deux conditions sont nécessaires et suffisantes pour qu’une fonction \(f\) soit une densité :
- Positivité : \(f(t) \geq 0\) pour tout \(t \in \mathbb{R}\).
- Normalisation : \(\displaystyle \int_{-\infty}^{+\infty} f(t)\, \mathrm{d}t = 1\).
Piège classique — \(f(a)\) n’est pas une probabilité
La valeur \(f(a)\) n’est pas \(P(X = a)\). Pour une variable à densité, \(P(X = a) = 0\) pour tout \(a \in \mathbb{R}\). La densité est une « intensité de probabilité » : c’est \(f(a)\, \mathrm{d}a\) qui est « infiniment petit de probabilité ». En particulier, \(f(a)\) peut très bien être strictement supérieure à \(1\).
Conséquence immédiate : pour une variable à densité, les inégalités larges et strictes donnent la même probabilité :
\(\displaystyle P(a \leq X \leq b) = P(a\) < \(X\) < \(b) = \int_a^b f(t)\, \mathrm{d}t\)
B. De la densité à la fonction de répartition
Le lien entre densité et fonction de répartition est un des résultats les plus importants du cours. Il fait intervenir l’intégrale et la dérivation.
Théorème — Lien fondamental densité ↔ FdR
Soit \(X\) une variable aléatoire de densité \(f\). Alors :
- \(\displaystyle F(x) = \int_{-\infty}^{x} f(t)\, \mathrm{d}t\)
- \(F\) est continue sur \(\mathbb{R}\), et \(F^\prime(x) = f(x)\) en tout point \(x\) où \(f\) est continue.
En d’autres termes : la densité est la dérivée de la FdR, et la FdR est une primitive de la densité. Ce lien permet de passer librement d’une représentation à l’autre.
En pratique
Pour calculer \(P(a \leq X \leq b)\), on utilise indifféremment :
- la densité : \(\displaystyle \int_a^b f(t)\, \mathrm{d}t\) (calcul d’intégrale)
- la FdR : \(F(b) – F(a)\) (lecture de valeurs)
La seconde méthode est plus rapide quand la FdR est connue en forme close ou tabulée (cf. table de la loi normale).
C. Lois continues classiques
Le tableau ci-dessous récapitule les densités et fonctions de répartition des trois lois continues fondamentales du programme.
| Loi | Densité \(f(x)\) | FdR \(F(x)\) | Support |
|---|---|---|---|
| Uniforme \(\mathcal{U}([a,b])\) | \(\displaystyle\frac{1}{b – a}\) | \(\displaystyle\frac{x – a}{b – a}\) | \([a, b]\) |
| Exponentielle \(\mathcal{E}(\lambda)\) | \(\lambda\, e^{-\lambda x}\) | \(1 – e^{-\lambda x}\) | \([0, +\infty[\) |
| Normale \(\mathcal{N}(\mu, \sigma^2)\) | \(\displaystyle\frac{1}{\sigma\sqrt{2\pi}}\, e^{-\displaystyle\frac{(x-\mu)^2}{2\sigma^2}}\) | Pas de forme close (notée \(\Phi\) pour \(\mathcal{N}(0,1)\)) | \(\mathbb{R}\) |
Pour la loi normale, la FdR \(\Phi\) de la loi centrée réduite \(\mathcal{N}(0,1)\) n’admet pas d’expression analytique en termes de fonctions élémentaires. Ses valeurs se lisent dans la table de la loi normale centrée réduite. Pour une loi \(\mathcal{N}(\mu, \sigma^2)\) quelconque, on se ramène à la loi centrée réduite par la formule :
\(\displaystyle F_X(x) = \Phi\!\left(\displaystyle\frac{x – \mu}{\sigma}\right)\)Fiche de synthèse — Fonction de répartition et densité
Toutes les définitions, propriétés, formules de calcul et FdR des lois classiques résumées sur une page recto-verso.
📄 Télécharger la fiche PDFIdéal pour réviser avant une colle ou un DS de probabilités.
Avec ces outils en main, voyons les techniques concrètes d’utilisation de la fonction de répartition.
IV. Méthode : exploiter la fonction de répartition
A. Déterminer la loi d’une variable aléatoire à partir de sa FdR
Il y a deux cas fondamentaux.
Cas discret : si \(F\) est une fonction en escalier, la variable aléatoire est discrète. Les valeurs prises sont les abscisses des sauts, et la probabilité de chaque valeur est la hauteur du saut correspondant :
\(\displaystyle P(X = x_i) = F(x_i) – F(x_i^-)\)Cas continu : si \(F\) est continue et dérivable (sauf éventuellement en un nombre fini de points), la variable est à densité et :
\(\displaystyle f(x) = F^\prime(x)\)en tout point où \(F\) est dérivable.
Exemple
Soit \(F(x) = 0\) si \(x\) < \(0\), \(F(x) = 1 – e^{-3x}\) si \(x \geq 0\). On dérive : \(f(x) = F^\prime(x) = 3e^{-3x}\) pour \(x \geq 0\) et \(f(x) = 0\) sinon. On reconnaît la densité de la loi exponentielle de paramètre \(\lambda = 3\), d’où \(X \sim \mathcal{E}(3)\).
B. Calculer la FdR d’une fonction de variable aléatoire
La méthode de la fonction de répartition est la technique universelle pour trouver la loi de \(Y = g(X)\) lorsque \(g\) est une fonction mesurable. Le principe est toujours le même :
- Écrire \(F_Y(y) = P(Y \leq y) = P(g(X) \leq y)\).
- Traduire \(\{g(X) \leq y\}\) en une condition sur \(X\) (en inversant \(g\)).
- Exprimer la probabilité obtenue à l’aide de \(F_X\) ou de \(f_X\).
- Si \(F_Y\) est dérivable, en déduire \(f_Y = F_Y^\prime\).
Un cas particulier fondamental mérite un encadré propre.
Proposition — FdR du maximum et du minimum de variables indépendantes
Soient \(X_1, \ldots, X_n\) des variables aléatoires réelles indépendantes de FdR respectives \(F_1, \ldots, F_n\). Alors :
- \(\displaystyle F_{\max(X_1, \ldots, X_n)}(x) = \prod_{i=1}^{n} F_i(x)\)
- \(\displaystyle F_{\min(X_1, \ldots, X_n)}(x) = 1 – \prod_{i=1}^{n} \bigl(1 – F_i(x)\bigr)\)
Démonstration ⋆
Pour le maximum : \(\max(X_1, \ldots, X_n) \leq x \iff \forall i,\, X_i \leq x\). Par indépendance :
\(\displaystyle P(\max(X_1, \ldots, X_n) \leq x) = P\!\left(\bigcap_{i=1}^{n} \{X_i \leq x\}\right) = \prod_{i=1}^{n} P(X_i \leq x) = \prod_{i=1}^{n} F_i(x)\)Pour le minimum : \(\min(X_1, \ldots, X_n) \leq x \iff \exists\, i,\, X_i \leq x\), donc en passant au complémentaire \(\min(X_1, \ldots, X_n)\) > \(x \iff \forall i,\, X_i\) > \(x\). Par indépendance :
\(\displaystyle 1 – F_{\min}(x) = \prod_{i=1}^{n} (1 – F_i(x))\) \(\square\)
Ce résultat est un classique d’oral de concours (X, Mines-Ponts, Centrale). On l’utilisera dans les exercices ci-dessous.
Espérance via la FdR
Pour une variable aléatoire \(X \geq 0\), l’espérance se calcule directement à partir de la FdR par la formule :
\(\displaystyle E(X) = \int_0^{+\infty} \bigl(1 – F(x)\bigr)\, \mathrm{d}x\)
Cette formule est souvent plus maniable que le calcul par \(\displaystyle \int_0^{+\infty} x\, f(x)\, \mathrm{d}x\), notamment pour les variables définies comme des maxima ou des minima.
La fonction de répartition joue également un rôle central dans la définition de la convergence en loi.
V. Convergence en loi 🔴
Programme CPGE : Cette section concerne principalement les filières MP/MP* et PC/PC*. En MPSI/PCSI, le théorème central limite est admis et la convergence en loi n’est pas définie formellement.
A. Définition via la fonction de répartition
La convergence en loi est la forme de convergence la plus faible pour les variables aléatoires, mais c’est aussi la plus fréquemment utilisée en pratique (approximations, résultats asymptotiques).
Définition — Convergence en loi
Soit \((X_n)_{n \geq 1}\) une suite de variables aléatoires réelles de FdR respectives \(F_n\), et \(X\) une variable aléatoire de FdR \(F\). On dit que \((X_n)\) converge en loi vers \(X\), et on note \(X_n \overset{\mathcal{L}}{\longrightarrow} X\), si :
\(\displaystyle \forall x \in \mathbb{R} \text{ tel que } F \text{ est continue en } x, \quad \lim_{n \to +\infty} F_n(x) = F(x)\)
La condition « \(F\) continue en \(x\) » est essentielle : aux points de discontinuité de \(F\), la convergence ponctuelle peut échouer (cf. section pièges).
B. Théorème central limite
Le théorème central limite (TCL) est l’application la plus spectaculaire de la convergence en loi. Il justifie l’omniprésence de la loi normale dans les sciences.
Théorème central limite (Lindeberg-Lévy)
Soit \((X_n)_{n \geq 1}\) une suite de variables aléatoires réelles indépendantes et de même loi, d’espérance \(\mu\) et de variance \(\sigma^2\) > \(0\). Posons \(\displaystyle S_n = \sum_{k=1}^{n} X_k\). Alors :
\(\displaystyle \displaystyle\frac{S_n – n\mu}{\sigma\sqrt{n}} \overset{\mathcal{L}}{\longrightarrow} \mathcal{N}(0, 1)\)
Autrement dit, pour tout \(x \in \mathbb{R}\) :
\(\displaystyle \lim_{n \to +\infty} P\!\left(\displaystyle\frac{S_n – n\mu}{\sigma\sqrt{n}} \leq x\right) = \Phi(x)\)
où \(\Phi\) est la FdR de la loi \(\mathcal{N}(0,1)\) (table de la loi normale).
Le TCL montre que la FdR de \(\Phi\) joue un rôle d’attracteur universel : quelle que soit la loi de départ (pourvu qu’elle ait une variance finie), la somme normalisée converge vers la loi normale.
Il est temps de mettre en pratique toutes ces notions avec des exercices classiques.
VI. Exercices corrigés
Voici 8 exercices classés par difficulté croissante, de l’application directe au problème type concours. Chaque correction est détaillée pas à pas.
Exercice 1 ★ (I) 🟡 — FdR d’une loi discrète
Soit \(X\) une variable aléatoire prenant les valeurs \(1\), \(2\) et \(4\) avec \(P(X = 1) = \displaystyle\frac{1}{2}\), \(P(X = 2) = \displaystyle\frac{1}{3}\) et \(P(X = 4) = \displaystyle\frac{1}{6}\).
- Déterminer l’expression de \(F_X\) sur \(\mathbb{R}\).
- Calculer \(P(1\) < \(X \leq 3)\) et \(P(X \geq 2)\).
Voir la correction
1. On somme les probabilités ponctuelles de proche en proche :
\(\displaystyle F_X(x) = \begin{cases} 0 & \text{si } x \lt 1 \\ \displaystyle\frac{1}{2} & \text{si } 1 \leq x \lt 2 \\ \displaystyle\frac{5}{6} & \text{si } 2 \leq x \lt 4 \\ 1 & \text{si } x \geq 4 \end{cases}\)2. Par la formule \(P(a\) < \(X \leq b) = F(b) – F(a)\) :
\(\displaystyle P(1\) < \(X \leq 3) = F(3) – F(1) = \displaystyle\frac{5}{6} – \displaystyle\frac{1}{2} = \displaystyle\frac{1}{3}\)
\(\displaystyle P(X \geq 2) = 1 – P(X\) < \(2) = 1 – F(2^-) = 1 – \displaystyle\frac{1}{2} = \displaystyle\frac{1}{2}\)
On retrouve \(P(X = 2) + P(X = 4) = \displaystyle\frac{1}{3} + \displaystyle\frac{1}{6} = \displaystyle\frac{1}{2}\). ✓
Exercice 2 ★★ 🟡 — Identifier une loi à partir de sa FdR
On considère la fonction \(F\) définie par \(F(x) = 0\) si \(x\) < \(0\) et \(F(x) = 1 – e^{-2x}\) si \(x \geq 0\).
- Vérifier que \(F\) est une fonction de répartition.
- Déterminer la densité de la variable aléatoire correspondante et identifier la loi.
- Calculer \(P(1 \leq X \leq 3)\).
Voir la correction
1. Vérifions les trois propriétés :
- Croissance : pour \(x \geq 0\), \(F^\prime(x) = 2e^{-2x}\) > \(0\), donc \(F\) est strictement croissante. Sur \(]-\infty, 0[\), \(F = 0\) est constante. ✓
- Limites : \(\displaystyle \lim_{x \to -\infty} F(x) = 0\) et \(\displaystyle \lim_{x \to +\infty} F(x) = 1 – 0 = 1\). ✓
- Continuité à droite : \(F\) est continue sur \(\mathbb{R}\) (en particulier en \(0\) : \(F(0) = 1 – 1 = 0 = F(0^-)\)). ✓
2. On dérive : pour \(x\) > \(0\), \(f(x) = F^\prime(x) = 2e^{-2x}\), et \(f(x) = 0\) pour \(x\) < \(0\). On reconnaît la densité de la loi exponentielle de paramètre \(\lambda = 2\) : \(X \sim \mathcal{E}(2)\).
3. \(P(1 \leq X \leq 3) = F(3) – F(1) = (1 – e^{-6}) – (1 – e^{-2}) = e^{-2} – e^{-6} \approx 0{,}133\).
Exercice 3 ★★ 🟡 — Normalisation d’une densité
Soit \(f(x) = c\, x(1 – x)\) si \(x \in [0, 1]\) et \(f(x) = 0\) sinon, où \(c\) est une constante réelle.
- Déterminer \(c\) pour que \(f\) soit une densité de probabilité.
- Calculer la FdR \(F\) de la variable aléatoire correspondante.
- Calculer \(P\!\left(X \leq \displaystyle\frac{1}{2}\right)\).
Voir la correction
1. Sur \([0,1]\), \(x(1-x) \geq 0\), donc la positivité impose \(c \geq 0\). La condition de normalisation donne :
\(\displaystyle \int_0^1 c\, x(1-x)\, \mathrm{d}x = c \int_0^1 (x – x^2)\, \mathrm{d}x = c\left[\displaystyle\frac{x^2}{2} – \displaystyle\frac{x^3}{3}\right]_0^1 = c \cdot \displaystyle\frac{1}{6} = 1\)d’où \(c = 6\).
2. Pour \(x \in [0,1]\) :
\(\displaystyle F(x) = \int_0^x 6t(1-t)\, \mathrm{d}t = 6\left[\displaystyle\frac{t^2}{2} – \displaystyle\frac{t^3}{3}\right]_0^x = 3x^2 – 2x^3\)Avec \(F(x) = 0\) pour \(x\) < \(0\) et \(F(x) = 1\) pour \(x\) > \(1\).
3. \(P\!\left(X \leq \displaystyle\frac{1}{2}\right) = F\!\left(\displaystyle\frac{1}{2}\right) = 3 \cdot \displaystyle\frac{1}{4} – 2 \cdot \displaystyle\frac{1}{8} = \displaystyle\frac{3}{4} – \displaystyle\frac{1}{4} = \displaystyle\frac{1}{2}\).
Exercice 4 ★★★ 🟡 — Loi d’une fonction de VA par la FdR
Soit \(X \sim \mathcal{U}([0, 1])\) et \(Y = -\ln(X)\). Déterminer la FdR puis la densité de \(Y\), et identifier la loi obtenue.
Voir la correction
On applique la méthode de la FdR. Pour \(y \in \mathbb{R}\) :
\(\displaystyle F_Y(y) = P(Y \leq y) = P(-\ln(X) \leq y) = P(\ln(X) \geq -y) = P(X \geq e^{-y})\)car la fonction exponentielle est croissante.
Cas \(y\) < \(0\) : alors \(e^{-y}\) > \(1\), donc \(P(X \geq e^{-y}) = 0\) puisque \(X \in [0,1]\). D’où \(F_Y(y) = 0\).
Cas \(y \geq 0\) : alors \(0\) < \(e^{-y} \leq 1\). Comme \(X \sim \mathcal{U}([0,1])\), on a \(F_X(x) = x\) pour \(x \in [0,1]\), donc :
\(\displaystyle F_Y(y) = P(X \geq e^{-y}) = 1 – P(X\) < \(e^{-y}) = 1 – e^{-y}\)
En dérivant : \(f_Y(y) = e^{-y}\) pour \(y \geq 0\). On reconnaît la loi \(\mathcal{E}(1)\).
Conclusion : si \(U \sim \mathcal{U}([0,1])\), alors \(-\ln(U) \sim \mathcal{E}(1)\). Ce résultat est à la base de la simulation de lois exponentielles.
Exercice 5 ★★★ 🟡 — FdR du maximum de VA i.i.d. uniformes
Soient \(X_1, \ldots, X_n\) des variables indépendantes de loi \(\mathcal{U}([0, 1])\). On pose \(M_n = \max(X_1, \ldots, X_n)\).
- Déterminer la FdR de \(M_n\).
- En déduire la densité de \(M_n\).
- Calculer \(E(M_n)\).
Voir la correction
1. Les \(X_i\) sont indépendantes et de même FdR \(F(x) = x\) sur \([0,1]\). Par la formule du maximum :
\(\displaystyle F_{M_n}(x) = \prod_{i=1}^{n} F_{X_i}(x) = x^n \quad \text{pour } x \in [0, 1]\)avec \(F_{M_n}(x) = 0\) pour \(x\) < \(0\) et \(F_{M_n}(x) = 1\) pour \(x\) > \(1\).
2. Par dérivation : \(f_{M_n}(x) = nx^{n-1}\) sur \([0, 1]\) et \(0\) ailleurs. C’est une loi bêta \(\mathrm{Beta}(n, 1)\).
3.
\(\displaystyle E(M_n) = \int_0^1 x \cdot nx^{n-1}\, \mathrm{d}x = n \int_0^1 x^n\, \mathrm{d}x = \displaystyle\frac{n}{n+1}\)Quand \(n \to +\infty\), \(E(M_n) \to 1\) : le maximum de \(n\) uniformes sur \([0,1]\) se rapproche de \(1\) avec l’augmentation de \(n\).
Exercice 6 ★★★ 🟡 — Retrouver la densité par dérivation de la FdR
On considère la FdR \(F(x) = 0\) si \(x\) < \(0\) et \(F(x) = 1 – (1 + x)\, e^{-x}\) si \(x \geq 0\).
- Vérifier que \(F\) est bien une fonction de répartition.
- Déterminer la densité \(f\).
- Calculer l’espérance \(E(X)\).
Voir la correction
1. Limites : \(F(0) = 1 – 1 = 0\) ✓ et \(\displaystyle \lim_{x \to +\infty} F(x) = 1 – 0 = 1\) ✓. Continuité en \(0\) : \(F(0^-) = 0 = F(0)\) ✓. Croissance : on vérifie que \(F^\prime(x) \geq 0\) (voir question 2).
2. Pour \(x\) > \(0\) :
\(\displaystyle f(x) = F^\prime(x) = -e^{-x} + (1 + x)\, e^{-x} = x\, e^{-x}\)On a bien \(f(x) \geq 0\) pour \(x \geq 0\) et \(f(x) = 0\) pour \(x\) < \(0\). C’est une densité gamma \(\Gamma(2, 1)\).
3. Par intégration par parties (deux fois) :
\(\displaystyle E(X) = \int_0^{+\infty} x \cdot x\, e^{-x}\, \mathrm{d}x = \int_0^{+\infty} x^2\, e^{-x}\, \mathrm{d}x = 2! = 2\)(On reconnaît \(\Gamma(3) = 2! = 2\).)
Exercice 7 ★★★★ 🟡 — Loi du minimum d’exponentielles indépendantes (type colle)
Soient \(X_1, \ldots, X_n\) des variables aléatoires indépendantes avec \(X_i \sim \mathcal{E}(\lambda_i)\) pour \(i \in \{1, \ldots, n\}\). On pose \(m = \min(X_1, \ldots, X_n)\).
- Déterminer la FdR de \(m\) et en déduire la loi de \(m\).
- Application : si \(\lambda_1 = \cdots = \lambda_n = \lambda\), donner la loi de \(m\) et calculer \(E(m)\).
Voir la correction
1. Pour \(x \geq 0\), la FdR de \(X_i \sim \mathcal{E}(\lambda_i)\) est \(F_i(x) = 1 – e^{-\lambda_i x}\). Par la formule du minimum de variables indépendantes :
\(\displaystyle 1 – F_m(x) = \prod_{i=1}^{n} (1 – F_i(x)) = \prod_{i=1}^{n} e^{-\lambda_i x} = e^{-(\lambda_1 + \cdots + \lambda_n)\, x}\)donc \(F_m(x) = 1 – e^{-\Lambda x}\) avec \(\Lambda = \lambda_1 + \cdots + \lambda_n\).
On reconnaît la FdR de la loi exponentielle de paramètre \(\Lambda\) :
\(\displaystyle m \sim \mathcal{E}(\lambda_1 + \lambda_2 + \cdots + \lambda_n)\)2. Si \(\lambda_i = \lambda\) pour tout \(i\), alors \(\Lambda = n\lambda\), donc \(m \sim \mathcal{E}(n\lambda)\) et :
\(\displaystyle E(m) = \displaystyle\frac{1}{n\lambda}\)Interprétation : avec \(n\) processus indépendants de temps d’attente exponentiel, le premier événement arrive \(n\) fois plus vite en moyenne.
Exercice 8 ★★★★ 🔴 — Théorème d’inversion et simulation (type concours)
Soit \(F\) une FdR continue et strictement croissante sur son support. On note \(F^{-1}\) sa bijection réciproque (fonction quantile). Soit \(U \sim \mathcal{U}([0,1])\).
- Montrer que la variable aléatoire \(Y = F^{-1}(U)\) a pour fonction de répartition \(F\).
- En déduire une méthode de simulation d’une variable de FdR \(F\) à partir d’une loi uniforme.
- Application : simuler une variable de loi exponentielle \(\mathcal{E}(\lambda)\).
Voir la correction
1. \(F\) est continue strictement croissante, donc bijective de son support dans \(]0, 1[\). Pour tout \(y \in \mathbb{R}\) :
\(\displaystyle P(Y \leq y) = P(F^{-1}(U) \leq y) = P(U \leq F(y))\)car \(F\) est croissante (l’inversion préserve le sens de l’inégalité). Or \(U \sim \mathcal{U}([0,1])\), donc \(P(U \leq t) = t\) pour \(t \in [0,1]\). D’où :
\(\displaystyle P(Y \leq y) = F(y)\)La variable \(Y = F^{-1}(U)\) a bien pour FdR \(F\). \(\square\)
2. Méthode de simulation par inversion :
- Générer \(u\) selon la loi \(\mathcal{U}([0,1])\).
- Calculer \(y = F^{-1}(u)\).
- Alors \(y\) est une réalisation de la loi de FdR \(F\).
3. Pour \(X \sim \mathcal{E}(\lambda)\) : \(F(x) = 1 – e^{-\lambda x}\). On résout \(u = 1 – e^{-\lambda x}\), soit \(e^{-\lambda x} = 1 – u\), d’où :
\(\displaystyle x = -\displaystyle\frac{1}{\lambda} \ln(1 – u) = -\displaystyle\frac{\ln(1 – U)}{\lambda}\)Comme \(1 – U \sim \mathcal{U}([0,1])\), on peut aussi écrire \(X = -\displaystyle\frac{\ln U}{\lambda}\), ce qui retrouve le résultat de l’exercice 4 pour \(\lambda = 1\).
VII. Erreurs fréquentes et pièges classiques
Piège n°1 — Confondre \(F(a)\) et \(F(a^-)\)
❌ Copie fautive : « \(P(X \geq 2) = 1 – F(2)\) »
Diagnostic : Cette formule donne \(P(X\) > \(2)\), pas \(P(X \geq 2)\). La différence importe pour les VA discrètes.
✅ Correction : \(P(X \geq 2) = 1 – P(X\) < \(2) = 1 – F(2^-)\). Pour une VA à densité, \(F(2^-) = F(2)\) donc la distinction disparaît. Mais pour une VA discrète, l’erreur coûte \(P(X = 2)\).
Piège n°2 — Confondre densité et probabilité
❌ « La probabilité que \(X\) vaille \(3\) est \(f(3)\). »
✅ Pour une VA continue, \(P(X = 3) = 0\), toujours. La valeur \(f(3)\) est une densité (qui peut dépasser \(1\)), pas une probabilité. Pour obtenir une probabilité, il faut intégrer : \(P(a \leq X \leq b) = \displaystyle \int_a^b f(t)\, \mathrm{d}t\).
Piège n°3 — Oublier la borne inférieure dans l’intégrale de la FdR
❌ \(F(x) = \displaystyle \int_0^x f(t)\, \mathrm{d}t\) (faux en général)
✅ La formule exacte est \(F(x) = \displaystyle \int_{-\infty}^x f(t)\, \mathrm{d}t\). La borne inférieure est \(-\infty\), pas \(0\). On peut écrire \(\displaystyle \int_0^x\) uniquement quand la densité est nulle sur \(]-\infty, 0[\) (lois à support positif comme l’exponentielle).
Piège n°4 — Oublier la condition de continuité dans la convergence en loi
❌ « \(X_n \overset{\mathcal{L}}{\longrightarrow} X\) signifie que \(F_n(x) \to F(x)\) pour tout \(x \in \mathbb{R}\). »
✅ La convergence ponctuelle de \(F_n\) vers \(F\) n’est exigée qu’aux points où \(F\) est continue. Contre-exemple classique : si \(X_n = \displaystyle\frac{1}{n}\) (constante), alors \(X_n \to 0\) et \(F_n(0) = 0\) pour tout \(n\), mais \(F(0) = 1\). La convergence \(F_n(0) \to F(0)\) échoue en \(x = 0\), point de discontinuité de \(F\).
VIII. Questions fréquentes
Quelle est la différence entre fonction de répartition et densité de probabilité ?
La fonction de répartition \(F(x) = P(X \leq x)\) est définie pour toute variable aléatoire (discrète, continue, mixte). Elle est toujours croissante, à valeurs dans \([0,1]\), et continue à droite. La densité \(f\) n’existe que pour les variables continues : c’est la dérivée de \(F\), et elle vérifie \(F(x) = \displaystyle \int_{-\infty}^x f(t)\, \mathrm{d}t\). La FdR est une probabilité cumulée (valeurs entre \(0\) et \(1\)), tandis que la densité peut prendre des valeurs arbitrairement grandes.
Comment définir la fonction de répartition ?
La fonction de répartition d’une variable aléatoire réelle \(X\) est la fonction \(F_X : \mathbb{R} \to [0,1]\) définie par \(F_X(x) = P(X \leq x)\) pour tout réel \(x\). Elle encode l’intégralité de la loi de \(X\) : connaître \(F_X\), c’est connaître la loi de \(X\).
Comment tracer la fonction de répartition ?
Pour une VA discrète, la FdR est une fonction en escalier : on trace des paliers horizontaux entre les valeurs prises, avec un saut vertical en chaque valeur \(x_i\) de hauteur \(P(X = x_i)\). Attention à la convention : le point est fermé à droite (inclus en haut du saut). Pour une VA continue, la FdR est une courbe lisse partant de \(0\) et tendant vers \(1\), obtenue en intégrant la densité.
La fonction de répartition est-elle toujours continue ?
Non. Pour une VA discrète, la FdR présente des discontinuités (sauts) aux points de masse. Elle est cependant toujours continue à droite (convention du \(\leq\)). Pour une VA à densité, la FdR est continue (et même dérivable presque partout). En résumé : continue à droite toujours, continue partout seulement dans le cas à densité.
Quelle est la formule de la fonction de répartition de la loi normale ?
Pour la loi normale centrée réduite \(\mathcal{N}(0,1)\), la FdR est \(\displaystyle \Phi(x) = \displaystyle\frac{1}{\sqrt{2\pi}} \int_{-\infty}^{x} e^{-t^2/2}\, \mathrm{d}t\). Cette intégrale n’a pas de forme close : ses valeurs se lisent dans la table de la loi normale. Pour \(\mathcal{N}(\mu, \sigma^2)\), on utilise \(F(x) = \Phi\!\left(\displaystyle\frac{x – \mu}{\sigma}\right)\).
Pour aller plus loin
Tu maîtrises maintenant la fonction de répartition et la densité de probabilité. Pour approfondir chaque loi classique et t’entraîner sur des exercices supplémentaires, consulte :
- Variables aléatoires : cours complet — le pilier du cocon pour une vue d’ensemble
- Loi binomiale : cours et propriétés
- Loi normale : cours et propriétés
- Loi exponentielle : cours et propriétés
- Loi de Poisson : cours et propriétés
- Espérance : formule, calcul et définition
- Variance : formule, calcul et définition
- Exercices variables aléatoires corrigés